V29N2
MARS / AVRIL 2025 9 ESSAI EN VOL concurrence. D’autre part, hor- mis la motorisation et l’avio- nique, j’apprends que les composants sont majoritaire- ment (soit 90 %) produits en usine, chez AutoGyro. À l’instar d’un avion léger sportif, les sièges baquets de cet autogire invitent au voyage. De surcroît, ceux-ci sont chauffants sur cet exemplaire. Les portes pa- pillon abaissées et fermées, le froid ne s’in f iltre pas. Les join- tures semblent de qualité. Tout comme la f inition générale, in- térieure et extérieure. Peinture, garnissage, manches, palon- niers et autres manettes se veulent impeccables. Le vaste tableau de bord, prolongé par une console centrale, accueille une instrumentation numérique modulable. Dans ma ligne de mire, les 2 Garmin G3X – respectivement de 7 et 10 po – don- nent un petit look de liner à ce Cavalon, édition 2023. Bien san- glé avec la ceinture-harnais de série, je suis prêt à suivre la mise en marche orchestrée par David. Le Rotax 915 iS, encore tiède, ne rechigne point au démarrage. Les véri f ications d’usage complétées, nous taxions sur la neige damée. D’em- blée, je trouve l’engin facile à diriger. La manette des gaz, située au centre, croise celle des freins. De la main gauche, je com- mande ainsi le régime moteur et le freinage. À l’aide du palon- nier – préalablement ajusté à ma taille – je contrôle la trajectoire de la roulette de nez et, implicitement, la gouverne de direction de l’empennage vertical central, lui-même greffé à la triple dérive. En revanche, point de gouvernail de profon- deur en continuité du plan horizontal ! Le manche d’un auto- gire actionne uniquement la tête du rotor. Pré ‐ lancement d rotor, puis décollage Une fois alignés sur la piste 32 (altitude : 380 pi ou 116 m), la procédure est simple. Pour ini- tier la pré-rotation, il suf f it de tourner le sélecteur pneuma- tique (ancré en bas à gauche sur la planche de bord) de Brake à Flight . Le régime du Rotax monté alors à 2100 tr/min, j’appuie sur le bouton Pre ‐ Rotator , situé sur le manche (sous celui de la trans- mission VHF). Le couplage est engagé ; les pales commencent à tourner. Aucune alarme in- tempestive. Dès que le rotor atteint les 200 tr/min, je peux re- lâcher le commutateur et augmenter le régime moteur. L’appareil étant stable, David m’autorise à libérer les freins et à accélérer. Éclairage allumé (phare et feux DEL encastrés dans la proue, à l’aérodynamisme hyper étudié) : prêts ! Comme vu précédemment lors du circuit d’introduction, je gère diligem- ment de la main gauche la manette des gaz. Avec celle de droite, je maintiens le stick en arrière toute. Les roues courent rapidement sur le tapis blanc. Quelques secousses rappellent, par endroits, la faible inégalité de la piste. La vitesse croît. Les pales tournent en cadence. Derrière, les 141 chevaux du qua- tre-cylindres couplés à la grosse hélice poussent fort. Les 2400 pi (732 m) devant nous satisfont – au centuple – à notre décollage. Pour info, l’altitude-densité du moment est : -3930 pi (-1198 m) ! Le temps de le dire et nous voilà airborne . Dès lors, je ramène le manche en avant – juste ce qu’il convient pour garder une assiette positive normale. Question poids, on accuse 559 kg (1232 lb) au total – incluant 30 l (8 gal) d’es- sence, soit une grosse heure et demie de vol. Et le centrage ? OK. En palier à 1400 pi/mer Sans monter comme un ascenseur, C-GKKV assure vraiment : jusqu’à 1500 pi/min (7,6 m/sec), à la Vy (100 km/h ou 54 kias). Moteur : 5450 tr/min. Rotor : 370 tr/min. À l’image de toute production européenne légère et récréative, le Cava- lon est étalonné en kilomètres/heure. Néanmoins, il demeure possible (et facile) de passer en nœuds (kt), voire en milles ter ‐ restres (mph) sur les Garmin embarqués. À bord, on se sent presque dans une bulle. J’apprécie l’herméticité phonique et thermique. Le confort également. Toutefois, gyrocoptère oblige : le manche tremble continuellement. Moins, en ame- nuisant la vitesse. On f init par s’y habituer. Ou pas. Telle est la question ! Établi en palier, à 1400 pi/mer (427 m), cap au 150, le 915 ronronne à 5100 tr/min tout en ingurgitant ses 25 litres de gazoline à l’heure. Au-dessus de nos têtes, les pales font 370 révolutions par minute. Celle qui avance s’incline vers le haut. Ce qui diminue l’angle d’attaque. Je relève la vitesse indiquée : Bienvenue à bord de C-GKKV ! La tripale Woodcomp KW-30, à pas variable automatique : une option de choix ! Rotor libre et empennage spécifique du Cavalon.
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