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• Volume 39 Numéro 5 28 qu’une consommation d’une pinte d’huile par heure de vol est tout à fait normale! La puissance développée par le Gipsy Major 1C, comme celui qui propulse le Tiger Moth no. 1259, est de 130 HP. Il possède une durée de vie de 1500 heures avant remise à neuf. Cet entretien périodique majeur est d’ailleurs encore assuré de nos jours par quelques ateliers de révision à travers le monde (au Royaume-Uni et en Australie, entre autres). Puisque le Tiger Moth n’est pas équipé de démarreur électrique, le démarrage du moteur s’effectue à la main. Et le lanceur d’hélice doit prendre garde au sens de rotation : les Britanniques ont in- venté ce moteur en le faisant tourner en sens antihoraire, contrai- rement au sens de rotation des moteurs américains. Il n’y a donc pas seulement sur les routes anglaises que les choses vont à l’en- vers du sens du monde! Une caractéristique surprenante du moteur Gipsy Major est l'acti- vation automatique du mécanisme de dégivrage du carburateur lorsque la manette des gaz est reculée au ralenti. Cela signifie que lorsqu'un moteur Gipsy Major perd sa puissance à cause du gi- vrage de carburateur, le pilote doit réduire encore davantage la puissance afin d’activer le mécanisme automatique, puis attendre que le givre fonde! L’opération et la maintenance d’un Tiger Moth de nos jours Il existe encore une cinquantaine de Tiger Moth immatriculés au Canada encore en état de vol. Le Tiger Moth no. 1259, que j’ai ac- quis l’an dernier, est l’un de ceux-là. Tous ces avions constituent un riche témoignage de l’Histoire, et il faut les préserver à tout prix. Au Québec, les Tiger Moth sont peu nombreux. La plupart se trou- vent en Ontario et dans les provinces des Prairies. Lorsque j’ai effectué le vol de convoyage du Tiger Moth no. 1259 de l’Alberta jusqu’au Québec, en août 2024, j’ai fait appel à un mé- canicien que je connaissais depuis quelques années, Alain Roberge. Celui-ci est copropriétaire de l’entreprise Aéro 5 Entretien d’aéronefs, basé à Thetford Mines. Alain, qui n’avait à ce moment-là aucune expérience de mainte- nance sur Tiger Moth, m’a accompagné jusqu’en Alberta et a pris place dans le siège du passager. Il a puisé dans son expérience ac- quise en aviation depuis plus de deux décennies pour surmonter les petits pépins survenus au cours des 4000 kilomètres de la tra- versée du pays. Au terme de l’expédition, le Tiger Moth no. 1259 a été remisé pour l’hiver dans l’atelier d’Aéro 5 à Thetford Mines. Alain Roberge et son associé, David Trépanier, ont passé le Tiger Moth no. 1259 au peigne fin pendant la saison froide, et ils ont ef- fectué avec professionnalisme toutes les réparations et ajuste- ments qu’avaient fait subir à cet avion la restauration majeure effectuée en 2007 puis le convoyage de 4000 kilomètres en 2024. Depuis le printemps dernier, le Tiger Moth no. 1259 est stationné à l’aérodrome de Saint-Lambert-de-Lauzon (CST7), au sud de Québec. Lorsque le ciel est dégagé, que la brise est régulière et que le temps me le permet, je roule jusqu’à Saint-Lambert et j’ou- vre toute grande la porte du hangar qui abrite le Tiger Moth no. 1259. Ce vieux coucou, bien assis sur son train d’atterrissage clas- sique, le nez relevé, semble prêt à partir en balade dès que je le pousse sur l’herbe fraiche de l’aérodrome et que je lance son hé- lice à la main. À chaque décollage, c’est plus de 80 ans d’Histoire qui s’élancent dans le ciel. La musique distinctive du moteur Gipsy Major est dé- sormais reconnue par les autres pilotes de l’aérodrome. Ce petit biplan jaune, qui a enseigné il y a très longtemps le pilotage à de jeunes militaires outre-mer afin de préserver notre liberté et notre démocratie, vole désormais chaque semaine. Mais au lieu de for- mer de futurs combattants, le Tiger Moth no. 1259 transporte maintenant des passagers curieux de connaître la sensation du vol sur un biplan antique, ébahis par le spectacle du paysage encadré par l’enchevêtrement d’entretoises et de haubans retenant ces ailes entoilées, et heureux d’être fouetté par le vent tiède qui s’en- gouffre dans chacun des habitacles. Tout le monde a droit à une deuxième chance. Le Tiger Moth no. 1259 a maintenant droit à une deuxième vie. Le mécanicien Alain Roberge en plein travail de maintenance sur le Tiger Moth no.1259 Le Tiger Moth no.1259 sur l’herbe de l’aérodrome de Saint-Lambert-de-Lauzon

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