V27N6

10 jours pour ce voyage. Le parcours en vol peut s’effectuer en une journée, mais quelle journée! Il faut que la météo soit clémente et, surtout, il faut espérer que les vents ne seront pas trop contraires à la trajectoire. En hiver, on constate malheu- reusement que les vents dominants en altitude (6000 à 9000 pieds) souf f lent fréquemment du sud-ouest, nous pro- curant donc une composante ouest-sud-ouest. Si cela est possible, je vous suggère de choisir comme jour de départ le lendemain d’une tempête de neige ou du passage d’une dépression. En effet, et vous l’avez sûrement constaté, les lendemains de chutes de neige nous procurent souvent un ciel clair, de l’air froid et sec et des vents assez forts souf f lant depuis le nord-nord-ouest. C’est ce que je fais personnelle- ment encore lorsque c’est possible. Ainsi, je béné f icie de vents de dos de plus de 30 nœuds depuis Montréal jusqu’en Virginie. Ce n’est pas négligeable. Dépendamment des performances de votre appareil, il faudra compter facilement une dizaine d’heures de vol pour atteindre la Floride avec, en route, deux à trois escales. Une option inté- ressante est de faire un arrêt pour une nuit après les deux tiers de la route déterminée pour vous reposer et, pourquoi pas, vi- siter un endroit hors des sentiers battus. Quels sont les prérequis pour tenter l’expérience? D’abord et avant tout, détenir une PPL en règle avec un certi f icat médical valide, avoir accumulé une expérience appréciable en tant que pilote commandant, avoir déjà effectué des vols voyages de plus de deux heures et avoir composé avec des conditions météo pas toujours idéales. Idéalement, avoir déjà effectué des trajets vers des destinations situées aux États-Unis et avoir connu une fois ou deux l’expérience du dédouanement. Une annotation permettant le vol VFR au-dessus des nuages est un « plus » si vous n’êtes pas IFR. Également, il conviendra d’être à l’aise avec la navigation dans des régions de contrôle et de pouvoir bien communiquer avec les contrôleurs aériens. Parler anglais et bien le comprendre est essentiel, voire indis- pensable. Il conviendra également, et cela me paraît essentiel, de vous assurer que votre aéronef est en parfait état de fonctionne- ment; la première chose à éviter étant évidemment de devoir interrompre le voyage pour un problème mécanique ou autre dans un aéroport inconnu, loin de nos ressources de mainte- nance et d’entretien habituelles. À tout événement, je vous re- commande d’emporter une trousse d’outils de base, un nettoyant à pare-brise ainsi qu’un ou deux litres d’huile à mo- teur (ne pas tenir pour acquis que l’aéroport de ravitaillement en aura de disponibles). Accessoirement, il serait sage de vous munir d’un appareil de localisation personnel (pour ma part, j’ai toujours un PLB à bord), d’un cellulaire bien chargé et d’un dispositif pouvant faire of f ice de toilette portative, surtout si vous avez pris un café de trop avant le départ… Prudence exige, il sera également souhaitable d’avoir à bord une trousse de base de survie adaptée au climat hivernal mon- tagneux. En effet, votre premier segment de vol s’effectuera NOVEMBRE / DÉCEMBRE 2023 13 AÉROTOURISME En route vers le Sud, près de Daytona Beach. Rue animée de San Fernandina, sur Amelia Island.

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