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MAGAZINE AIR V35N2

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Réglementation

Nouveau cadre réglementaire sur l’utilisation

des systèmes d’aéronefs télépilotés

Par Mathieu Boulianne

/ Spectral Aviation

Le 9 janvier dernier, le ministre des Transports Marc

Garneau annonçait la publication de nouvelles règles enca-

drant l'utilisation des systèmes d'aéronefs télépilotés

(SATP), communément appelés « drones ». Cette nouvelle

partie (IX) du Règlement de l'aviation canadien vise à facili-

ter une exploitation sécuritaire des SATP en réduisant le far-

deau administratif causé par le présent cadre réglementaire.

Dans cette nouvelle mouture, il n'existe plus aucune distinc-

tion entre les opérations dans un but récréatif et les opéra-

tions commerciales. De plus, plusieurs modifications sont

apportées au niveau de l'immatriculation des appareils, des

qualifications des pilotes et des conditions d'exploitation.

Les sections ci-dessous résument les changements princi-

paux.

EXEMPTION

Les SATP dont la masse maximale au décollage est inférieure

à 250 g seront exemptés de la majorité des articles régle-

mentaires, exception faite de celui interdisant l’utilisation

imprudente des SATP.

IMMATRICULATION

Tous les SATP pesant plus de 250 g jusqu'à 25 kg devront

être immatriculés en vertu de l'article 901.02. Cette imma-

triculation devra être apposée clairement sur l'appareil. Les

utilisateurs pourront procéder à l'enregistrement de leurs

appareils via un portail numérique au coût de 5 $ par aéro-

nef. Cette règle élimine donc la nécessité d'apposer les infor-

mations personnelles du propriétaire sur l'appareil, ce qui

soulevait certaines inquiétudes du côté de la vie privée.

CONDITIONS D'EXPLOITATION

La nouvelle réglementation prévoit deux catégories d'opéra-

tions, soit de base et avancées.

Les opérations de base comprendront les vols

se déroulant :

• À l'extérieur des espaces aériens contrôlés;

• À une distance horizontale d'au moins 100 pi (30 m) de

toute personne qui ne participe pas à l'utilisation; et,

• À plus de 3 milles marins du centre d'un aéroport ou

1 mille marin d'un héliport.

Les opérations avancées regroupent celles

qui se dérouleront :

• À l'intérieur des espaces aériens contrôlés;

• À une distance inférieure à 100 pi (30 m) mais d’au moins

16,4 pi (5 m) de toute personne qui ne participe pas à l'uti-

lisation;

• À condition de répondre à certaines exigences, à une dis-

tance de moins de 16,4 pi (5 m), mesurée horizontalement

et à n’importe quelle altitude, d’une personne et;

• À une distance inférieure à 3 milles marins du centre d'un

aéroport ou 1 mille marin d'un héliport.

Pour les opérations avancées, il sera aussi essentiel d'utiliser

un SATP qui est déclaré conforme pour ce type d’opérations

par le fabricant.

Outre l’ajout des catégories d’opérations, d’autres éléments

de la prochaine réglementation sont dignes de mention :

• Le pilote ou un observateur en communication avec ce der-

nier devra maintenir l'appareil en visibilité directe en tout

temps lors du vol. Cela facilitera l'utilisation des dispositifs

de vue à la première personne. Le règlement ouvre aussi la

porte aux vols hors de la portée visuelle à condition de le

faire sous un COAS. Les normes pour l'obtention de cette

permission spéciale n'ont pas encore été publiées.

• L'altitude maximale des vols demeure à 400 pieds au-des-

sus du sol, mais il y a possibilité d'augmenter cette altitude

jusqu'à 100 pieds au-dessus d’un immeuble ou d’une struc-

ture si l’aéronef est utilisé à une distance de moins de 200

pieds, mesurée horizontalement, de l’immeuble ou de la

structure. Cela permettra d'effectuer certains types d'inspec-

tions beaucoup plus facilement. De plus, si le vol se déroule

dans un espace aérien contrôlé, l'altitude pourra être aug-

mentée en fonction de l'autorisation de l'unité de contrôle

compétente.

• Il ne sera plus requis de contracter une police d'assurance

responsabilité civile. Par contre, Transports Canada recom-

mande fortement aux utilisateurs de s'assurer puisqu'ils

pourront être tenus responsables des incidents causés lors

de leurs opérations.

• Les conditions météorologiques minimales de vol à vue ne

s'appliqueront plus pour les petits SATP. Cependant, le pilote