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MAI / JUIN 2024 56 AQTA travailler comme instructeurs de vol dans les différentes écoles de pilotage. Il est d’usage pour les compagnies aé- riennes de ne pas embaucher de pilotes ayant peu d’expé- rience avec un permis de travail. Elles exigent, pour la plupart, un nombre substantiel d’heures de vol et le statut de résident permanent. Ainsi, les collèges sont des employeurs de choix pour ces diplômés qui aspirent à intégrer les lignes aériennes au Canada. En travaillant au sein de nos collèges, ils cumulent non seule- ment des heures d’expérience pour leur embauche dans une compagnie aérienne, mais également pour être admissibles au statut de résident permanent. Devant la pénurie de main- d’œuvre dans notre milieu, les pilotes de nationalité cana- dienne n’ont aucune dif f iculté à se trouver un emploi dans les lignes aériennes et les collèges n’ont pas de systèmes de ré- tention assez grands pour que ces pilotes restent dans nos col- lèges comme instructeurs. Ainsi, les étudiants internationaux sont nécessaires aux écoles de pilotage. Une baisse du nombre de ces étudiants dans nos collèges met en péril notre capacité à continuer à former des pilotes d’avion puisque nous n’aurons plus assez d’instruc- teurs pour former les pilotes et tenter de répondre à la de- mande croissante des compagnies aériennes. Ces mesures de délivrance de l’AEC s’appliquent aussi à tous les étudiants anglophones ou allophones issus d’une autre province du Canada, inscrits dans un programme offert dans une autre langue que le français, en l’occurrence, en anglais. En d’autres mots, un étudiant canadien voulant étudier le pi- lotage au Québec devrait se soumettre à l’examen de français pour l’obtention de son attestation d’études collégiales au terme de son programme. Plusieurs étudiants canadiens veulent étudier le pilotage dans nos établissements d’enseignement supérieur pour différentes raisons : le gage de qualité de la formation offerte par nos ins- titutions, l’obtention d’un diplôme de niveau postsecondaire et l’accessibilité aux mesures d’aide f inancière offertes par les provinces pour les études. Cet enjeu de la réussite du français est extrêmement dissuasif pour ces étudiants. Cela nous ap- paraît être une inégalité pour un Canadien anglophone : ces étudiants devraient pouvoir être exemptés de cette exigence, au même titre qu’un étudiant québécois anglophone admissi- ble à l’enseignement en anglais. D’autre part, rien n’entrave leur possibilité d’opter pour des études en pilotage dans une province anglophone du Canada et, par la suite, de travailler au Québec puisque compte tenu des règles fédérales en matière d’aéronautique, les pilotes d’avion peuvent travailler en anglais au Québec. Pour nos col- lèges spécialisés, la perte de cette clientèle représente un pré- judice non seulement pour nos établissements, mais également pour l’économie dans son ensemble. Notre profession est déjà soumise à des normes sur les com- pétences linguistiques. En effet, « la démonstration de compé- tence linguistique en aviation de Transports Canada évalue les capacités linguistiques dans le domaine de l’aviation, en fran- çais et/ou en anglais » 5 en utilisant l’échelle de compétence linguistique de l’OACI (Organisation de l’aviation civile inter- nationale) qui évalue 6 dimensions : la prononciation, la struc- ture, le vocabulaire, l’aisance, la compréhension et l’interaction. Le niveau exigé pour obtenir une licence est de « fonctionnel » 6 . Le gouvernement du Québec a tout avantage à reconnaître la singularité de l’aviation qui a, pour des raisons de sécurité maintes fois démontrées, fait de l’anglais la langue du métier et l’expertise de l’OACI sur l’évaluation de la langue pour garantir que le pilote a une connaissance suf f isante dans le cadre de sa profession. De plus, il est important de souligner que le 6 juin 1946, Montréal a été choisie comme étant le siège permanent de l’organisation, du fait de la qualité de l’accueil des autorités gouvernementales et pour son énorme potentiel de développement économique, scienti f ique, technique et aé- ronautique. C’est pourquoi il est impératif que le gouverne- ment se penche sur ces pistes de solutions réglementées à l’international. En conclusion, la nouvelle réglementation intégrée à la Charte de la langue française, imposant des exigences linguistiques plus strictes pour l’obtention de l’attestation d’études collé- giales (AEC) dans les collèges de pilotage du Québec, crée des dé f is signi f icatifs pour les étudiants internationaux et cana- diens. Ces exigences, bien qu’ayant pour objectif de promou- voir l’intégration linguistique et culturelle, soulèvent des questions sur leur pertinence et leur impact sur l’industrie de l’aviation au Canada. Il est crucial de trouver un équilibre entre la promotion de la langue française et le maintien de la com- pétitivité et de l’accessibilité des collèges de pilotage du Qué- bec. Une ré f lexion approfondie sur ces questions est nécessaire pour assurer l’avenir de l’industrie de l’aviation au Québec et au Canada. 1 Description: La personne comprend et communique sur des su ‐ jets d’intérêt général ou des sujets spéci f iques dans des conver ‐ sations ou des présentations. Elle échange des propos concrets au moyen de constructions syntaxiques parfois complexes. Elle utilise un vocabulaire varié. La personne comprend et utilise des verbes au plus ‐ que ‐ parfait, une variété de verbes au condition ‐ nel présent, des comparatifs et des superlatifs, des hypothèses irréelles sur un fait présent ou futur avec « si ». 2 Gouvernement du Québec. (2023) Échelle québécoise des ni ‐ veaux de compétence en français. Disponible sur : https://cdn ‐ contenu.quebec.ca/cdn ‐ contenu/adm/min/langue ‐ francaise/fr /publications/referentiel/echelle_ niveaux_competence_2023.pdf. Consulté le 10 janvier 2024. 3 Gouvernement du Canada. (2023) Travailler au Canada après l’obtention de votre diplôme : Qui peut présenter une demande? – Cas spéciaux. Immigration et Citoyenneté. Disponible sur : h t t p s : / /www. canada . ca/ f r / immi g ra t i on ‐ re f ug i e s ‐ citoyennete/services/etudier ‐ canada/travail/apres ‐ obtention ‐ diplome/admissibilite.html#pilotage. Consulté le 28 novembre 2023.
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