V29N1

• Volume 39 Numéro 1 31 Pierre-Alexandre Sénéchal Pilote, commandant de bord sur Dash-8 au Service aérien gouvernemental La traversée du pays à bord d’un biplan : L’odyssée du Tiger Moth #1259 Alain Roberge Technicien d’entretien d’aéronef et copropriétaire de « Aéro 5 Entretien d’aéronef Inc. » À la suite des problèmes de moteur rencontrés la veille, nous ar- rivons tôt au hangar afin de déterminer la cause de ces ratés. Alain retire les bougies d’allumage et nous les nettoyons méticuleuse- ment. Nous vérifions ensuite l’efficacité de fonctionnement de cha- cune d’entre elles. Après quelques ajustements, nous sortons l’avion du hangar et nous procédons à un essai-moteur. Ce point fixe nous révèle que les bougies d’allumage ne sont pas en cause, et que c’est la magnéto droite qui ne fonctionne pas correctement. Nous avons donc besoin d’un synchronisateur de magnéto pour déterminer si le problème est un simple désajustement, ou pire, un bris interne. Ce n’est pas un outil facile à trouver en pleinmilieu de la Saskatchewan rurale. Au même moment, on reçoit la visite amicale de Sheldon Ikins, propriétaire d’un Aeronca trois hangars plus loin, qui a entendu parler de nous et qui vient prendre des nouvelles de nos répara- tions. À notre grand étonnement, ce gentleman nous apprend qu’il possède un synchronisateur de magnéto ! Avec son outil électro- nique, nous passons quelques heures à ajuster méticuleusement la magnéto droite. On s’arrange avec les moyens du bord, faisant d’ailleurs preuve de débrouillardise en utilisant la mesure de ni- veau d’un iPhone collé sur l’hélice afin de déterminer la position exacte de celle-ci pendant l’ajustement. En fin de journée, un nouvel essai-moteur au sol nous confirme que lamagnéto droite fonctionne désormais très bien ! Nous pour- rons donc reprendre l’air dès le lendemain et poursuivre le vol de convoyage vers l’est. C’est maintenant le jour 7 de l’expédition et nous décollons enfin de Carlyle (Saskatchewan) en direction du Manitoba. Pendant la montée vers l’altitude de croisière, j’observe Carlyle s’éloigner der- rière mon épaule. Cette petite ville nous a accueillis pendant presque trois jours, comme une île isolée en plein océan, et on y a bénéficié d’un support moral et technique impressionnant de la part de sa communauté de pilotes. En traversant les Prairies, je vole généralement à 2000 pieds/sol. Avec la quantité phénoménale de champs qui défilent sous les ailes, exécuter une approche forcée à la suite d’une panne moteur serait assez facile dans ce coin de pays. Notre prochaine escale de carburant prévue est un petit village nommé Killarney (Manitoba) que nous atteignons après une heure et demie de vol dans une atmosphère encore légèrement opaque à cause de la fumée des feux de forêt. Après l’atterrissage sur la piste en gazon de Killarney, un vieux monsieur nous attend à la pompe de carburant. Il s’appelle Keith McGill et ça doit faire environ 50 ans qu’il travaille à ce chouette aéroport de campagne. Les taxes d’achat sont déterminées avec une petite calculatrice portative (d’un très ancien modèle) et la Résumé de l’article précédent À la fin de la première partie du récit, parue dans l’édition précédente du magazine, nous venions de faire escale à Carlyle (Saskatchewan), après avoir parcouru 1000 kilomètres depuis Wetaskiwin (Alberta), dans le cadre du convoyage du Tiger Moth #1259 jusqu’à Québec. Toutefois, un problème de moteur nous a forcés à revenir atterrir à Carlyle. Nous sommes soucieux, car nous redoutons d’être confrontés à une défectuosité technique majeure qui pourrait entraver la poursuite de cette expédition. Alain Roberge procède à l’ajustement d’une magnéto, à Carlyle (Saskatchewan) Pierre-Alexandre Sénéchal aux commandes du Tiger Moth #1259 dans le ciel de la Saskatchewan

RkJQdWJsaXNoZXIy NDY5MjU=