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MAI / JUIN 2018

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Par Marcel Boutin

FORMATION

La pénurie de pilotes d’hélicoptère :

un réel problème

Pour connaître les perspectives du marché pour les

pilotes d’hélicoptère, vous n’avez qu’à faire une recherche

Google du type « Helicopter Pilot Jobs » et vous pourrez

remarquer que la presque totalité des opérateurs cana-

diens sont à la recherche de pilotes.

Récemment, j’ai discuté avec trois opérateurs majeurs du

Canada et, dans les trois cas, les mots d’ordre sont l’embauche

et un programme de rétention de leurs pilotes. Le manque de

pilotes est un problème réel qui limitera notre croissance. D’ici

2025, nous aurons besoin de plusieurs centaines de pilotes

pour remplacer ceux qui prendront bientôt leur retraite et

pour répondre à la demande croissante des clients.

Depuis plusieurs années, nous parlions d’une pénurie éven-

tuelle. Eh bien, elle est arrivée. Les prochaines années seront

intéressantes pour les jeunes qui veulent devenir pilotes d’hé-

licoptère. Au Canada, nous sommes privilégiés, car nos centres

de formation sont reconnus et offrent des programmes de

plus en plus adaptés aux besoins des opérateurs. Il y a deux

pôles de centres de formation : l’Ouest canadien et le Québec.

Si on examine de près la situation, le nombre de pilotes formés

chaque année devrait combler les besoins de l’industrie. Alors,

pourquoi y a-t-il pénurie?

J’ai donc consulté des dirigeants de nos centres de formation.

Pourquoi y a-t-il une pénurie de pilotes?

« Au niveau international, la licence canadienne bénéficie

d’une excellente réputation. Il est très facile par la suite de

convertir une licence obtenue ici vers un autre pays. Ce qui

entraîne que nous formons plusieurs pilotes en provenance

de marchés étrangers. Ils viennent ici pour obtenir leur

licence et prendre un peu d’expérience. Par la suite, ils retour-

nent dans leur pays d’origine.

L’élément qui affecte de façon importante l’arrivée de nou-

veaux pilotes est le coût de la formation et les difficultés d’ac-

cumuler de l’expérience en début de carrière. Le Canada offre

des formations à des prix nettement compétitifs. Lorsque

nous nous comparons à ce qui est offert sur les marchés fran-

çais, nos prix sont au moins de 50 % inférieurs.

Pour ce qui est de l’expérience en début de carrière, à nouveau

nous offrons des programmes qui permettent aux jeunes pi-

lotes d’accumuler rapidement de l’expérience. Je sais que je ne

dois pas faire de publicité pour notre centre de formation, mais

nous sommes les seuls à garantir à nos nouveaux diplômés

d’accumuler l’expérience nécessaire en début de carrière. »

– Yves Le Roux, Passport Hélico

Pourquoi nos centres de formation

du Québec bénéficient-ils d’une telle réputation?

« Premièrement, une réputation ne se bâtit pas sur une cam-

pagne publicitaire, un nouveau slogan, de beaux bureaux, etc.

Ça prend des années. Prenez notre centre de formation qui est

en opération depuis plusieurs années (1969) et c’est la même

chose chez nos compétiteurs du Québec.

Durant cette période, nous avons formé plus de 1500 pilotes

qui aujourd’hui se retrouvent un peu partout dans le monde

à des postes clés. D’ailleurs, lors de ma récente tournée en

France, deux étudiants m’ont été référés par un ancien étu-

diant qui travaille maintenant en Suisse.

Deuxièmement, nos programmes ont été adaptés aux besoins

du marché. Notre relation privilégiée avec Heli Inter, qui ex-

ploite près de 100 appareils à travers le Canada, nous a permis

avec les années de bien comprendre ses besoins et ceux de

ses clients. Ce qui a permis d’adapter nos programmes pour

répondre à ses besoins. D’ailleurs, chaque année, nous avons

quelques finissants qui ont la chance de se faire embaucher

chez notre partenaire. C’est un bon signe. »

– Jimmy Joubert, Helicraft

Comment voyez-vous le futur

des centres de formation au Québec?

« Avec enthousiasme. Bien que nous sommes le petit nouveau

de l’industrie, nous fêterons notre 10e anniversaire bientôt.

Par contre, nous pouvons compter sur des instructeurs d’ex-

périence. Certains ont plus de 15 ans d’expérience et plus de

9000 heures de vol, et ce, en grande partie en ayant travaillé

dans l’industrie, ce qui se traduit pour nos étudiants en une

formation plus pratique.

Il est clair que l’industrie de la formation sera en forte de-

mande au cours des prochaines années et nous sommes heu-

reux de pouvoir offrir à ces nouveaux étudiants une gamme

complète de services uniques et de qualité. Dans notre cas,

nous sommes en mesure d’offrir une licence qui peut être

convertie en Europe. Je m’en voudrais de ne pas mentionner

la qualité de vie que nous offrons au Québec. »

Stéphanie Huot, Capitale Hélicoptère

Je pense que mes discussions avec les différents intervenants

du marché résument bien la situation.

1-

Il est clair que la pénurie de pilotes n’est plus un problème

futur, mais une réalité.

2-

Le Canada et le Québec en particulier bénéficient d’une ex-

cellente réputation et cela n’est pas le résultat d’actions tem-

poraires. Si on examine nos trois centres de formation du

Québec, on parle de près de 50, 30 et 10 ans d’existence.

3-

Les liens privilégiés de ces centres de formation avec les

opérateurs ont permis de développer des programmes bien

adaptés aux besoins de ces derniers.

4-

Chaque centre de formation a développé des programmes

d’accès au marché avec différents programmes d’accumula-

tion d’heures.

5-

Le nombre d’étudiants formés chaque année permet d’offrir

des formations à des prix très compétitifs.

Maintenant, je peux comprendre pourquoi le Québec est

devenu un lieu aussi intéressant pour les futurs pilotes

d’hélicoptère.

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