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C’est donc avec fierté qu’Alicia Chenel s’est présentée en sep- tembre 2026, le matin de son anniversaire de 16 ans, devant un agent autorisé de Transports Canada de la région de Qué- bec, avec en main son formulaire de demande complété et les preuves d’évaluation afin d’obtenir son permis de pilote de loisir. Ce document ayant été émis la journée même, Alicia Chenel est ainsi devenue - le jour de ses 16 ans - la plus jeune femme titulaire d’un permis de pilote d’avion dans l’histoire du Canada. C’est un exploit remarquable! Le cas d’Alicia Chenel n’est pas unique. En 2018, un adolescent de la région de Gatineau, Zacharie Leblanc, avait obtenu lui aussi son permis de pilote de loisir le jour de son anniversaire de 16 ans, devenant ainsi - à l’époque - le plus jeune pilote d’avion de l’histoire du Canada. À eux deux, Alicia Chenel et Zacharie Leblanc détiennent désormais ex-aequo un record qui ne pourra jamais être battu puisque 16 ans est l’âge mini- mal légal pour être titulaire d’un permis de pilote d’avion, et que ces deux jeunes l’ont obtenu le jour de leur anniversaire. Le permis de pilote de loisir, qu’est-ce que c’est? Ces histoires inspirantes nous amènent maintenant à nous questionner sur l’existence du permis de pilote loisir et de sa pertinence dans le monde de l’aviation. Tout d’abord, mentionnons que le permis de pilote de loisir, que ce soit sur avion ou sur hélicoptère, est apparu en 1996. Transports Canada l’a conçu comme un permis moins exi- geant et moins coûteux que la licence de pilote privé, et per- mettant de piloter un avion avec certaines restrictions. Parmi ces restrictions, notons que le titulaire d’un permis de pilote loisir ne peut transporter qu’un seul passager à la fois, à bord d’un aéronef dont la configuration d’excède pas 4 sièges. De plus, les vols doivent être effectués de jour uniquement (l’ajout de la qualification de vol de nuit n’est pas possible). Et finalement, puisqu’il s’agit d’un « permis » (et non d’une « licence »), son titulaire ne peut en exercer les privilèges qu’au Canada seulement. Certains ont décrié le permis de pilote loisir comme étant un « beau ticket pour un accident ». Cette perception émane probablement du fait que les exigences d’expérience et de connaissances pour obtenir le permis de pilote de loisir sont beaucoup plus basses que celles de la licence de pilote pri- vé. En effet, il ne faut minimalement que 25 heures de for- mation en vol et aucun cours théorique pour satisfaire les exigences d’obtention du permis de pilote de loisir. En com- paraison, il faut minimalement 45 heures d’entraînement en vol et 40 heures de cours théorique pour obtenir une licence de pilote privé. En fait, le permis de pilote de loisir devrait plutôt être vu comme un brevet hybride, à mi-chemin entre le permis de pi- lote d’avion ultra-léger et la licence de pilote privé. 30 • Volume 40 Numéro 6 Alicia Chenel, 16 ans, accompagnée de sa mère comme première passagère.

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