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MAI / JUIN 2018

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Sable, terre, débris végétaux, mais aussi vis, écrous, ron-

delles souillent régulièrement les tapis. Sournoisement,

ces rebuts finissent par s'infiltrer dans la structure du

double plancher. À la longue, cela peut engendrer des

points de friction et détériorer certains mécanismes in-

ternes. Une inspection régulière, doublée d'une bonne

prévention, évitera bien des désagréments.

Les planchers des avions et de surcroît des hydravions ré-

coltent toutes sortes de saletés. Pilotes et passagers embar-

quent, collés à leurs souliers et à leurs bottes, de la terre et

surtout du sable. Ce dernier – matériau granulaire – im-

prègne les revêtements puis pénètre dans les doubles plan-

chers – justement là où passent tringleries, câbles et poulies.

En collant à la graisse, voire à l'huile, parfois inopportuné-

ment badigeonnée sur les transmissions, limons et graviers

se transforment en de redoutables abrasifs.

Causes et effets

On dit que le poids d'un avion augmente toujours avec les

années. Outre l'équipement additionnel embarqué et parfois

des restes de peinture mal décapée, sable, terre, eau (glace

en hiver) et objets égarés finissent par peser sur la structure

mais aussi par hypothéquer le fonctionnement des chaînes,

câbles et tringles. Ainsi, les pièces de monnaie, stylos et au-

tres bricoles perdus dans les méandres des conduits et trous

des planchers risquent de provoquer un blocage partiel des

commandes. En cas de fortes turbulences ou lors de manœu-

vres extrêmes, le déplacement intempestif d'un objet – de-

meuré longtemps passif – peut alors entraver le contrôle

d'un appareil. Plus sournoisement, le sable s'infiltrant dans

les interstices imprègne inexorablement guignols et poulies.

Ces dernières, et plus particulièrement celles montées à l'ho-

rizontale, deviennent alors bruyantes et/ou fonctionnent par

à-coups (course saccadée). Comme les poulies en bakélite

d'aujourd'hui sont moins résistantes qu'autrefois, leur dété-

rioration paraît exponentielle. Précisons que leur roulement

est scellé et irremplaçable. Et même si le prix unitaire d'une

poulie courante de Cessna ou de Piper demeure peu dispen-

dieux, la main-d'œuvre pour son remplacement peut se

chiffrer assez haut. En fonction de l'emplacement, dépose,

repose et réglage requièrent souvent plusieurs heures

d'ouvrage.

Nettoyage des planchers

Au moins une fois par an, il est conseillé de déposer les

sièges puis d'enlever le revêtement de sol (moquette, tapis

de caoutchouc, etc.) afin de passer soigneusement l'aspira-

teur sur la structure nue. L'ouverture subséquente des

trappes permettra de vérifier la souillure des sections du

double plancher dévoilé, des cloisonnages et des divers pas-

sages. Généralement, si du sable ou de la terre se sont dépo-

sés par endroits, un bon dépoussiérage complété par un

essuyage minutieux des mécanismes suffira. Dans de rares

cas de contamination maximale, un lavage à haute pression

pourrait s'imposer. Cette opération exigerait alors la dépose

générale des transmissions. À nouveau, on procédera au

contrôle des poulies – tel que démontré dans le manuel

AC43.13-1b (chapitre 7, page 38, figures 7 – 20). De surcroît,

si le remplacement de câbles s'avère nécessaire, favoriser

des modèles en acier inoxydable. Différentes méthodes de

graissage, exposées dans le même chapitre de l'AC 43.13, ga-

rantissent un fonctionnement adéquat tout en évitant que

lesdits câbles deviennent poisseux. Enfin, au remontage mais

également lors de tout examen, s'assurer que les aligne-

ments et les tensions soient corrects. Rappelons que ces

opérations n'entrent pas dans le cadre des

Travaux élémen-

taires

, listés par Transports Canada dans le RAC,

Partie VI,

Norme 625, Appendice A

. Toute intervention doit donc être

exécutée par un technicien d'entretien d'aéronefs (TEA).

Prévention et protection

Comme le précise Luc Gagnon – gérant du département

maintenance chez Aviation B.L. – seuls les doubles planchers

sont concernés par ce type de contamination. Les ailes et les

empennages ne souffrent pas d'imprégnation de sable… sauf

peut-être en Arabie saoudite ou dans toute autre contrée dé-

sertique ! Pour se prémunir d'accumulations, la première

chose à faire est de secouer ses chaussures/bottes avant de

monter à bord. Y compris celles des enfants invités ! Un bros-

sage sommaire du chien « pax occasionnel » plus un rinçage

rapide de ses pattes ne sera pas superflu. D'autre part, les

mécaniciens recommandent de recouvrir le pourtour des

trappes d'accès avec du ruban adhésif métallique.

Économique, facile à poser et à enlever, ce type de Scotch

Tape empêchera la saleté de s'infiltrer. En amont, un dépous-

siérage régulier (voire un décrassage programmé) des tapis

demeure impératif. Enfin, en privilégiant des tapis synthé-

tiques lisses au lieu de moquette, on évitera l'incrustation de

matériaux granulés tout en facilitant le nettoyage. Quant aux

objets égarés ou tombés par terre, en vol, ne pas les oublier

sous prétexte que l'on ne les voit plus au retour ! Un crayon

mal placé peut faire aussi des dégâts…

•

Chronique proposée par Richard Saint-George, en collaboration avec Aviation B.L.

TECHNIQUE

Attention aux contaminants en cabine !

Exemple de contamination d'un sous-plancher.