V28N6

• Volume 38 Numéro 6 34 un air de liberté à la situation. Il y a un petit rétroviseur rond ins- tallé sur le côté droit du pare-brise avant, dans lequel je remarque qu’Alain a les yeux rivés sur les jauges moteur. Mon mécanicien navigant sera ainsi au chevet du moteur pendant toute la durée du convoyage, attentif à la moindre variation de son ou de vibra- tion. La participation d’Alain Roberge à cette expédition s’avèrera un atout majeur ! Le petit bled de Coronation (Alberta) apparait lentement devant nous. C’est une toute petite ville au milieu de nulle part. Je joins le circuit et j’effectue un atterrissage qui nous mène jusqu’au mi- nuscule tarmac de l’aérodrome. Moteur éteint, je me dresse de- bout sur mon siège et je scrute les environs. C’est silencieux. Le paysage est plat et il y a des champs de blé à perte de vue tout autour de l’aérodrome. Pendant qu’Alain ouvre les capots et effectue une inspection ra- pide du moteur, je grimpe au-dessus du fuselage, les pieds solide- ment appuyés sur les cadres latéraux du poste de pilotage et je glisse le pistolet du carburant dans le réservoir situé entre les ailes supérieures du biplan. Le plein terminé, on ajoute un litre d’huile au moteur. C’est une routine que nous répéterons à chaque escale au cours des prochains jours. Au moment de régler la facture, Alain et moi réalisons qu’on a soif et qu’on a complètement oublié d’apporter des bouteilles d’eau. L’employé de l’aérodrome nous assure que l’eau du lavabo est potable. En ouvrant le robinet, on constate qu’une drôle d’odeur en émane. Dégoutés, nous préfé- rons attendre la prochaine escale pour nous désaltérer. Au moment de procéder au démarrage, je mentionne à Alain que le frein droit ne répond pas très bien. Il s’accroupit alors entre les roues du train principal et fait tourner l’engrenage du tambour avec un tournevis inséré dans la petite fenêtre d’ajustement du frein. Quelques virages au sol, après le démarrage du moteur, nous confirment que l’ajustement est adéquat. On peut donc décoller vers notre prochaine escale, Kindersley (Saskatchewan). Le paysage de l’Alberta, composé de champs irréguliers lézardés de quelques rivières et d’où surgissent ici et là des puits de pétrole, fait lentement place à la mosaïque parfaite des champs de blé car- rés de la Saskatchewan. Alain et moi sommes fascinés par cette vue que nous offrent les Prairies. En ce début de soirée, il n’y a presque plus de turbulence en vol. Seules les vibrations dumoteur donnent encore vie à l’avion. Pendant que, derrière nous, le Soleil se rapproche de l’horizon, la petite ville de Kindersley apparait devant nous, à l’est. On repère rapidement l’aérodrome situé au nord du bled. Je réduis les gaz et j’entreprends la descente qui nous mène jusqu’à un atterrissage par vent calme. Un homme au volant d’un kart de golf sur le tarmac nous pointe l’endroit où sont situées les amarres de stationnement. Il nous re- joint après l’arrêt du moteur pour nous saluer. Il s’appelle Colin Bevan, propriétaire de la petite compagnie d’épandage aérien « Kindersley Air Spray », dont les hangars sont érigés 200 mètres plus loin. Colin nous explique qu’une voiture de courtoisie est dis- ponible au bâtiment de l’aéroclub local. Il suffit de récupérer les Première escale de nuit, à Kindersley (Saskatchewan) Visite amicale de Colin et Conrad Bevan, de Kindersley Air Spray (Saskatchewan) L’équipage devant un ancien hangar militaire à Swift Current (Saskatchewan)

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