MAGAZINE AIR V35N2
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Nav Canada
NAV CANADA appuie une mission par drone au Québec
visant à protéger des baleines en voie de disparition
L’usage accru de véhicules aériens non habités (UAV), com-
munément appelés « drones », présente de nouveaux défis
en matière de gestion de l’espace aérien, mais cette techno-
logie offre aussi des possibilités inattendues. Ainsi, NAV CA-
NADA a récemment été appelée à participer à une mission
spéciale débordant de son mandat habituel : la protection
des baleines.
Lorsque 12 baleines noires de l’Atlantique Nord sont mortes
sans explication à l’été 2017, les autorités canadiennes ont
demandé l’aide de NAV CANADA. Plus précisément, on lui a
demandé d’utiliser son expertise dans l’intégration d’UAV
dans l’espace aérien canadien pour gérer l’espace aérien re-
quis pendant que l’on recueillerait les données qui pour-
raient aider à prévenir le décès d’autres mammifères marins.
La décision a alors été prise de réunir un groupe d’experts
de l’aviation afin de planifier la gestion de la circulation aé-
rienne et les aspects opérationnels de la mission et d’assurer
la surveillance aérienne des mouvements des baleines dans
la région.
De concert avec Transports Canada, NAV CANADA a mobilisé
une équipe à Ottawa, à Montréal, de même qu’à Mont-Joli,
au Québec, pour appuyer la surveillance des baleines noires
en août 2018. Le temps pressait. « La saison était très avan-
cée et nous avions peu de temps, précise Sylvie Lemay, spé-
cialiste ATC, Opérations UAV. La Société s’est dépassée pour
mettre rapidement sur pied une grosse équipe interfonction-
nelle. »
Tous les jours, en août 2018, quand le temps le permettait,
un UAV décollait de l’aéroport de Gaspé pour survoler le cor-
ridor nord au-dessus de l’île d’Anticosti ou le corridor sud
entre l’île et l’aéroport. Le rôle de NAV CANADA était de pro-
téger l’espace aérien, notamment en incluant des change-
ments de dernière minute, pour que la mission se déroule
de manière sécuritaire et efficace.
De dire Joël Langlois, contrôleur au Centre de contrôle régio-
nal de Montréal : « Il y a du trafic VFR régulier dans la région.
Nos plus gros défis étaient donc de veiller à la sécurité pen-
dant la durée du projet et de minimiser la perturbation des
vols. » Certaines restrictions de l’espace aérien ont été ins-
taurées pour la durée du projet conformément à l’article 5.1
de la
Loi sur l’aéronautique
pour l’espace aérien contrôlé et
non contrôlé au-dessus du golfe, les voies d’accès aux zones
opérationnelles et l’espace aérien entourant l’aéroport de
Gaspé.
Il a fallu jongler pour assurer la gestion de l’espace aérien.
« Une fois que nous avions la confirmation du pilote de l’UAV
que l’appareil était à l’intérieur des zones de mission, nous
pouvions alors libérer la région de Gaspé pour le trafic IFR
et VFR, a ajouté M. Langlois. On a gardé la trajectoire de vol
programmée de l’UAV utilisé pour le projet – un Outlaw
SeaHunter de presque 300 lb exploité par Griffon Aerospace
– la plus prévisible que possible afin de mieux gérer le trafic
aux alentours. Grâce aux données recueillies, il sera possible
dorénavant de prendre des décisions plus éclairées. »
En plus d’illustrer les vastes possibilités qu’offrent les UAV,
le projet a permis d’établir en quoi il était important d’assu-
rer une coordination et une planification efficaces pour ex-
ploiter en toute sécurité les drones dans l’espace aérien
canadien. Vu l’utilisation croissante des UAV et la nouvelle
réglementation de ces appareils entrant en vigueur le 1er
juin, NAV CANADA travaille avec ses partenaires de l’indus-
trie en vue de cerner les meilleures manières de gérer les
UAV et de les intégrer aux autres appareils présents dans les
airs. La nouvelle réglementation sur les drones de
Transports Canada entrera en vigueur le 1
er
juin 2019.
On peut la trouver au
www.tc.gc.ca.




