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MAI / JUIN 2025 57 W illiam George Barker est né à la ferme familiale le 3 novembre 1894 à Dauphin, au Manitoba. Dès l’âge de 20 ans, bon cavalier et bon tireur, il s’engage le 23 décembre 1914 dans le 1 er régiment des Canadian Mounted Rifles . La France et le Royaume-Uni ayant déclaré la guerre à l’Allemagne début août 1914, au printemps suivant, il est transféré en An- gleterre, puis en France en septembre de la même année. Son régiment est alors converti en infanterie et se retrouve dans les tranchées. Mais Barker va bientôt voir sa destinée prendre son envol alors que le Royal Flying Corps (RFC) est en pleine période de recrutement. Ayant réussi à se faire incorporer comme mitrailleur, il est transféré en mars 1916 à la 9 e esca- drille opérant dans la Somme, en France. Son devoir est d’être observateur-mitrailleur à bord de l’avion Royal Aircraft Fac- tory B.E.2. Il abat au moins deux avions ennemis et joue un rôle déterminant dans le guidage de l’artillerie sur des troupes ennemies. S’étant comportés brillamment lors de la bataille de la Somme de novembre 1916, son pilote et lui reçoivent la Military Cross le 10 janvier 1917. Pilote! C’est en janvier 1917 que le lieutenant Barker reçoit une for- mation de pilote à Netheravon en Angleterre. Déjà très capa- ble, il vole en solo après moins d’une heure d’instruction. (C’était reconnu à l’époque que les recrues qui savaient mon- ter à cheval étaient parmi les meilleurs, car ils avaient déjà dé- veloppé un bon sens de l’équilibre et qu’ils sentaient bien, une fois en vol, les mouvements de l’air sous leurs fesses.) Revenu en France, il est affecté à la 15 e escadrille du RFC et devient of- f iciellement pilote de chasse. L’expression « pilote de chasse » n’existait pas à l’époque et ces aviateurs étaient appelés Scouts pilots , c’est-à-dire des pilotes éclaireurs. En mai 1917, promu capitaine, il devient chef d’escadron. C’est durant cette période que le capitaine Barker reçoit une deuxième récompense : une barrette à sa croix militaire. Le mois d’avril 1917 est particulièrement sanglant pour les aviateurs. Les pilotes du RFC, la plupart inexpérimentés, tom- baient comme des mouches face aux Allemands très agressifs à bord de leurs avions techniquement supérieurs, bien que ces derniers eussent moins d’avions que les Alliés. D’autre part, les avions alliés d’observation volaient souvent seuls. Du 31 mars au 11 mai, les Allemands auront perdu 30 avions en ac- tion contre 122 du côté allié. Un triste bilan de 238 aviateurs tués ou manquants et 105 blessés côté du RFC contre 33 avia- teurs tués, 16 manquants et 19 blessés côté allemand, pour la seule période du 1 er au 27 avril 1917. Lui-même blessé en août 1917, Barker retourne en Angleterre pour récupérer et donner de l’instruction de vol. Il retourne Texte par Pierre Lapprand Le pilote William Barker (1894 – 1930) (1 re partie) HISTOIRE Barker devant son Sopwith Camel F.1 Nº B6313 en 1918. Photo: Imperial War Museums Véritable héros de guerre, le lieutenant-colonel William George Barker est, à ce jour, le militaire ayant reçu le plus de décorations de l’histoire du Canada, dont la plus haute distinction : la Croix de Victoria. Il pilotait les fameux biplans Sopwith pendant la Première Guerre mondiale. Voici son histoire.
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