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• Volume 38 Numéro 2 44 7341 Durabilité et quali té exceptionnelle s ACHETEZ CANADIEN 30 années d’expérien ce les animaux. À leur tour, les économies pourraient également être touchées, en particulier celles qui concernent l’agriculture et les pêcheries. Si ces effets devaient se poursuivre, l’Europe, les pays de l’Atlantique Nord et certaines parties de l’Amérique du Nord pourraient connaître de longues périodes de gel. Au début de jan- vier 2023, il a neigé dans le nord de l’Espagne. Cependant, si les courants océaniques s’arrêtaient en raison du réchauffement cli- matique, les températures seraient également affectées par d’autres aspects du phénomène de réchauffement climatique. Grâce à la recherche scienti f ique, on sait que l’AMOC est le moteur qui pilote cette circulation globale. Dans l’AMOC, une bande étroite d’eau chaude et salée dans les tropiques près de la Floride — le Gulf Stream — est transportée vers le nord, près de la surface, dans l’Atlantique Nord. Lorsqu’il atteint la région du Groenland, le Gulf Stream se refroidit suf f isamment pour devenir plus dense et plus lourd que les eaux environnantes, de sorte qu’il s’enfonce dans les profondeurs océaniques. Cette eau froide est ensuite transportée vers le sud par des courants profonds. La fonte de la glace et l’af f lux d’eau douce qui en résulte dans l’At- lantique Nord constituent un facteur important qui contrôle la vitesse de l’AMOC. En effet, l’eau douce est moins salée, donc moins dense, que l’eau de mer, et elle ne coule pas aussi facile- ment. S’il y a trop d’eau douce, l’AMOC perd de son énergie. Selon les scienti f iques, c’est probablement ce qui se passe à l’heure actuelle. La cause se trouve dans l’Arctique où la glace fond plus vite à cause du réchauffement climatique causé par les activités humaines. A f in d’évaluer le ralentissement spectaculaire de l’AMOC, les chercheurs ont compilé des données fournies par la nature comme les sédiments océaniques et les carottes de glace remon- tant à plus de 1 000 ans. Ils ont pu ainsi reconstruire l’historique de l’AMOC. La mutualisation de trois types différents de données a été mise en œuvre pour obtenir des informations sur l’histoire des courants océaniques : 1) les modèles de température dans l’océan Atlantique, 2) les propriétés de la masse de l’eau sous la surface de l’océan et 3) la taille des grains des sédiments des grands fonds datant de 1 600 ans. Bien que chaque élément de ces données ne soit pas une représentation parfaite de l’évolution de l’AMOC, leur mutualisation a donné une bonne image de la cir- culation océanique méridienne dans l’Atlantique. Les résultats de l’étude montrent que l’AMOC a été relativement stable jusqu’à la f in du 19 e siècle. Le premier changement impor- tant est intervenu au milieu des années 1800, après le Petit âge glaciaire entre les années 1400 et 1800. À la f in du Petit âge glaciaire vers 1850, les courants océaniques ont commencé à s’af- faiblir, avec un deuxième déclin plus marqué après le milieu du 20 e siècle, probablement en raison du réchauffement climatique provoqué par la combustion de combustibles fossiles. Neuf des 11 ensembles de données utilisés dans l’étude ont montré que l’affaiblissement de l’AMOC au 20 e siècle est statistiquement sig- ni f icatif, ce qui prouve que le ralentissement est sans précédent à l’ère moderne. L’affaiblissement de l’AMOC se répercute déjà sur le système cli- matique des deux côtés de l’Atlantique. Du côté américain, on ob- serve une augmentation du niveau de la mer dans des lieux comme la Floride, New York et Boston. En Europe, les effets se font sentir sur les conditions météorologiques avec modi f ication de la trajectoire des tempêtes venant de l’Atlantique, ainsi que les vagues de chaleur en été. Selon la dernière étude, ces impacts continueront probablement de s’aggraver avec le réchauffement à venir de la planète, la pour- suite du ralentissement de l’AMOC, avec des événements météorologiques plus extrêmes comme un changement de trajec- toire des tempêtes hivernales au large de l’Atlantique et des tem- pêtes potentiellement plus intenses. Les auteurs d’autres études pensent que si nous restons en dessous de 2 degrés Celsius de réchauffement climatique, il sem- ble peu probable que l’AMOC s’arrête dé f initivement. En revanche,

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