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JANVIER / FÉVRIER 2023 60 Photos et texte par Pierre Lapprand Super Constellation cherche abri! 1 re partie Un véritable trésor aéronautique se trouve juste à côté de l’aéroport de Nantes, dans la région des Pays de la Loire, en France, que j’ai eu l’opportunité de visiter. Il s’agit du Lockheed Super Constellation nº 4519 (version L-1049 G immatriculé F-BGNJ) qu’un groupe de bénévoles chevronnés restaure dans sa version originale de 1953 lorsqu’il parcourait les longues distances des vols intercontinentaux. HISTOIRE L’avion est rare Non seulement il est rare, étant l’unique exemplaire de la ver- sion à 48 places qui existe encore de nos jours, mais en plus il est splendide d’élégance avec ses lignes courbées. Son nez est arrondi, et non pointu, n’ayant pas à cacher un radar comme dans les versions ultérieures. Ses ailes sont relevées aux ex- trémités et ne se terminent pas par des réservoirs supplémen- taires (les saumons) également ajoutés aux versions ultérieures. À l’arrière, le fuselage remonte en pente douce pour se terminer magni f iquement par un empennage à trois dérives. Juché très haut sur son train d’atterrissage, on dirait qu’il vole déjà. Le célèbre architecte Le Corbusier, lors d’un vol à bord du F-BGNJ, s’était exclamé : « Je vole à bord du dauphin des airs! » C’est avec honneur et respect qu’on s’assoit aux commandes de cet avion mythique où toute l’électricité fonctionne de nou- veau et de voir tous ces voyants allumés. On a l’impression que la tour de contrôle va nous donner l’autorisation de décoller! Le f ilage électrique est changé, les plafonniers s’allument, la ventilation fonctionne et, comme à l’époque, on peut appeler l’un des deux stewards ou hôtesses de l’air en service. Leur panneau s’allume et le « Ting » de la cloche retentit! On peut aussi allumer les feux de position, y compris le gyrophare ven- tral. Bref, on est opérationnel! Dans ces années-là, on ne se préoccupait pas de répercussions écologiques, mais plutôt de raccourcir le temps des voyages transatlantiques. Alors qu’un paquebot mettait quatre jours pour traverser l’Atlantique, le Constellation, puis le Super Constellation prenaient moins de 20 heures pour le faire. Ce sont ces avions qui ont eu ce rôle primordial d’ouvrir les liai- sons régulières des vols transatlantiques, affrétant six ver- sions passagers différentes de 32 à 87 sièges. Un équipage de cinq personnes était nécessaire pour faire fonctionner ces quadrimoteurs : pilote, copilote, navigateur, radio et ingénieur mécano. On disait de ce dernier qu’il avait la plus grosse tâche, c’est-à-dire la responsabilité de se concentrer continuellement sur le bon fonctionnement de chaque moteur, faisant de constants contrôles et ajustements. Imaginez ce que cela devait lui demander pendant les pre- Le cockpit est complètement res- tauré et comporte des com- mandes écr i tes en f rança i s . Photos Joanne Martel Poste de travail du navigateur, qui disposait aussi d’un sextant qu’on passait par une petite ouverture dans le plafond de l’avion. Photos Joanne Martel

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