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• Volume 32 Numéro 4 • PAGE 4
LES CADETS DE L’AIR
Daniel et son frère avaient beau parler d’aviation ensemble
et d’en rêver conjointement, mais il leur fallait faire un pas
de plus pour se rapprocher de la réalité.
Daniel nous raconte comment
se sont déroulés les événements :
« Vers l’âge de 15 ou 16 ans, des copains de classe avec qui
nous parlions d’aviation nous ont informés qu’il y avait un
escadron des Cadets de l’Air, le # 425, à Knowlton/Lac
Brome, non loin de Granby. Il n’en fallait pas plus ! Mon frère
et moi sommes allés nous informer et peu après, nous nous
sommes inscrits pour faire partie des Cadets de l’air de
l’escadron 425. »
« Les réunions se tenaient à chaque samedi matin dans la
salle d’une école à Knowlton et pour nous y rendre, nous de-
vions nous débrouiller par nos propres moyens, soit en fai-
sant de l’auto-stop (du « pouce ») ou en prenant
l’autobus. Durant une certaine période de temps, des ar-
rangements avaient été conclus avec le Détachement de la
Réserve armée de Granby pour nous transporter par camion
militaire. »
« Ce que j’appréciais comme Cadet de l’air, c’était la disci-
pline et le sentiment d’être un vrai aviateur. »
« J’ai fait partie de l’Escadron # 425 durant quelques années
et j’ai eu l’opportunité de suivre différents cours, dont l’un
portant sur le leadership à la base de Borden en Ontario.
C’est également avec l’Escadron #425 des Cadets de l’air que
j’ai vécu des moments inoubliables, notamment lorsque j’ai
reçu mon baptême de l’air à bord d’un avion militaire
Beechcraft Expeditor C-45 (la version civile de l’appareil
était le BE-18).
Mon idée était désormais bien arrêtée : je serais un jour
pilote militaire ! »
IL Y AVAIT L’AVIATION MAIS AUSSI … LES ÉTUDES
Daniel et Denis ont suivi leurs études de niveau secondaire
(de la 7e à la 12e année) à l’école Secondaire Sacré-Cœur de
Granby. Daniel aimait particulièrement les cours de sciences
et d’histoire. Par la suite, il a débuté un cours de technicien
en aéronautique, mais il s’est rapidement rendu à l’évidence
qu’il ne serait pas heureux dans ce métier.
Daniel avait un certain côté artistique et la beauté des pay-
sages de sa région l’inspirait beaucoup. Il a donc suivi un
cours de photographie, ce qui pouvait éventuellement se
combiner admirablement bien avec le domaine de l’aviation.
DANIEL NE PEUT PLUS FAIRE PARTIE
DES CADET DE L’AIR
Daniel avait atteint l’âge limite pour être Cadet de l’air.
Il avait obtenu le grade de Sergent. Il avait atteint ses
objectifs. Il avait toujours l’aviation profondément gravée
dans son esprit. À un moment donné, il a suivi un cours de
parachutisme. Il compte actuellement 45 sauts à son carnet.
UNE CONTRAINTE DANS LA FUTURE
CARRIÈRE DE DANIEL
Dès l’adolescence, Daniel a eu à porter des verres correc-
teurs pour corriger un problème de myopie. De ce fait, il était
évident qu’il ne pouvait devenir pilote dans les Forces aé-
riennes du Canada. Désirant faire carrière dans un domaine
relié directement à l’aviation, il a opté pour « un heureux
compromis », soit en devenant contrôleur de la circulation
aérienne.
Denis, le frère jumeau, a été accepté pour suivre le pro-
gramme de formation des pilotes et finalement devenir
pilote d’hélicoptère dans l’Aviation Royale du Canada. (*1).
Ce n’est que beaucoup plus tard dans sa carrière que le
problème visuel s’est manifesté.
(* 1) Un reportage sur Denis Morissette a été publié dans
La Brousse, numéro de janvier/février 2001.
UNE DÉCISION QUI MARQUERA LE COURS DE SA VIE
Daniel a maintenant 20 ans. Il a toujours été du genre à pren-
dre des décisions réfléchies. Avant de fixer son choix sur une
carrière dans le domaine du contrôle aérien, il a fait des
recherches et colligé de nombreuses informations sur cette
profession. Finalement, sa décision s’est prise !
Daniel raconte :
« Je me suis inscrit au cours de formation des contrôleurs de
la circulation aérienne à l’École nationale située, à l’époque,
à Ottawa. Avant d’être accepté, je devais passer l’examen mé-
dical obligatoire, de même qu’un test de vision et d’audition.
Je devais également démontrer que je maîtrisais la langue
anglaise. En finale, je devais réussir l’entrevue d’embauche. »
Les cours se donnaient en langue anglaise (Il faut savoir qu’à
cette époque, pour certaines personnes, parler français était
presqu’un … péché).
« Le cours d’une durée de six mois était passionnant: toutes
les matières m’intéressaient. »
Le côté « magique » du cours
« J’ai alors eu l’occasion de participer à une session d’initia-
tion d’une durée de deux semaines à l’aéroport de Dorval qui
portait sur la gestion du contrôle aérien. J’ai ensuite fait une
formation de trois mois en milieu de travail à la tour de
contrôle de l’aéroport de Sept-Îles avant de suivre le cours,
proprement dit, à Ottawa. La dernière étape était la forma-
tion en milieu de travail, sous la supervision d’un formateur,
en vue d’obtenir mon annotation finale et ma licence de
contrôleur de la circulation aérienne. (* 2)
((* 2) Nous étions embauchés dès le début par Transports
Canada qui assurait les services de la circulation aérienne au-
dessus du territoire canadien. À tout moment, lors du proces-
sus d’entraînement, un étudiant pouvait devoir quitter le cours
s’il ne satisfaisait pas aux exigences et aux normes du cours.
DANIEL DEVIENT CONTRÔLEUR
DE LA CIRCULATION AÉRIENNE
Daniel réalise enfin un autre rêve : il va travailler au milieu
de l’action dans la tour de contrôle d’un aéroport.
Daniel prend conscience qu’il pratiquera une profession hors
de l’ordinaire. Il sait que le travail d’un contrôleur aérien n’a
rien de routinier et qu’il devra s’adapter rapidement en fonc-
tion des événements, agir et réagir selon ceux-ci. Il est
conscient que l’erreur d’un contrôleur peut conduire à une
catastrophe. Il est sensibilisé au fait que l’excellence est la
règle de base dans cette profession. Un magnifique défi
s’offre à lui et il est prêt à le relever.




