V27N1
JANVIER / FÉVRIER 2023 61 HISTOIRE mières longues traversées océaniques de 17 heures en vol de Paris à New York. Il y avait d’ailleurs deux escales : l’une à Shannon en Irlande et l’autre à Gander chez nous au Canada. Habituellement deux ingénieurs mécano étaient à bord a f in de se relayer toutes les deux ou trois heures. Le prototype du Super Constellation, dérivé du Constellation, f it son premier vol le 13 octobre 1950. Mesurant 5,57 mètres supplémentaires, son pare-brise fut redessiné pour une meil- leure visibilité et ses gouvernes (semi-hydrauliques) de direc- tion y sont plus grandes. Ses dimensions sont impressionnantes : envergure de 37,62 m, longueur de 35,41 m et hauteur de 7,54 m. Sans surprise, le Super Constellation est considéré comme le plus beau des avions de ligne à hélice. Sa cabine pressurisée apportait un grand confort à bord. Mais les avions à hélice furent progressivement rem- placés par ceux à réaction. Ainsi, le « Connie » n’y a pas échappé. Il a été détrôné par le Boeing 707. Parlons des moteurs. Le Super Constellation était muni de quatre moteurs à trois turbocompresseurs Wright 972TC18- DA3 de 3250 chevaux chacun, lui donnant toute la puissance nécessaire pour permettre à ses 62 tonnes de prendre l’air. Ils lui permettaient d’atteindre une vitesse de croisière de 505 km/h à 6300 mètres d’altitude et d’avoir une distance franchissable de 6400 km. Imaginez, l’avion emportait 25 700 litres d’essence enrichie à 135 octanes, répartis dans sept ré- servoirs : un central et trois dans chacune des ailes. En croi- sière, par heure, il consommait 1800 litres d’essence et chaque moteur, muni d’un réservoir de 893 litres d’huile, en consom- mait de 40 à 50 litres. De là la nécessité d’escales pour les longs parcours. C’est la version luxueuse de 48 places que l’Amicale du Super Constellation restaure à Nantes. Leur travail est si magni f ique- ment effectué que leur avion, le F-BGNJ, a été classé au titre des Monuments historiques en 2001. Cela le protège et, certes, oblige une restauration rigoureuse. Mais il subit jour après jour une dégradation due aux éléments que seul un hangar pourrait contrecarrer. C’est pourquoi l’Amicale sollicite les dons et cherche activement des mécènes et sponsors. Elle re- cherche aussi plusieurs instruments d’avionique d’époque, mais sa priorité des priorités est de lui trouver un abri le plus rapidement possible. Pour les aider ou en savoir plus, svp consultez leur site web à : superconstellation-nantes.fr. Prochaine partie, l’historique du F-BGNJ. Poste de travail de l’ingénieur mécano. Notez les voyants lumineux allumés. Photo Joanne Martel Moteur en étoile (18 cylindres) Wright de 3250 chevaux, un dérivé de celui qui équipait les superforteresses B-29. Photo : Pierre Lapprand
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy NDY5MjU=