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« 2026 est le nouveau 2016 » a commencé comme une tendance so- ciale plus tôt cette année — un mouvement où l’on revisite photos, esthétiques et idées d’il y a dix ans pour exprimer une nostalgie d’une époque perçue comme plus simple, plus optimiste etmoinsmarquée par l’omniprésence de l’IA. Mais l’expression dépasse largement les réseaux sociaux. À l’imagede2016, 2026marqueun tournant, unmo- ment où de nombreuses industries, y compris l’aviation, traversent une phase de transformation technologique rapide, de redé f inition des attentes de la main d’œuvre et d’urgence de modernisation. La différence réside aujourd’hui dans l’ampleur et la vitesse du change- ment : les bouleversements qui redé f inissent l’aviation en 2026 sont plus profonds, plus interconnectés et beaucoup plus déterminants pour l’ensemble des exploitants. Pour l’ATAC, cela con f irme plus que jamais la nécessité de sa mission : défendre une aviation sécuritaire, compétitive, innovante et durable, au service de la connectivité et de la prospérité économique du pays. En2016, lamodernisation était palpablemais demeurait progressive. Les cartes d’embarquementmobiles se généralisaient, les bornes libre service se multipliaient et les premières automatisations allégeaient certaines tâches opérationnelles. Ces améliorations facilitaient le par- cours passager, mais représentaient une évolution graduelle plutôt qu’une transformation en profondeur. Le paysage de 2026 est tout autre. Les systèmes numériques se trou- vent désormais au cœur des opérations aériennes. L’intelligence arti- f icielle soutient la prise de décision en temps réel, permettant d’anticiper les perturbations avant qu’elles ne surviennent. La main- tenance prédictive améliore la disponibilité des appareils et réduit les irrégularités opérationnelles. Des analyses avancées optimisent l’uti- lisation des f lottes, la consommation de carburant et la plani f ication des horaires. Parallèlement, les progrès dans la gestiondu tra f ic aérien améliorent la f luidité dans un espace aérien de plus en plus dense et complexe. Ce n’est plus une simple modernisation graduelle : il s’agit d’une transformation structurelle. L’ATAC concentre ses efforts pour que le cadre réglementaire canadien évolue au même rythme que cette transformation. Une aviation mo- derne exige des processus d’approbationplus agiles, des cadres clairs pour l’intégrationnumérique et une collaboration renforcée entre l’in- dustrie et les autorités de réglementation. Les normes de sécurité ca- nadiennes demeurent une priorité absolue – mais l’innovation doit également être reconnue commeunpilier essentiel de la compétitivité nationale. Il y a dix ans, le secteur s’inquiétait surtout du renouvellement des ef- fectifs traditionnels alors que les départs à la retraite augmentaient : pilotes, techniciens d’entretien d’aéronefs (TEA), régulateurs de vols et autres fonctions critiques des opérations. Les parcours de forma- tion étaient structurés autour de compétences bien établies et les ef- forts de recrutement visaient principalement à pourvoir les postes essentiels. Aujourd’hui, les besoins enmain d’œuvre se sont considé- rablement élargis. La demande pour des pilotes expérimentés et des TEA demeure élevée et, partout au Canada, les pénuries persistent, mais l’industrie s’appuie désormais aussi sur des analystes de don- nées, des spécialistes en cybersécurité, des ingénieurs en systèmes numériques et des experts capables d’intégrer de nouvelles techno- logies aux opérations quotidiennes. Ces rôles ne représentent plus un besoin« futur ». Ces rôles sont désormais au cœur des opérations, tant pour la sécurité que pour l’ef f icacité et la résilience opérationnelles. Lamission de l’ATAC inclut lamodernisation des programmes de for- mation, ladiversi f icationdes parcours d’accès et l’éliminationdes obs- tacles administratifs qui ralentissent l’octroi des licences et certi f ications. Les écoles de pilotage, essentielles à la stratégie demain d’œuvre à long terme du Canada, doivent être soutenues par des po- litiques adaptées aux réalités actuelles : simulateurs avancés, plate- formes d’apprentissage numériques, demande internationale croissante et augmentation des volumes de formation. L’avenir de l’aviation canadienne demeure indissociablement lié à son capital hu- main, aujourd’hui plus diversi f ié et spécialisé que jamais. La durabilité, autrefois unobjectif à long terme, est désormais une exi- gence opérationnelle immédiate. Les transporteurs canadiens ont in- vesti massivement dans des f lottes plus ef f icaces, des procédures optimisées et des pratiques au sol plus éco ef f icientes. Or, des réduc- tions signi f icatives des émissions nationales exigent des politiques coordonnées et desmesures concrètes. De plus, des réductions signi- f icatives des émissions nationales exigent des politiques coordonnées et des mesures concrètes. Le carburant d’aviation durable (SAF) de- meure l’outil le plus prometteur pour réduire rapidement l’empreinte carbone du secteur. Le Canada possède les ressources, la capacité énergétique et l’expertise technique nécessaires pour devenir un ac- teur majeur du SAF. Pourtant, la production à grande échelle tarde à se concrétiser. L’ATAC continue de réclamer une stratégie nationale sur le SAF, des investissements à long terme et des incitatifs compa- rables à ceux offerts dans les juridictions concurrentes. Sans action décisive, le Canada risque de prendre du retard dans la transition mondiale vers une aviation plus sobre en carbone. La complexitéde l’environnement actuel – transformationnumérique, redé f inition des attentes de la main d’œuvre, exigences environne- mentales, connectiviténordique et régionale – exigeune collaboration renforcée à travers les secteurs et les juridictions. Lamissionde l’ATAC repose sur lamobilisationdes exploitants, régulateurs, établissements de formation, développeurs technologiques et partenaires énergé- tiques a f in de consolider l’écosystème aéronautique canadien. Qu’il s’agisse demodernisation de la formation, de développement du SAF ou d’intégration de nouvelles capacités numériques, les progrès dé- pendront d’une vision politique cohérente et d’un engagement col- lectif. L’aviation canadienne a démontré à maintes reprises sa capacité à s’adapter, à évoluer et à se démarquer dans des périodes de change- ment profond. Avec un cadre stratégique adapté et une collaboration forte, le secteur n’est pas seulement prêt à relever les dé f is de 2026 – il est enpositiond’en saisir pleinement les occasions. L’ATACdemeure déterminée à soutenir les exploitants de toutes tailles – des transpor- teurs régionaux et nordiques aux compagnies nationales et aux écoles de pilotage – a f in que l’aviation canadienne continue de jouer un rôle essentiel dans la connectivité, la croissance économique et la compé- titivité nationale. MARS / AVRIL 2026 53 DÉBATS 2026 est le nouveau 2016 – Un moment charnière pour l’aviation canadienne Julie Mailhot | Présidente et chef de la direction | Association du transport aérien du Canada

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