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• Volume 32 Numéro 4 • PAGE 16
ESSAI EN VOL
qui détruiraient n’importe quel train d’atterrissage conven-
tionnel. De pareilles chaussettes ignorent les obstacles pou-
vant atteindre un pied de haut. Autrement dit, atterrir dans
un champ labouré ou sur une plage rocailleuse, c’est de la
routine pour Pat!
Dès que le niveau des eaux printanières baisse, Patrick et ses
amis s’envolent pour le Nord aussitôt que les rivages sablon-
neux des lacs et rivières sont émergés. Ces derniers semblent
attendre que viennent se poser les gros pneus de Patrick et
de ses compagnons.
Pistes en dur à éviter, « Y a rien d’amusant là-dedans »,
comme il le dit si bien, « des aéroports pavés, j’en fais à la
semaine longue. » L’avion n’a pas de transpondeur puisque
trop lourd. À la place, il possède un kit de survie un peu plus
garni. De la toile, une hache et un rouleau de corde seront
plus pratiques dans la nature. Sans oublier l’huile à mouche!
Bien sûr, il va parfois aux aéroports du CFS et il ira aussi à
quelques RVAs. Mais, plus souvent qu’autrement, ce sera
pour faire le plein. Il préconisera alors à coup sur la bande
gazonnée à côté de la piste et s’il se pose tout près de la sor-
tie de la voie de service, c’est que quelques centaines de
pieds lui seront suffisants pour se poser. Circuler au sol? Le
moins possible! Quoi de plus amusant que de poser les roues
là où on a visé et s’arrêter à peine quelques pieds plus loin.
Patrick est le premier à admettre que son avion n’est pas une
pièce de musée. Quoique très bien entretenu, son apparence
générale n’est pas de 10/10. Mais c’est loin d’être sa princi-
pale préoccupation. Qu’importe si la peinture est un peu
défraichie et qu’on peut voir quelques réparations mineures
à l’entoilage, il n’en demeure pas moins que c’est l’avion rêvé
pour une plage improvisée sur le bord d’un lac sauvage
au nord de La Tuque. L’avion ne volera pas mieux même avec
une peinture neuve; et en plus, on n’osera pas s’amuser
autant.
Il y a de nombreuses modifications approuvées (STC) sur
l’avion. Pour en citer certaines : les jambes du train d’atter-
rissage sont plus longues de 6 pouces et brake boosters pour
un meilleur freinage. Il y a aussi un kit « hydro machin truc
», une espèce de choc absorbeur pour la suspension qui amé-
liore l’efficacité des bungees. De plus, un câble de sureté ins-
tallé sur le train d’atterrissage minimisera d’éventuels
dégâts au fuselage en cas de bris de ce dernier. La lame de
ressort de la suspension de la roue de queue est plus large
et il y a une lame de plus, le pneu est aussi plus gros**.
L’intérieur du cockpit est en grande partie recouvert d’une
tôle d’aluminium. Ceci le rend moins vulnérable aux abus
accidentels lors de l’embarquement du cargo et des mem-
bres d’équipage. Le compartiment bagage est allongé et il est
doté de sa porte personnelle sur le coté du fuselage. Il y a
aussi un pod sous le ventre de l’appareil. Ce dernier est très
utile pour augmenter le volume du cargo. De plus, sa partie
avant est doublée d’un réservoir d’essence supplémentaire
qui en augmente l’autonomie. Avec les réservoirs des ailes,
celle-ci atteint maintenant 5:45 h. Les stations service sont
rares dans le Nord et il faut bien en revenir. L’hélice est une
Borer de 82 po. de diamètre. Plus longue, elle est aussi plus
flexible et donne un peu plus du meilleur des deux mondes,
soit des décollages et des montées performants et une vi-
tesse de croisière acceptable, surtout pour un PA 18. Si cet
avion est STOL, son désavantage, c’est sa vitesse de croisière.
On serait en droit de s’attendre à plus de vitesse avec un
Lycomming de 150 HP, mais les lois de la physique étant ce
qu’elles sont, l’épaisseur des ailes augmente incontestable-
ment la trainée, qui est malheureusement évidente sur ce
genre de machine. Par contre, concernant la portance, c’est
dur de rivaliser avec un Cub. Pour le compensateur, c’est tout
comme le petit frère : c’est tout le plan horizontal qui se
déplace, ce qui donne un peu moins de trainée.
Je prends enfin place à l’arrière. Roue de queue, tandem : le
bonheur. Pat s’installe à l’avant et on circule pour le décol-
lage que l’on fera sur le gazon. (On ne demande pas à un
singe s’il veut des cacahuètes!) J’ai beau être habitué aux dé-
collages courts, ça n’en demeure pas moins spectaculaire,
surtout si on considère le poids de la bête. Un petit palier
pour prendre de la vitesse et une montée très respectable à
700 ou 800 fpm. Croisière, 2450 RPM nous donnera 95 mph.
Comme j’ai eu à troquer ma vie contre mon silence, je ne
peux vous révéler où se situe la piste privée de Patrick. Je
peux cependant vous dire que c’est un endroit idyllique : ca-
ché entre les arbres, même du haut des airs, seul l’œil averti
repère la piste. Mais, surtout, seule la main agile et le pied
alerte peuvent s’y poser. Pantouflard s‘abstenir! Je vous le dis
Quelque part au nord de La Tuque




