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MAI / JUIN 2024 55 AQTA écoles québécoises en matière de recrutement pour les étu- diants internationaux et canadiens qui ne maîtrisent pas le français : ils craignent de ne pas pouvoir concilier les exi- gences académiques et techniques rigoureuses de la forma- tion en pilotage avec l’apprentissage accéléré d’une langue étrangère 12 . Deux questions se posent : pourquoi l’AEC est-elle nécessaire aux étudiants internationaux et pourquoi ne pas concentrer ses efforts de recrutement au Canada? En voici la réponse. Partout au pays, hormis le Québec, un diplômé d’une école de pilotage ayant suivi « un cours de pilotage dans un centre de formation d’EED et [étant] titulaire d’une licence canadienne de pilote professionnel » 3 peut faire une demande de permis de travail post-diplôme (PTPD). La règle n’est pas la même pour les diplômés des écoles de pi- lotage québécoises : en plus de la règle mentionnée ci-haut, ces derniers doivent également répondre à d’autres exigences, entre autres, avoir suivi un programme d’études menant à l’obtention d’une attestation d’études collégiales (AEC) 4 . Sans ce diplôme, ils ne peuvent obtenir le PTPD et devront retour- ner dans leur pays d’origine. Le problème se dessine : un étudiant inscrit dans un pro- gramme enseigné, en tout ou en partie, dans une autre langue que le français, doit désormais démontrer un « niveau suf f i- sant de connaissance du français » pour pouvoir obtenir son AEC, et par conséquent, son PTPD. Dans un contexte déjà tendu par une pénurie de main-d’œu- vre, les récentes exigences linguistiques imposées aux étu- diants internationaux exacerbent les dé f is existants. Ces critères obligent désormais les étudiants non francophones à attester d’un niveau de maîtrise du français oral et écrit, res- pectivement de niveau 7 et de niveau 4 sur une échelle de 12 : un impératif complexe et chronophage pour leur diplomation. En d’autres mots, leur avenir au Canada ne dépend pas seule- ment de la réussite de leur programme, mais de l’apprentis- sage d’un niveau très élevé de français. Certains étudiants ne peuvent pas, ou ne veulent pas porter cette incertitude et pré- féreront se tourner vers une autre province, mais peut-être aussi vers un autre pays. Cette dif f iculté de recrutement aura également un impact sur notre capacité d’embauche d’instructeurs de vol. En effet, nous constatons que plusieurs étudiants internationaux ayant com- plété leur formation au Québec démontrent de l’intérêt pour

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