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JANVIER / FÉVRIER 2026 61 HISTOIRE Le commandant Antoine de Saint-Exupéry dans le cockpit du P-38 lors d’une vérification de la carlingue avec Leleu et le sergent Berger. Borgo, juillet 1944. © Droits réservés / Collection de la succession Saint-Exupéry–d'Agay duire environ 300 photos par vol. Quant aux photographies obliques, elles sont souvent destinées aux zones de combats ou d’opérations au profit de l’artillerie. Elles leur o ff raient une vue du même espace de terrain, prise généralement à 150 mè- tres afin d’obtenir des détails précis de tranchées, fils de f er, f ortins, batteries, cantonnements ou pistes d’envols d’avions ennemis. En f évrier 1915, des voitures-laboratoires f ont leur entrée dans les terrains d’aviation pour développer les films. Ces der- nières seront remises deux heures plus tard aux o f ficiers ou à l’état-major. En agençant les photos, on obtient alors des cartes, des plans de zones d’opérations militaires. Ainsi, les o f - ficiers, les aviateurs et les militaires au sol avaient enfin une bonne idée des objecti f s à atteindre. La photographie aérienne f ut d’une telle importance qu’elle devint alors partie intégrante des manœuvres et opérations sur l’ensemble des champs de bataille. Ce qui f ut le cas en 1915, lors de la bataille de Neuve- Chapelle, là où des photos ont révélé la présence de structures ennemies et de systèmes de tranchées allemandes. Mais il y eu vite pénurie d’optiques et de caméras. C’est ainsi que Frederick Charles Victor Laws et ses collaborateurs ont d'abord créé la Caméra A. Plus tard, ce f ut au tour de la Caméra L (pour Laws). Cette dernière devint la caméra aéroportée bri- tannique standard, fixée sur le côté du f uselage, pointant vers le bas. En 1917, aux É.-U., les o f ficiers du général John Joseph Pershing s’intéressent à ce que f ait l’Armée f rançaise. En 1918, Kodak créera pour eux la première école de photographie aé- rienne. Par la suite, le capitaine Weiler avec un Breguet XIV, équipé d’une caméra, survolera les lignes allemandes à plus de 6400 m d’altitude et jusqu’à 150 km du f ront. Les photos ainsi prises iront vers les stratèges et généraux f rançais qui découvrent avant l’heure les attaques à venir de l’Armée alle- mande. En 1925, Georges William Goddard, brigadier-général et che f du Département du laboratoire photographique, mettra au point une technique de bombes-flash pour la prise de pho- tos nocturnes. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les É.-U. sont f riands de ces avions spécialement prévus pour la reconnaissance pho- tographique. En octobre 1939, deux Spitfire Mk.1 f urent confiés à Sydney Cotton pour être conditionnés à devenir des avions de reconnaissance photographique. Pour répondre aux besoins photographiques du temps, Fairchild f abriquera envi- ron 90 % de leurs caméras aériennes. Pendant ce conflit, les Britanniques modifieront des chasseurs-bombardiers Mosquito en les munissant de caméras Fairchild F-56, tandis que des avions de chasse Spitfire, dont plusieurs modèles de reconnaissance, auront à bord diverses gammes de caméras.

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