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• Volume 39 Numéro 1 37 Après une escale de carburant à Val-D’Or, puis à Maniwaki, nous atterrissons à l’aéroport de Gatineau en fin d’après-midi, et le Tiger Moth #1259 est soigneusement rangé dans le grand hangar de Vintage Wings, en attendant le spectacle aérien prévu dans dix jours. Mon fils Raphaël, qui demeure à Gatineau et qui est lui aussi pilote de ligne, nous ramène à Québec aux commandes d’un bi- moteur prêté par un de ses amis, George Louis. Le retour au travail et à la routine quotidienne se fait brusque- ment, dès le lendemain matin. C’est un réveil brutal, presque un choc. J’ai l’impression que tout ce qui s’est passé depuis deux se- maines n’est pas réel. Les pistes de gazon, les démarrages à la main, les repas lyophilisés avalés devant l’avion aux capots ou- verts, les champs de blé à perte de vue, les bons samaritains croi- sés aux escales, la fumée des feux de forêt qui retardent nos départs matinaux, tout cela semble irréel, comme faisant partie d’un long rêve. Pendant toute la semaine qui suit, je ressens une lourde fatigue. Je réalise que pendant les douze jours de cette expédition extra- ordinaire, Alain Roberge et moi, avons fonctionné à l’adrénaline, de l’aube jusqu’au crépuscule, afin de réussir le convoyage du Tiger Moth #1259 de l’Alberta jusqu’au Québec. Nous étions at- tentifs en permanence, attelés à la tâche afin de surmonter n’im- porte quel obstacle qui se dressait devant nous. Nous avons réussi, mais non sans accumuler une certaine fatigue. La consécration Le premier week-end de septembre, Alain et moi revenons à Gatineau pour participer au spectacle aérien. La conjointe d’Alain, Julie Perreault, ainsi que leur fille, nous accompagnent. Le Tiger Moth #1259, propre et bien nettoyé, nous y attend. Pendant les deux jours de l’évènement, des centaines de visiteurs nous appro- chent et nous posent des questions à propos de ce biplan my- thique qui est exposé derrière nous, dans l’immense hangar de Vintage Wings. Nous avons bien plus que de simples informations techniques à leur donner. Nous venions de traverser plus de la moitié du continent nord-américain aux commandes d’un biplan de la 2 e guerre mondiale ! Cette expédition a été une expérience magnifique, inusitée et enrichissante. Nous avons donc beaucoup de choses à raconter à ces visiteurs curieux et intéressés par l’his- toire du Tiger Moth #1259. Au lendemain du spectacle aérien de Gatineau, je reprends les commandes du Tiger Moth #1259 et j’effectue les deux derniers trajets qui mènent vers la destination finale : l’aéroport de Thetford, non loin de Québec. En comparaison avec la complexité du territoire survolé en Ontario et au nord-ouest du Québec il y a deux semaines, je réalise que cette dernière journée de vol au- dessus de la campagne québécoise est plutôt facile. La toute dernière escale avant d’atteindre la destination finale a lieu enMontérégie et elle est digne de mention. Un ancien collègue d’Air Transat, Donald Rodier, m’avait suggéré d’atterrir au petit aé- rodrome de Carignan, en bordure de la rivière Richelieu. Il m’avait promis qu’il m’y rejoindrait avec des jerrycans de carburant. Je survole donc cette belle petite piste de gazon entourée de champs de maïs et je procède à un atterrissage en douceur qui me permet de demeurer loin des quelques chevreuils que j’avais remarqués à l’autre extrémité de la piste, pendant le survol d’inspection. À peine stationné, j’aperçois le Bellanca 7KCAB de Donald qui se pose à son tour, suivi par deux autres avions. Le rendez-vous a donc bien réussi ! Les deux autres appareils sont ceux de Marc Bisson et Norman Thiemens. Ces trois gentlemen font partie des « Crazy Flyers », un groupe de pilotes de la région de Joliette, et Donald Rodier et Marc Bisson, lors du rendez-vous d’avitaillement à Carignan (Québec)

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