MAI / JUIN 2018
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AVIONIQUE
ADS-B
Pourquoi changer?
Par Dominic Cayouette
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Technicien en avionique | Photos / Source :
http://www.uasc.com/home/library/imagesNous en parlons depuis déjà quelques années, car il
sera obligatoire que votre appareil soit équipé adé-
quatement d’ici 2020 pour aller sur le territoire amé-
ricain. Cependant, le but de tout cela n’est pas
seulement de faire dépenser de l’argent aux proprié-
taires, mais plutôt d’augmenter considérablement la
sécurité des espaces aériens. Plus les années passent,
plus le trafic est et sera important. On se devait de
trouver une solution plus efficace pour le contrôle aé-
rien, autre que celle des tours de contrôle.
L’idée est simple : chaque appareil devient une tour de
contrôle. De cette manière, le territoire couvert sera lar-
gement plus grand que celui des radars au sol. De plus, il
y aura moins de retard lié à l’affichage du trafic aérien.
Pourquoi? Regar-
dons l e chemi n
que fait le message
envoyé par votre
t r a n s p o n d e u r.
Premièrement, si
nous revenons à la
source, les équipe-
ments de surveil-
lance radar aéro-
portuaire possè-
d e n t d e u x a n -
tennes : primaire
et secondaire. L’an-
tenne primaire a
une portée très limitée et est généralement utilisée à l’in-
térieur des zones contrôlées. Cette antenne fonctionne un
peu comme un radar météo, c’est-à-dire que l’antenne en-
voie des ondes qui se reflètent sur votre appareil; l’image
est ainsi créée en fonction du reflet reçu par celle-ci.
L’antenne secondaire a beaucoup plus de portée que la
primaire et sert à vous identifier avec un code (1200) et
une altitude. Cette antenne envoie une question à votre
appareil que votre transpondeur reçoit et y répond avec
votre code d’identification (donné par la tour) ainsi que la
précieuse information de l’altitude. Donc, en jumelant les
deux informations, la tour de contrôle est capable de voir
vos intentions près d’un aéroport à l’aide du radar pri-
maire et votre altitude à l’aide du radar secondaire, tandis
qu’en dehors des zones contrôlées, les contrôleurs doivent
se baser sur seulement votre code et votre altitude. C’est
tout ce que les contrôleurs aériens ont comme information
sur votre appareil et tous les autres petits appareils près
de vous. Bien sûr, il existe d’autres types d’information
qu’un transpondeur peut transmettre, par exemple pour
le mode S, qui est plus utilisé par les gros appareils et plu-
tôt rare pour l’aviation générale. C’est à ce niveau que
l’ADS-B se démarque, car il sera plus accessible qu’un
transpondeur mode S. Votre appareil devient autonome en
transmettant continuellement à tous ceux capables de re-
cevoir cette information plusieurs informations relatives à
votre appareil aux moyens d’informations GPS. Ce n’est
plus seulement une altitude : nous avons maintenant une
position en trois dimensions de votre appareil, en plus de
votre immatriculation, type d’appareil, de la vitesse, d’une
direction et autres. Le tout en direct, pas de traitement de
données. Ainsi, en plus d’envoyer l’information à la tour
de contrôle, tous les autres appareils correctement équi-
pés autour de vous auront toute l’information nécessaire
sur vos intentions. N’est-ce pas fantastique? Si vous regar-
dez cela d’un autre angle, c’est comme si votre transpon-
deur se transforme en système d’information de trafic
(TAS ou TCAS). Je crois que cette technologie est formida-
ble, car elle permettra d’éliminer toutes les zones mortes
(zone non couverte par les radars) sur un territoire, en
plus d’aviser tous les pilotes de ce qui se trouve autour
d’eux, sans oublier les informations sur la météo gratuite
des aéroports correctement équipés. Le système est en-
core disponible à des prix intéressants, car une fois que la
loi sera passée, les manufacturiers auront l’avantage sur
les clients.
En terminant, je suis persuadé que même si le Canada
n’exige toujours rien, vous ne serez pas perdant si vous
prenez de l’avance sur les autres et prenez l’initiative
d’équiper votre appareil avec l’ADS-B. D’après moi, c’est
la solution pour un futur aérien plus sécuritaire qui sera
de plus en plus convoité si l’on prend, par exemple, la
messagerie par drone dont nous entendons de plus en
plus parler.
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