V29N4
JUILLET / AOÛT 2025 53 P artant du principe que le gouvernement canadien apprécie le rôle crucial que joue l’aviation commerciale dans notre vaste pays, nous espèrons qu’il reconnait aussi que l'appui gou- vernemental est essentiel pour soutenir les économies régio- nales, mieux relier les communautés et effacer les frontières interprovinciales. Toutefois, la réalité a été bien différente jusqu'à présent. La lé- gislation et les politiques canadiennes des deux dernières dé- cennies n’ont certainement pas véhiculé unmessage de soutien à l'aviation commerciale. Imposer aux transporteurs un barrage de réglementation, des frais et des charges semble avoir été le mantra du gouvernement, imposant des normes de service que le gouvernement lui-même ne respectera jamais. L’objectif du gouvernement ne semble malheureusement pas avoir été de tout mettre enœuvre pour favoriser l'essor de l'aviation au pays et ainsi mieux servir nos collectivités. Au cours des dix dernières années, les lettres demandat du pre- mier ministre aux ministres des Transports n'ont jamais fait de la croissance du service aérien une priorité gouvernementale. La lettre de mandat du premier ministre Carney à tous les mi- nistres identi f ie bien le dé f i socio-économique national actuel et établit sept priorités générales. Parmi celles-ci, la deuxième et la troisième intéressent particulièrement le secteur de l’avia- tion. 2. Bâtir une seule économie canadienne unifiée en éliminant les obstacles au commerce interprovincial et en définissant et accé ‐ lérant les projets d’intérêt national qui créent des liens entre nos communautés et trans f orment notre pays. 3. Réduire les coûts pour les Canadiennes et les Canadiens, et les aider à aller de l’avant. L'aviation est un partenaire incontournable dans la priorité vi- sant à « bâtir une seule économie canadienne unifiée ». L'élimi- nation des obstacles commerciaux fait partie intégrante du mandat de l'aviation commerciale, surtout dans un pays de la taille du Canada et doté d'une telle diversité régionale. Un point de départ pourrait être l'allégement du fardeau réglementaire, l’examen de tous les frais et charges a f in d'en mesurer l'impact réel sur notre compétitivité, la révision de l'approche « taille unique » si répandue dans les politiques gouvernementales et le réinvestissement des centaines de millions de dollars perçus grâce aux frais et charges imposées au transport aérien dans les infrastructures et les services aéronautiques. La troisième priorité du premier ministre, « réduire les coûts… », est tout à fait pertinente dans le secteur de l'aviation. Notre industrie est confrontée à unemultitude de frais, plus que tout autre secteur du transport au Canada, ce qui nuit grave- ment à notre compétitivité. Alléger ce fardeau f inancier rédui- rait considérablement le coût du transport aérien au Canada. Pourquoi ne pas éliminer les loyers des aéroports du Réseau national des aéroports, assumer une partie des frais de sécurité aéroportuaire comme le font nos principaux partenaires com- merciaux, annuler la taxe d'accise sur le carburant d'aviation et soutenir NAV CANADA si une autre pandémie ou récession nous frappait a f in d’éviter d’imposer à nouveau ces coûts supplémen- taires aux transporteurs aériens? L'ATAC demande au gouvernement de réduire ces frais et charges depuis plus de vingt-cinq ans, mais en vain. L’appétit du ministre des Finances damant le pion à toute initiative du gouvernement en matière de transport aérien. Le con f lit commercial avec les États-Unis force les Canadiens à trouver d’autres options d’affaires. C'est l'occasion idéale de re- penser notre stratégie nationale et de réorienter notre activité commerciale enmettant davantage l'accent sur le commerce in- térieur et lemarché international, transformant ainsi lamenace créée par les tarifs américains en une occasion d'exploiter de nouvelles options. Tous les Canadiens appuient cette stratégie. Le fait de con f ier à un seul ministre les mandats du commerce intérieur et des transports suggère que le premier ministre ap- précie en effet le rôle de l’aviation commerciale dans le déve- loppement de l’économie canadienne et considère le transport aérien comme un élément clé dans l’abolition des barrières commerciales provinciales. Espérons que les priorités du pre- mier ministre susciteront des actions décisives qui produiront des résultats concrets. Seulement un changement de l’approche gouvernementale en- vers l’aviation commerciale permettra les résultats souhaités par le premier ministre. Si l'appareil gouvernemental accepte la nouvelle orientation dictée par le premier ministre, l'aviation commerciale sera peut-être considérée comme un véritable partenaire économique, un catalyseur du développement de l'économie canadienne, plutôt que comme une simple source de revenus pour le gouvernement. L’amélioration de la f luidité du transport aérien par la biotech- nologie et l'ef f icacité opérationnelle dépend d'une collaboration entre le gouvernement et l'industrie. Des gestes concrets pour réaliser cettemodernisation, minimiser les obstacles réglemen- taires, investir dans les infrastructures aéroportuaires et dans le carburant d’aviation durable, et réduire les frais et charges in f ligés au transport aérien généreraient un retour considérable sur l’investissement du gouvernement. L’ATAC et ses membres seraient heureux de participer à cet ef- fort conjoint indispensable pour alléger le fardeau réglemen- taire du transport aérien et réduire les coûts pour les Canadiens et, ce faisant, maintenir un système de transport aérien sûr, ef- f icace et durable au Canada tout en réalisant une plus grande ef f icacité et conséquemment notre compétitivité. Q DÉBATS Message au premier ministre John McKenna | Président et chef de la direction, Association du transport aérien du Canada | www.linkedin.com/in/JohnMcKenna-ATAC
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy NDY5MjU=