V28N2

MARS / AVRIL 2024 55 HISTOIRE qu’environ 2500 missiles anti-aériens auraient visé le SR-71 sans jamais parvenir à l'atteindre! Au Pima Air & Space Museum Lockheed a construit ce deuxième prototype de SR-71 avec un faux numéro de série, initialement attribué au A-12 Oxcart de la CIA. Il est donc né de cette fausse série utilisée avec des nu- méros-bidons. C’était pour tromper le public en lui faisant croire qu’en fait ce SR-71A était un quatrième YF-12! Le 5 mars 1965, l’avion vole pour la première fois. Jusqu'au 27 octobre 1978, ce SR-71A (64-17951) du musée, sert de vé- hicule d'essais de propulsion pour la NASA. Par la suite, trans- féré à l'USAF, il effectue un dernier vol le 22 décembre 1978. Bien qu’il fût atypique pour un travail de reconnaissance, car il était équipé avec trop d’équipements et d’instruments de bord, ce SR-71 aura quand même cumulé 796,7 heures de vol. Il est ensuite entreposé jusqu'en 1990 à l'Air Force Plant 42 (AFP42), un site militaire aérospatial de l’USAF, à Palmade en Californie. Mais il ne restera pas longtemps dans ce hangar. Il sera démonté et transporté par la route pour a f in arriver au Pima Air & Space Museum qui fait partie du Loans Program of National Museum of the United States Air Force de Wright Field, à Dayton en Ohio. Puisque ce SR-71 pouvait changer certaines de ses con f igura- tions avioniques, il a été très intéressant de visualiser cer- taines de ses composantes ou sections. Le système SLAR (Looking Airborne Radar) et l'ASARS-1, tous deux des sys- tèmes d'imageries cartographiques au sol, pouvaient collecter des données, et ce, dans des bandes f ixes situées à gauche ou à droite de la ligne centrale ou à partir d'un emplacement ponctuel où une résolution plus élevée fut souhaitée. Par exemple, en passant par le travers d'un hangar d'avions à portes ouvertes, l'enregistrement ASARS-1 pourrait fournir des données signi f icatives sur celui-ci, vide ou pas. Exceptionnellement, tout près du SR-71, Magazine Aviation note en même temps la présence d’un Lockheed D-21, nommé Q-12, ce drone de reconnaissance supersonique. Initialement conçu pour être lancé à partir d'un Lockheed M-21, variante du A-12 Oxcart, le drone s’exécutait avec une vitesse maximale dépassant Mach 3,3 sous un plafond de 27 000 m. Son déve- loppement a démarré en octobre 1962. Conçu pour la recon- naissance profonde dans le territoire ennemi, le D-21 pouvait emporter une caméra haute résolution au-dessus d'un chemin prédé f ini, relâcher le module de la caméra dans les airs qui pouvait ensuite être récupéré et f inir ses jours par son auto- destruction. Au Pima Air & Space Museum, après une restauration récente, le SR-71, ce bel oiseau noir mythique, avec sa taille impres- sionnante, se dresse f ièrement tel un joyau précieux parmi l'une des plus grandes collections aérospatiales au monde. Pouvoir le toucher et l’examiner sous ses formes aérodyna- miques demeure une expérience unique que bien des passion- nés d’aviation n’oublieront jamais. Car dans le domaine de la reconnaissance stratégique américaine, le SR-71 demeurera toujours ce valeureux et légendaire avion furtif, qui en son temps en aura surpris plus d’un… Mais le souvenir du SR-71 Blackbird ne s’estompera jamais. Il reste inchangé, car modi f ié ou pas, il survit aujourd’hui grâce à plusieurs f ilms cultes ou jeux vidéo. Q Le moteur Pratt-&-Whitney J58 du SR-71 Blackbird. Crédit photo : Martin Cormier L’une des verrières du SR-71 Blackbird. Crédit photo : Martin Cormier Vue de l’Airborne radar SLAR Nose du SR-71 Blackbird. Crédit photo : Martin Cormier

RkJQdWJsaXNoZXIy NDY5MjU=