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JANVIER / FÉVRIER 2026 59 ÉVÉNEMENT Pourrait-on considérer le Mustang P-51 américain comme l’al- ter ego du Spitfire britannique, surtout que les deux ont per- f ormé grâce aux moteurs V-12 Merlin? Possiblement, mais pas pour les premiers Mustang. Les Britanniques en 1940 avaient un tel besoin crucial d’avions de chasse. Ils demandèrent donc à la compagnie North American de leur f ournir des Curtiss P-40 sous licence. Alors, l’entreprise leur proposa un avion de chasse bien plus per f ormant pour se mesurer aux chasseurs allemands devenant de plus en plus per f ormants, et ce f ut d’une telle rapidité! Imaginez, il se passa seulement 127 jours entre la première esquisse sur la table à dessin et la sortie du hangar du premier prototype du Mustang P-51! Ces premiers exemplaires étaient munis de moteurs Allison V-1710-FR3 de 1325 ch moyennement per f ormants. Cepen- dant, une f ois remplacés par des Packard Rolls-Royce Merlin de 1490 ch, le match par f ait cellule/moteur leur donna de ma- gnifiques per f ormances, surtout en haute altitude. Le premier vol du P-51 eut lieu en 1940. Il devint opérationnel en Europe fin 1943. Le modèle Mustang le plus produit f ut le P-51D, dé- nommé Mustang IV par la Royal Air Force. Sa vitesse de croi- sière était de 362 m/h (580 km/h) et sa vitesse maximum de 437 m/h (703 km/h). En armement, il comptait dans ses ailes six mitrailleuses Browning M2 de calibre 50 (12,7 mm) tota- lisant 1880 coups. En outre, ce qui le rendit particulièrement apprécié, c’était l’emport possible de réservoirs largables en carton de 108 gallons lui permettant d’escorter de jour les f or- mations de bombardiers B-17 jusqu’à Berlin aller-retour. Les équipages des bombardiers les appelaient leurs little friends (les petits amis). Le Mustang présenté dans cet article f ut construit en 1944 (numéro de série 122-39922) et livré à l’Aviation royale cana- dienne en 1947. Retourné dans le civil, il sera restauré de 1988 à 2000, puis il sera acquis par Mike Potter des Ailes d’époque du Canada en 2005. L’année suivante, il sera peint, tout comme le Spitfire présenté plus haut, aux couleurs originales de l’es- cadron 442 du temps de guerre. Il est dédié à deux f rères ve- nant d'Ottawa qui ont tous deux volé au sein de l’escadron 442 : les o f ficiers pilotes Joseph Guillaume Laurent « Larry » Robillard et Roger J. « Rocky » Robillard. Larry, qui pilotait plutôt des Spitfire au sein du 442, est un as avec 7 vic- toires et demie. Au cours d’une mission sur Lille, en France, alors qu’il volait dans l’escadron 145, son avion f ut abattu. Étant f rancophone, il réussit à éviter d’être capturé et retourna en Angleterre via l'Espagne et Gibraltar. Après la guerre, il s'est joint à la Marine royale canadienne et est devenu capitaine de corvette et pilote de la Navy. Après avoir quitté la Marine en 1955, il travailla chez Canadair. Rocky, lui, qui rejoignit l’esca- dron à seulement 19 ans, pilotait des Mustang en opération en Europe. Il a partagé la destruction d'un avion ennemi avec un autre pilote de l’escadron 442. Note : le 9 mai 1945, le jour suivant celui de la Victoire en Eu- rope, les Mustang du 442 ont volé dans la dernière mission de guerre opérationnelle alliée : un vol de couverture en haute altitude lors d’opérations navales près des îles de la Manche. La Bataille d’Angleterre dura plus de trois mois, du 10 juillet au 31 octobre 1940. Elle culmina en août 1940; le 20, Winston Churchill prononça cette expression qui allait devenir mémo- rable : « Jamais tant de gens n'ont dû autant à si peu » (« Never was so much owed by so many to so f ew »). Au début de ce conflit, la Fighter Command alignait seulement 650 appareils contre 2500 chez les ennemis. Les pilotes alliés se battaient souvent à 1 contre 3. À la fin, les Allemands perdirent 1733 avions contre 1000 pour la RAF, dont cependant 414 pilotes ne revinrent pas. Remerciements à AÉRO Gatineau-Ottawa et tous ses béné- voles, y compris les pilotes impliqués, aux Ailes d’époque du Canada et Mike Potter, à Dave O’Malley pour ses recherches historiques et l’accomplissement des livrées sur ces 3 avions reproduites fidèlement à celles d’origine. Q Le Mustang P-51D est considéré comme étant le meilleur chasseur allié pendant la Seconde Guerre mondiale. Pilote : John Aitken, 2015. Le Vol de la victoire effectué par un trio légendaire, comblant de plaisir les spectateurs d’AÉRO Gatineau-Ottawa 2025.

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