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JUILLET / AOÛT 2023 55 HISTOIRE meilleurs pilotes possible qui leur avait donné la victoire. Kleiss précise qu’ils étaient fort probablement de bien meil- leurs pilotes que leurs adversaires et que si la chance avait joué un rôle, c’était plutôt celui de permettre à quelques-uns de revenir combattre le jour suivant alors que bien d’autres ne revenaient pas de mission. Descendre en piqué pendant de longues secondes est une ma- nœuvre que tout pilote sensé appréhenderait d’accomplir! Alors, concevoir un avion, non seulement capable de le per- mettre, mais également de résister à la force G de la ressource pour le rétablir en vol à l’horizontale est un double dé f i. Ce dé f i, c’est la compagnie Northrop qui l’a relevé dès 1935. Puis en 1937, la compagnie Douglas reprit le projet sous la direc- tion de l’ingénieur Ed Heinemann. Le SBD-1 f it son premier vol le 1 er mai 1940. Aspect notoire et unique dans la concep- tion du SBD : ses doubles volets fendus perforés distinctifs. Au cours des premiers tests de manœuvres de piqué avec des vo- lets pleins, la queue de l’appareil était secouée par de forts tremblements. Pour pallier ce problème, les ingénieurs eurent l’idée de perforer les volets de trous de 3 po de diamètre. On avait ainsi de véritables freins de plongée très ef f icaces, stabi- lisant la vitesse de descente à 445 km/h (240 nœuds) en sui- vant un angle de 70 degrés. D’autre part, comme la structure des ailes devait être la plus robuste possible pour pouvoir en- caisser l’énorme force G gravitationnelle lors de la ressource à la suite du piqué, et aussi pour une question de poids, lui donner des ailes repliables n’était pas une option. À noter qu’une version sans crosse d’appontage pour usage terrestre s’appelait le Banshee A-24. Voici les spéci f ications du SBD, SB pour Scout Bomber, D pour Douglas : il devait jouer le rôle de reconnaissance et de bom- bardement en piqué. Il avait un équipage de deux personnes : le pilote et, derrière lui, un opérateur radio pouvant défendre l’avion avec une double mitrailleuse de calibre .30 po à 2000 coups. L’opérateur avait accès à une double commande de l’avion a f in de pouvoir le manœuvrer si le pilote était abattu. Le pilote, pour sa part, pouvait déclencher deux mitrailleuses f ixes de calibre .50 po à 720 coups, insérées sur le capot mo- teur. L’avion était équipé d’un moteur Wright R-1820 de neuf cylindres en étoile, d’une puissance de 1200 chevaux. Son en- vergure était de 12,65 mètres. Il mesurait 10 mètres de long et 4 mètres de hauteur. Pesant environ 3 tonnes à vide, il pou- vait atteindre 4,8 tonnes en pleine charge au maximum. Les SBD-2 et SBD-3 pouvaient emporter jusqu’à 2250 livres de bombes. Contrairement au SBD-2, le SBD-3 avait des réser- voirs auto-obturants. L’avion était lent, sa vitesse de croisière seulement de 300 km/h. Au total, 5936 Dauntless et Banshee furent construits à El Segundo près de Los Angeles en Califor- nie. Le Dauntless a coulé plus de 300 000 tonnes de bateaux en- nemis, dont cinq porte-avions. Les Américains le surnom- maient Slow But Deadly (lent mais mortel). Après la guerre, le Corps des marines a continué de l’utiliser. Dans les années 50, les Français s’en sont servi pendant la guerre d’Indochine. Au- jourd’hui, il ne reste qu’un seul SBD Dauntless ayant participé à la bataille de Midway. Il est exposé au Musée national de l’Aviation militaire à Pensacola en Floride. Sa restauration a nécessité de boucher plus de 200 trous de projectiles dans son fuselage! Seuls deux SBD Dauntless sont encore en état de vol aux États-Unis : celui du Planes of Fame Air Museum à Chino en Californie, un SBD-5 ayant servi sous les couleurs de la Force aérienne royale néo-zélandaise pendant la bataille du Paci f ique; et plus près de nous, un autre SBD-5 stationné à la base de la Commemorative Air Force à Peachtree en Georgie, à bord duquel le public peut s’offrir un vol de 20 minutes pour la somme de 1 000 $ US. Dans la prochaine partie, nous parlerons de Jack « Dusty » Kleiss, l’auteur du livre Never Call Me a Hero (Ne m’appelez jamais un héros) et du SBD Dauntless en action pendant la ba- taille de Midway. Q Les volets de plongée du SBD sont très visibles ici. – Photo Yan Côté Le SBD Dauntless du Pacific Aviation Museum à l’île d’Ohau à Hawaï. – Photo Pierre Lapprand Le SBD du Musée national de l’Aviation militaire à Pensacola en Floride (www.navalaviationmuseum.org)
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