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JUILLET / AOÛT 2025 9 ESSAI EN VOL tant les rues du quadrilatère de l’aéroport, nous sommes f ina- lement arrivés en début d’après-midi au Heritage Hangar, là où se trouvent les installations opérationnelles de la société Fly a Spitfire . Le bâtiment regroupe un bureau d’accueil, un lounge, un hangar pour la maintenance des Spit f ire et un ate- lier-musée abritant de nombreux avions de la Seconde Guerre mondiale, tous en état de fonctionnement ou en restauration. Amanda, une dynamique préposée, nous a accueillis tout sou- rire en franchissant le seuil de la réception et elle nous a aus- sitôt conduits à la terrasse d’observation jouxtant le lounge réservé aux pilotes et leurs invités. On y a rencontré alors Pete Burgess, un des piliers de l’entreprise, dont le père a été of f icier aviateur dans la RAF à Biggin Hill à partir de 1947. Pete connaît tout de l’histoire de l’aéroport, de la vie des pilotes qui y étaient stationnés et il est une bible d’informations sur les avions de chasse de l’époque du Blitz. Il nous a exposé le pro- gramme de nos vols projetés et nous a fait assister à une pré- sentation vidéo sur la sécurité et les manœuvres d’urgence en cas d’incident, incluant l’utilisant du parachute sur lequel nous serions assis… Le jour du vol Je suis retourné à Biggin Hill tôt le lendemain matin, anxieux d’en f in vivre un vol en Spit f ire. Le caméraman recruté par David Etienne arriva avec un peu de retard et notre vol fut par conséquent remis en f in de matinée. J’ai discuté avec lui des prises de vue qu’il comptait faire dans l’avion de suivi (un Saratoga) et sur l’entrefaite, James Hepnar, mon pilote instruc- teur, est venu me rencontrer pour m’exposer comment se dé- roulerait le vol, les endroits que nous survolerions, dont les fa- laises de Douvres, où plusieurs combats aériens se sont dé- roulés durant le Blitz, ainsi que les manœuvres que nous effectuerions. J’ai en f ilé la combinaison de vol réglementaire et me suis rendu sur la rampe pour une inspection pré-vol de l’avion en compagnie de Pete. Le Spit f ire dans lequel j’étais sur le point d’embarquer a été construit en 1944 et était alors un MK VIII modi f ié pour l’entraînement en 1946. Il est le seul prototype d’entraînement ayant survécu et il a été peint aux couleurs du 309 e escadron de la USAAF basée à Biggin à partir de 1942. Nous avons retiré les cales, véri f ié les volets et les radiateurs, et fait de tour de l’empennage. J’ai ensuite gravi une petite échelle vers le cockpit arrière de l’avion et me suis installé dans le poste de pilotage. J’ai eu droit à une assistance de pre- mière ligne pour descendre le siège, attacher mon parachute et, par la suite, les ceintures de sécurité d’usage. Il ne manquait plus que mon pilote, James, lequel arriva quelques minutes plus tard. James a appris à voler à l’âge de 14 ans, est capitaine de Boeing 737 de carrière et est certi f ié sur plus de 70 types d’avions. Il s’installa rapidement à sa place, m’expliqua comment on pourrait communiquer si l’intercom devait faillir et m’exposa la procédure de démarrage du Merlin. Une fois nos cockpits refermés et bien verrouillés, les circuits électriques furent mis en fonction, le moteur suralimenté brièvement et le démarreur enclenché. Après cinq ou six révolutions de l’hélice, le Merlin s’éveilla en crachant du feu et mon Spit f ire s’anima… Il n’est pas évident de circuler au sol avec cet appareil. Son in- clinaison vers l’arrière approche les 30 degrés, obstruant si- gni f icativement la vision avant. Par conséquent, la seule façon de le diriger est d’avancer en louvoyant de gauche à droite avec les palonniers. C’est ainsi que nous nous sommes rendus à l’écart de la piste 21 pour nous y arrêter et procéder au point f ixe. Le moteur fut alors poussé à 1500 tours. Par curiosité, j’ai regardé la fonction décibel de ma iWatch, qui indiquait 105 décibels. Très bruyant (je portais des HD 10-13 Me voilà bien installé, assis sur mon parachute et les sangles bien fixées en préparation pour le départ. Votre chroniqueur ayant complété les vérifications de l'avion au sol avant de prendre place dans le cockpit.
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