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JANVIER / FÉVRIER 2023 62 DÉBATS Un financement endossé pour la formation des pilotes John McKenna | Président et chef de la direction, Association du transport aérien du Canada | www.linkedin.com/in/JohnMcKenna-ATAC L 'industrie aéronautique se remet lentement de la pandé- mie, les f lottes sont de nouveau en ligne pour répondre à la demande de voyages refoulée, les mises à pied annulées, et le nombre de passagers se rapproche des niveaux prépandé- miques. De plus, nous assistons à l'émergence de transpor- teurs low cost sur le marché et de nouvelles liaisons offertes par les transporteurs desservant les principales plaques tour- nantes vers les marchés régionaux, y compris les régions nor- diques et éloignées. Les opérateurs ajoutent de nouveaux avions pour desservir ces nouvelles routes. Malheureusement, ces efforts sont limi- tés par le manque de pilotes et de personnel de maintenance. De plus, l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation fé- dérale sur la gestion de la fatigue entravera sérieusement ces initiatives en exigeant désormais 30 % plus d'équipage pour la même offre de service. La pénurie de pilotes a un sérieux effet d'entraînement sur l'industrie de la formation au pilotage. Les écoles de pilotage sont à la base de l'aviation et dépendent d'équipes d'instruc- teurs de vol compétents pour former la prochaine génération d'élèves-pilotes. Alors que la communauté aérienne recherche des pilotes expérimentés, la cible principale pour les pilotes quali f iés potentiels s'est maintenant concentrée sur les ins- tructeurs de vol les plus expérimentés. La progression des instructeurs vers l'industrie du transport aérien est courante dans l'aviation canadienne, mais elle avait diminué en raison du ralentissement des vols de l'aviation commerciale pendant la pandémie. Malheureusement, la pra- tique d’embaucher les instructeurs les plus expérimentés s'est ampli f iée depuis la reprise. Certaines écoles de pilotage mem- bres de l'ATAC signalent qu’elles vont perdre quelque 50 % de leurs instructeurs de vol au pro f it des transporteurs aériens au cours des six prochains mois. Les perspectives du marché du travail publiées par les gouver- nements fédéral et provinciaux prévoient d'importantes pé- nuries de pilotes et de personnel de maintenance au cours des dix prochaines années ainsi qu'une forte concurrence avec d'autres secteurs où la demande pour la main-d’œuvre quali- f iée continuera d'être élevée. La solution pour remédier à cette situation de pénurie de res- sources quali f iées est d'attirer plus de candidats dans les écoles de pilotage partout au Canada. Le décalage entre la for- mation initiale au pilotage et l’employabilité peut être de plu- sieurs années, surtout pour l’atteinte des compétences et les quali f ications requises pour piloter de gros porteurs. Cepen- dant, le Canada a l’avantage de jouir d’une excellente réputa- tion et de beaucoup de succès dans la formation d'instructeurs de vol compétents. Le message que transmettent régulièrement les jeunes inté- ressés par une carrière en aviation est que le principal obsta- cle à l'accès à la formation de pilote professionnel est la dif f iculté d'obtenir des fonds sous forme de prêts et bourses. Le soutien du gouvernement est indispensable pour offrir à nos plus brillants et talentueux jeunes la possibilité de pour- suivre cette importante carrière si nous voulons éviter une grave pénurie de pilotes dans ce pays. L'ATAC déposera sous peu auprès du ministre fédéral des Fi- nances une proposition visant à fournir une garantie d'arrêt aux étudiants-pilotes, ce qui devrait faciliter l’accès au f inan- cement privé à taux compétitifs pour la formation des pilotes et de la maintenance. Les formations de pilotes et de personnel de maintenance en aéronautique sont des programmes professionnels avec un taux d'employabilité élevé qui nécessitent un niveau de f inan- cement approprié pour permettre aux candidats de poursui- vre ces carrières. Une autre considération importante est qu'une plus grande disponibilité de f inancement améliorerait considérablement la capacité du secteur de l'aviation à attirer vers le pilotage les candidats autochtones et candidates fémi- nines. Actuellement, seulement 5 à 7 % des pilotes commer- ciaux au Canada sont des femmes. Ce sont des professions à forte demande et les écoles de pilo- tage du Canada ont la capacité de former les pilotes compé- tents requis par les compagnies aériennes canadiennes pour répondre à la demande du public voyageur. La proposition de l'ATAC contrôlerait l'accès aux prêts garantis des candidats préquali f iés et établirait un accès graduel aux fonds au fur et à mesure que l'élève-pilote atteint des jalons prédéterminés dans sa formation. La présélection des candidats approuvés, l'accès progressif à des fonds garantis et le quasi-plein emploi éliminent large- ment le risque f inancier du gouvernement fédéral. Il s'agit d'une solution à coût quasi nul pour le gouvernement que l'in- dustrie et le gouvernement fédéral devraient mettre en œuvre le plus rapidement possible. Les barrières f inancières sont réelles et doivent être levées si nous voulons former la prochaine génération de pilotes cana- diens. Si nous ne pouvons surmonter le dé f i du f inancement affectant l'offre de pilotes, les compagnies aériennes n'auront d'autre choix que de réduire ou de supprimer le service aux communautés et aux marchés régionaux qui dépendent du transport aérien comme bouée de sauvetage. Q
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