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JUILLET / AOÛT 2025 8 ESSAI EN VOL le ciel de l’Angleterre. À court de munitions, Scott rentre à la base et se pose sans en ‐ combre, quoiqu’il remarque qu’en finale, son stabilisateur ne f onctionne pas comme à l’habitude. Une inspection après vol lui démontrera qu’il en a perdu la moitié sous le f eu de l’ennemi. Il l’a échappé belle cette f ois ‐ ci… Ce ne f ut malheureusement pas le cas pour près de la moitié des nouveaux pilotes comme lui, car ces derniers ne survivaient généralement pas au cours de leurs 10 premières missions, soit au cours de leur première semaine de service. En effet, un pilote de chasse sur trois, cantonné à Biggin Hill, de juillet à octobre 1940, la pire période du blitz contre l’An- gleterre, devait ne jamais revenir vivant du combat. Ce sont les escadrons du Group 11 de la RAF qui furent le plus exposés au combat, lesquels ont regroupé sept escadres et plus de 150 pilotes, dont la moyenne d’âge était de 22 ans. Ces der- niers comptaient pour la plupart tout au plus 200 heures de formation totale depuis la licence initiale et environ 10 à 30 heures d’entraînement sur le Spit f ire avant d’aller au combat. Pas beaucoup, on en convient… Un vol dans le temps, dans l’imaginaire d’une autre époque… L’automne dernier, j’ai pris connaissance d’un article dans l’une des revues d’aviation que je lis à l’occasion, qui relatait la possibilité d’effectuer un vol (accompagné bien sûr…) en Spit f ire au Royaume-Uni et, qui plus est, à partir de la célèbre base aérienne (désaffectée maintenant et utilisée comme aé- roport régional de Londres) de Biggin Hill. J’avais déjà volé sur le mythique P51D Mustang à Kissimmee, en Floride, il y a une vingtaine d’années, mais jamais sur un Spit f ire, ne sachant pas jusqu’alors que certains disposaient de deux postes de pilo- tage. Je me suis souvent imaginé pilotant ce mythique appareil, de- puis aussi longtemps que je me souvienne, en lisant notam- ment les aventures illustrées du pilote Blatter Briton encore tout jeune ou suite au visionnement de f ilms sur la Seconde Guerre mondiale. Je ne vous le cache pas, je rêvais un jour de vivre cette expérience, de monter à bord d’un tel appareil, de le piloter dans la mesure du possible, de parcourir le ciel d’Angleterre et survoler les paysages qui ont vu et vécu les ter- ribles affrontements aériens qui ont eu lieu il y a déjà 85 ans… J’ai donc effectué une recherche sur le Web et j’ai trouvé une société qui offrait cette expérience à deux endroits en banlieue de Londres, à savoir Biggin Hill et Duxford. J’ai regardé par la suite quelques vidéos sur YouTube de personnes qui avaient vécu l’expérience et il n’en fallut pas plus pour me convaincre d’y aller. Piloter un Spit f ire depuis Biggin Hill me semblait l’aboutissement d’un rêve, soit de piloter un chasseur my- thique depuis l’endroit qui a joué un rôle clé dans la protection de Londres contre les bombardiers nazis. J’en ai parlé à un ami, Luc, propriétaire d’un 185, également passionné par les chasseurs de la Seconde Guerre, lequel a ac- cepté l’idée de m’y accompagner sans aucune hésitation. Après un bref séjour à Londres, histoire de nous remettre du décalage pour être en forme pour nos vols projetés, nous avons pris la route. Nous nous sommes donc retrouvés, lui, moi et nos conjointes, à Biggin Hill le 20 mai dernier pour une visite préliminaire des installations et ainsi prendre contact avec les personnes responsables des opérations. Le vol plani- f ié initialement fut toutefois retardé d’une journée, car la veille de la date initialement convenue, j’ai reçu un appel de mon éditeur, Pierre Harvey, m’informant qu’après une rencontre fortuite avec David Etienne, producteur de la série Air, ce der- nier avait démontré de l’intérêt à réaliser un reportage sur mon expérience de vol au Royaume-Uni. N’ayant aucune ob- jection, j’ai discuté un peu avec ce dernier peu de temps après et un scénario fut esquissé. Il fut alors convenu qu’un camera- man de Londres viendrait me rejoindre le lendemain matin et qu’il prendrait place dans l’avion de suivi de vol de la compa- gnie, un Piper Saratoga, pour f ilmer des séquences en vol près des falaises blanches de Douvres. Le trajet pour se rendre à Biggin Hill a pris un peu plus d’une heure en voiture depuis Londres. L’aéroport est en banlieue de la petite ville de Westerham où nous avions pris soin de ré- server une auberge avant notre départ. Une fois rendus sur le site mythique et après avoir négocié plusieurs virages serpen- Entrée de l'aéroport de Biggin Hill Votre chroniqueur et son ami Luc Rivard en entretien pré-vol avec James Hepnar, pilote instructeur de Spitfire.
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