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MAGAZINE AIR V34N4

35

Enjeux

fication devrait dé-

buter par l’identifica-

t i o n d ’ un r é s e a u

stratégique du trans-

port aérien régional.

Il est indéniable que

tous les aéroports

n’ont pas la même

i m p o r t a n c e e n

termes de soutien et

de développement

socioéconomique.

Par contre, il y a cer-

tains services essen-

t i e l s à ma i n t en i r

partout sur le terri-

toire québécois, telles

les évacuations médicales... La création d’un réseau stra-

tégique du transport aérien régional permettrait de

mieux encadrer et de définir les règles d’admissibilité aux

différents programmes d’aide.

Québec a prévu une enveloppe de 100 M$ sur 5 ans afin

de subvenir aux besoins pressants des aéroports régio-

naux. Considérant la vétusté de plusieurs aéroports qué-

bécois, on peut donc s’attendre à ce que les demandes

d’aide se fassent nombreuses et que les montants deman-

dés excèdent largement l’enveloppe budgétaire.

L’établissement d’un réseau stratégique permettrait

d’établir une liste de priorités d’interventions ainsi que le

pourcentage de subventions accordées pour les projets

qui seront déposés. Ainsi, un aéroport qui reçoit plus de

100000 passagers par année a la possibilité de générer

des revenus aéroportuaires et commerciaux substantiels

versus un aérodrome qui n’a aucun vol régulier. Les aé-

roports considérés comme stratégiques, mais qui n’ont

pas accès à des revenus autonomes suffisants, devraient

pouvoir recevoir des subventions plus généreuses pour

leurs projets d’amélioration aux infrastructures par rap-

port à ceux qui en ont.

Le cadre d’intervention ne fait aucune allusion à l’un des

plus grands enjeux de l’industrie du transport aérien ré-

gional pour les transporteurs aériens : la pénurie de

main-d’œuvre. Si cette pénurie de main-d’œuvre touche

plusieurs secteurs d’activités économiques au Québec, ses

effets sur le transport aérien sont encore plus difficiles à

contrer. L’aviation étant un secteur très technique et hau-

tement réglementé, plusieurs fonctions essentielles aux

opérations aériennes demandent une formation bien pré-

cise ou encore de l’expérience. Pour les mécaniciens,

Québec travaille déjà à faire la promotion des métiers en

aérospatiale et le nombre d’inscriptions à l’ÉNA est à la

hausse. Mais il faudra compter plus de cinq ans avant que

ceux qui vont débuter en

septembre puissent tra-

vailler sans supervision.

Pour la formation des pi-

lotes, la situation est

très inquiétante et les

premiers effets de la pé-

nurie ont commencé à

se faire sentir alors que

de nombreux transpor-

teurs se voient dans

l’obligation de refuser

des vols, faute de pilotes.

De p l us , Transpor t s

Canada est sur le point

d’imposer un nouveau

règlement de l’aviation pour réduire le nombre d’heures

de vol des pilotes et augmenter la période de repos entre

les vols, ce qui pourrait aggraver sérieusement la pénurie

de pilotes. En effet, afin de respecter cette nouvelle régle-

mentation, certains transporteurs aériens devront aug-

menter leurs effectifs en pilotes de 20 à 40 %. Ce n’est

qu’une question de temps avant que certains vols régu-

liers, particulièrement en régions éloignées ou isolées, ne

soient perturbés.

Pourtant, le gouvernement pourrait aider à réduire les

impacts de cette pénurie de pilotes au Québec en recon-

naissant les écoles de pilotage comme établissements

d’enseignement désignés (EED). Ces écoles de pilotage

étant toutes accréditées et réglementées par Transports

Canada, cette reconnaissance comme EED permettrait à

toutes les écoles de pilotage du Québec d’accepter des

étudiants étrangers, ce qui permettrait un meilleur accès

à plus de main-d’œuvre qualifiée pour remplir les besoins

en pilotes pour nos transporteurs québécois. De plus,

pour les étudiants québécois en formation en pilotage,

ces étudiants ne sont admissibles qu’au programme de

prêt étudiant et n’ont pas accès aux bourses. Considérant

le coût très élevé d’une formation en pilotage profession-

nel, l’absence de bourses d’études peut représenter un

obstacle important pour plusieurs aspirants pilotes.

Comme cette politique de développement durable sur le

transport aérien reprend une partie des engagements du

gouvernement à la suite du Sommet sur le transport aé-

rien régional, le cadre d’intervention crée une certaine

confusion. Le Sommet de Lévis, en février dernier, avait

permis à Québec d’établir huit mesures précises qui fai-

saient consensus au sein de l’industrie du transport aé-

rien. Ce cadre d’intervention semble vouloir ratisser

encore plus large et retarder la mise en application de

certaines mesures!