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• Volume 39 Numéro 1 32 7332 facture est écrite à la main. La bonne vieille méthode. Tout juste avant qu’on ne redémarre le moteur, Keith McGill nous tend un petit appareil et nous demande de le photographier devant le Tiger Moth #1259. Visiblement, notre visite à « son » aérodrome lui a plu ! Décollage en direction de Steinbach, petite ville située au sud de Winnipeg (Manitoba). Pendant le vol, quelques autoroutes com- mencent à apparaitre entre les immenses champs de blé. Nous nous rapprochons donc d’une région de plus en plus peuplée. L’escale à Steinbach nous réserve une belle surprise : la cousine de ma blonde, accompagnée par son conjoint officier dans la RCAF et de leurs deux enfants, qui vivent à Winnipeg, nous accueillent sur le tarmac. Détail touchant : les enfants portent un t-shirt jaune et les parents portent un t-shirt noir… Les couleurs exactes du Tiger Moth #1259 ! Quel magnifique encouragement pour Alain et moi ! Après cette escale de carburant, où on réussit à dénicher six litres d’huile 20W50 pour regarnir notre inventaire presque vide, nous poursuivons vers Kenora (Ontario) pour le dernier vol de la journée. En terrai hostile À partir de maintenant, la navigation aérienne et le choix de la route à suivre se compliquent un peu. La frontière entre le Manitoba et l’Ontario marque la fin des immenses champs des Prairies, et le début du Bouclier canadien avec sa forêt de conifères et ses milliers de lacs. Nous ne bénéficions plus de la protection illimitée que les champs nous offraient en cas d’urgence, et nous sommes désormais obligés de suivre, vers l’est, l’une des rares routes qui sillonnent la forêt. L’autre contrainte à laquelle nous faisons face, sur les 1500 pro- chains kilomètres, est la rareté des villes et des aéroports où nous pouvons effectuer des arrêts de carburant. La meilleure option consiste à suivre, au-dessus de l’immense forêt ontarienne, la route transcanadienne 71 vers Fort Frances (Ontario), située au sud, puis de bifurquer sur la route transcanadienne 11 en direc- tion est vers Attikokan (Ontario), et ensuite vers Thunder Bay (Ontario), avant de terminer la journée à Geraldton (Ontario) en direction nord-est. Chacun de ces trajets durera environ 90 mi- nutes de vol, ce qui est judicieux compte tenu de l’autonomie li- mitée du DH.82C Tiger Moth. Mon autre préoccupation est l’état lamentable de la radio du Tiger Moth #1259. Celle-ci grésille beaucoup et je n’arrive pas à com- prendre adéquatement les communications. Depuis notre départ de l’Alberta jusqu’à présent, ce n’était pas un réel problème, car nous volions dans l’espace aérien non contrôlé qui n’oblige pas l’utilisation de la ra- dio, même aux aérodromes municipaux. Mais notre passage obl igé à Thunder Bay (Ontario) devient un réel problème, car il s’agit d’un aéroport régional important, doté d’une tour de contrôle, et exigeant l’utilisa- tion d’un transpondeur mode C (dont le Tiger Moth #1259 n’est pas équipé). Pour cette rai- son, pendant l’escale qui précède le vol vers Thunder Bay, je téléphone à la tour de contrôle de cet aéroport pour exposer la si- tuation au contrôleur aérien. À ma grande surprise, celui-ci me dit qu’il est originaire d’Angleterre, qu’il a grandi près d’un aéro- drome où volaient des Tiger Moth britan- niques, et qu’il adore ce type d’avion ! Sa réponse est claire : « Don’t worry, come on regardless your radio problems. We will adapt ». Quatre-vingt-dix minutes plus tard, nous at- terrissons puis circulons au sol à Thunder Seule option en cas de panne motrice ; la route 71 entre Kenora et Fort Frances (Ontario)
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