V29N4
JUILLET / AOÛT 2025 7 B iggin Hill, petit aérodrome de la Royal Air Force, situé à quelques kilomètres au sud de Londres, 20 août 1940... Le jour se lève, révélant les baraques logeant le 79 e escadron de chasseurs Hurricane et Spitfire cantonnés comme dé f enseurs de Londres. Une brume légère coi ff e les pistes et le soleil s’active à la dissiper sous un couvert nuageux un peu lourd. Le clairon ne sonnera pas le réveil des pilotes. Ils dorment mal en mission, de ‐ meurant constamment à l’a ff ut du tintement de la cloche qui les f era courir à leurs avions, toujours prêts à décoller pour inter ‐ cepter l’ennemi allemand. La journée s’annonce pénible pour Scott Taylor, 22 ans, f raîche ‐ ment certifié sur Spitfire. Il est rentré de sa troisième mission la veille avec un avion amoché. Qui plus est, son meilleur ami, Roger Smith, n’a pas eu cette chance, ayant été abattu par un Me 111 au ‐ dessus de la Manche. C’était le sort malheureux ré ‐ servé à de trop nombreux pilotes anglais combattant des pilotes allemands expérimentés … Que lui réserve cette nouvelle journée? Scott enfile sa combinai ‐ son de vol, revêt sa « Mae West », puis se rend à la ca f étéria de f ortune enfiler un thé brûlant et quelques sablés. Il n’est que 7 h 15 et le téléphone d’alerte retentit... L’o f ficier de f action ré ‐ pond, raccroche et s’exclame : « Ennemis en rapprochement à 20 000 pieds, tous à vos avions, cap 120 degrés! » Scott s’élance au pas de course avec ses camarades. Ils sont 26 au total ce matin à grimper sur les ailes de leurs chasseurs Hurricane et Spitfire. Leurs aides au sol retirent les cales des ap ‐ pareils et après avoir dûment injecté d’essence les cylindres de leurs moteurs Rolls Royce Merlin, les avions prennent vie et les moteurs rugissent. Un après l’autre, les appareils se regroupent sur le terrain en s’alignant pour le décollage, suivant les indica ‐ tions de la manche à vent. Une partie de l’escadre se regroupe au nord et se dirige vers l’est de Londres, à 8 minutes de vol, tandis que la majeure partie f once à toute allure vers la Manche. Scott f ait partie de celle ‐ ci; après 15 minutes de vol, il entend « Tally ‐ ho » sur la radio, l’ex ‐ clamation signifiant que l’ennemi a été repéré. Un coup d’œil vers le haut révèle à Scott des dizaines de points noirs à l’hori ‐ zon, un peu di f ficiles à distinguer toute f ois en raison du soleil derrière eux. Se rapprochant d’eux à vive allure, il reconnaît alors des bombardiers Dornier, des Stuka et plusieurs B f 109 comme escortes. La mêlée qui suit est indescriptible : un enchevêtrement de ma ‐ nœuvres, de piqués et de virages pour à la f ois viser l’ennemi et échapper à leurs chasseurs. Le Spitfire de Scott se met soudai ‐ nement à vibrer, il est touché. Un coup d’œil dans le miroir au ‐ dessus de son cockpit lui révèle la présence d’un B f 109. Instinctivement, il tire le manche de 10 degrés et vire à 80 degrés sur la gauche, amorçant un piqué d’évasion. Il aperçoit par la suite son antagoniste plus haut sur la gauche, subissant le f eu soutenu d’un camarade en Hurricane. Il explose, c’est fini pour lui. Scott m’a plus que 5 secondes de puissance de f eu. Il voit du coin de l’œil un bombardier approchant de Canterbury. Il l’estime à portée de tir et, sans hésiter, applique pleine puissance et lui f once dessus. Le merlin rugit et crache le f eu. Le bombardier grossit dans la mire de Scott et, rendu à près de 100 mètres, Scott lui expédie tout ce qu’il lui reste de projectiles au rythme soutenu de 150 cartouches à la seconde. Ceux ‐ ci f ont mouche et atteignent l’aile gauche de l’Allemand au point de jonction avec son f uselage. Son réservoir d’essence touché de plein f ouet, l’aile explose et l’avion part en vrille, incontrôlable. Un de moins dans Autre rêve d’enfance réalisé! À l’occasion de mon anniversaire en avril dernier, j’ai décidé de m’offrir un vol dans un authentique Spitfire ayant participé à la Seconde Guerre mondiale. Je vous raconte… ESSAI EN VOL Voyage dans le temps aux commandes d’un Spitfire Escadron de jeunes pilotes de Spitfire à Biggin Hill accourant vers leurs avions lors d'une attaque en août 1940. Spitfire Mk III au Musée de la Royal Air Force identique à ceux qui étaient basés à Biggin Hill. Par Marc-André Théorêt I marcandretheoret@gmail.com
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