V27N1
Quelques in f os techniques Le CH77 Ranabot est l’évolution – mais point l’aboutissement, car le constructeur, étroitement secondé par M. de Quillacq, est perpétuellement en quête d’innovations – des modèles pré- cédents (cités plus haut dans l’article). Grosso modo, cet héli- coptère est gros comme un Robinson R22. Là s’arrête la comparaison, car point de Lycoming O-360, mais un Rotax 914, modi f ié par Epapower – un préparateur italien de renommée internationale. Pas de cyclique à balancier non plus, mais 2 manches traditionnels. À propos, le plateau cy- clique s’apparente davantage à celui d’un Enstrom. On le trouve donc à l’intérieur de l’espace moteur (intégralement ca- réné), connecté à la BTP (fabriqué par un sous-traitant d’Agusta ( TBO f ixé à 800 heures) et non sous le rotor principal (les commandes passant dans l’arbre). Les pales principales, construites (sandwich de carbone pré-imprégné) dérivent de la technologie Eurocopter. La cabine harmonieusement pro f i- lée (look Pininfarina), tout composites, comporte 2 portes sé- curisées mécaniquement et électroniquement. L’ensemble repose sur un cadre tubulaire, maintenu sous pression. Lors de la visite pré-vol, une simple lecture du manomètre analo- gique intégré permet de détecter toute défectuosité. De sur- croît, une fuite d’azote déclenchera une alarme sonore doublée d’une visuelle sur l’écran multifonction de série. Impossible dans ce Coup de Cœur de faire l’inventaire technique complet du CH77 Ranabot ! Cependant, notons encore l’implantation d’un intercooler, d’un double allumage électronique, d’un sys- tème d’injection avancé, d’annonces vocales (check-lists, alertes, etc.), d’options disponibles (skis, f lotteurs, treuil, ca- méra, etc.). La f inition et le service avant et après-vente méri- tent aussi une mention honorable. En vol, de cimes en cimes La base d’Helisport est à 3800 pi (1158 m). C’est plutôt haut pour décoller avec un hélico ultraléger. Pourtant, avec juste 60 % de puissance, le Ranabot de service, immatriculé 04HV, s’affranchit aisément de la gravité. Sur un cap ouest, en accé- lérant, son taux de montée se stabilise autour de 600 pi/min (3 m/sec). Puis Matthieu me fait la démonstration d’une as- cension verticale. Ça grimpe tout seul. Le turbo assure. À 6000 pi (1829 m), on s’offre même un stationnaire. Hors effet de sol s’entend. Pour voir. Dès lors, nous tutoyons la haute montagne. Tout ce qui n’est pas de la roche vive est recouvert de blanc. À 11 000 pi (3353 m) au-dessus du niveau de la mer (en l’occurrence, ici la Méditerranée), le biplace italien slalome impassiblement entre les cimes. Impressionnant. Reprenant fréquemment les commandes pour me démontrer le potentiel de son outil , l’aventurier De Quillacq – il a déjà rejoint le Groen- land, la Russie et même Oshkosh en vol. Parfois sans visa ! Sans parler de la Grande Muraille de Chine ou encore de l’Afrique (vidéos à l’appui) – aime jouer au guide. Partager. Entre nous, le courant passe. Plus loin, redescendus à 7264 pi (2214 m), voici Soleil-Bœuf – l’une des nombreuses crêtes dominant la vallée de l’Ubaye. À pied, avec piolet et crampons, comptez de 4 à 5 heures d’escalade ! Nous, cela fait à peine 20 min que nous sommes partis. On monte de nouveau pour rallier le Pain JANVIER / FÉVRIER 2023 17 COUP DE COEUR Le Rotax 914, préparé par Epapower, augmenté à 1400 cm3 (85,43 po3) et développant 130 ch. Au sommet du Pain de Sucre dans le massif d’Escreins.
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