sans ménagement, je fais incontestablement partie de cette
dernière catégorie. Pendant l’approche, je ne pouvais m’em-
pêcher de remarquer la faible distance entre les saumons
d’aile et les arbres. Patrick s’exécute de main de maître.
Après un atterrissage sans faute, quelques photos et une vi-
site de son repère, nous décollons de nouveau pour une au-
tre petite piste sympathique. Même rituel, approche en
douceur, atterrissage tout aussi moelleux, on papote, on pa-
pote. Ce que ça peut être mémère trois pilotes ensemble qui
parlent de Cub! Pour ce décollage, c’est à mon tour. Je n’ai
presque rien fait et on est en vol. Quand je dis presque…
un cran de volet, pleine puissance en douceur, manche en
avant, palonnier, l’aiguille de l’indicateur de vitesse s’éveille,
on tire doucement sur le manche et c’est parti. Un palier au-
dessus du champ du voisin (la longueur de la piste n’a pas
été prévue pour faire des paliers au-dessus) et une belle
montée en douceur. En vol, c’est un vrai bébé, les com-
mandes sont à la fois douces et agiles. Un peu de lacet in-
verse pendant les virages, car oui, c’est un Cub après tout.
Le plaisir croît avec l’usage. La visibilité du poste de pilotage
est imprenable. Il faut bien faire quelques petits zigzags au
sol pour voir devant, mais en vol…WOW. Vive les tandems.
La porte étant transparente, on peut voir tout le train d’at-
terrissage. À défaut de ne pas les regarder pendant l’atter-
rissage, on les admire en vol. Après plusieurs heures de vol
au-dessus des vastes contrées sauvages du Québec, Beloeil
est finalement en vue*** Un atterrissage sur la bande
gazonnée adjacente à la piste fait très bien l’affaire. Ça, c’est
ce que j’appelle voler!
Un avion mythique à n’en pas douter. Je me demandais sou-
vent pourquoi un PA 18 accidenté valait toujours une petite
fortune. Je m’en doutais bien, mais maintenant, j’en suis sûr.
Certaines mauvaises langues diront que ces avions de tubes
d’acier et de toile sont dépassés, toujours brisés et ont
constamment besoin de réparation. La seule chose vraie
dans ce ragot, c’est qu’effectivement, à force de choisir un
champ de plus en plus court, de faire l’arrondi au-dessus du
lac parce que la plage rocailleuse n’est pas assez longue pour
permettre à la fois l’arrondi et le roulage, à force d’essayer
de décoller de plus en plus court et de vouloir passer au-des-
sus de la petite montagne au bout du lac, bien, forcément,
un de ces jours, il va manquer 2 ou 3 pieds… et il va bien
falloir réparer!!
*Yogi l’Ours, ça vous rappelle des souvenirs?
** Je crois même qu’il est plus gros que les roues du train principal de mon
avion.
***Au risque de ma vie, je vous avoue que c’est pour brouiller les pistes,
car en fait, on a volé moins d’une heure.
PUISSANCE :
150
VITESSE MAXIMALE :
113 NŒUDS
VITESSE CROISIÈRE :
100 NŒUDS
VITESSE DE DÉCROCHAGE (PLEIN VOLETS) :
37 NŒUDS
DÉCOLLAGE
ROULAGE :
200 PIEDS
AVEC OBSTACLE DE 50 PIEDS :
500 PIEDS
TAUX DE MONTÉE :
960 PPM
PLAFOND DE SERVICE :
19000 PIEDS
MASSE MAXIMALE :
1750 LIVRES
MASSE À VIDE :
983 LIVRES
RÉSERVOIRS :
36 GALLONS
DISTANCE FRANCHISSABLE :
400 NM
ATTERRISSAGE
ROULAGE :
350 PIEDS
AVEC OBSTACLE DE 50 PIEDS :
885 PIEDS
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Volume 32 Numéro 4 • PAGE 17
ESSAI EN VOL
Coucher de soleil sur une plage isolée - magnifique




