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MAI / JUIN 2022 21 ANALYSE Mirabel ne fait guère mieux! En janvier 2021, ADM a imposé une augmentation astronomique de ses frais, entraînant une augmentation de 7000 % pour les deux écoles de pilotage de l’aéroport. Aucune école ne peut absorber des frais passant de 540 $ par année par avion à 38 000 $! On vient punir les écoles de pilotage, qui ont pourtant contribué au retour de la tour de contrôle grâce à leurs activités. Mirabel étant situé en zone ru- rale, il était pourtant l’aéroport parfait pour contrer l’intolé- rance auquel l’aéronautique fait face. Une action en justice a d’ailleurs été déposée pour contester ces frais. En attendant, l’avenir de la formation des pilotes sur le site de Mirabel est en suspens, et Montréal voit un autre de ses sites d’entraîne- ment disparaître. L’Académie de l’aéronautique a par ailleurs déménagé ses activités à l’aéroport de Cornwall, en Ontario. Selon le vice-président d’Aviateurs Québec, Gilles Lambert, « l’offre de formation est en chute libre ». On ne peut qu’être d’accord avec lui quand on regarde du côté de Saint-Frédéric- de-Beauce où l’entreprise Grondair Aviation a cessé ses acti- vités de formation au pilotage le 31 décembre dernier. Fondée en 1978, Grondair Aviation a subi un dur coup avec la pandé- mie, la majorité de sa clientèle provenant de l’étranger. On ne peut s’empêcher de noter la différence de discours entre les élus municipaux de Drummondville et de Saint-Frédéric, puisque Martin Nadeau, maire de Saint-Frédéric, a admis avoir été renversé par la fermeture de l’école de pilotage. « C'est un des f leurons de notre municipalité et de notre région. C'est évi- dent que c'est extrêmement dommage », souligne M. Nadeau. Il ajoute que la présence d'étudiants étrangers contribuait po- sitivement et économiquement à la région. « On parle de plu- sieurs dizaines d'étudiants chaque année qui logent dans la région et qui fréquentent nos commerces. Il y a une cohabita- tion vraiment positive. C'est déplorable », ajoute-t-il. Quel avenir pour nos aéroports et notre industrie? Force est de constater que la perception et la contribution des villes sont importantes sinon prépondérantes à la réussite des opérations sur un aéroport. Les villes qui ont saisi l’impact économique positif des activités aéroportuaires dans leur ré- gion ont su mettre en valeur leur aéroport. À cet effet, la ville de Saint-Hyacinthe a fait montre de leadership en of f icialisant, le 17 mars dernier, son appui à la corporation Aéroport de Saint-Hyacinthe et en lui offrant son soutien f inancier. Elle re- connait qu’un aéroport est essentiel à une communauté, que ce soit aux évacuations médicales, à la formation des futurs pi- lotes ainsi qu’aux entraînements pour les services essentiels, dont la lutte contre les feux de forêt et les recherches et sau- vetages. On a ici un bel exemple de l’implication d’une muni- cipalité auprès de son aéroport. Avec la mauvaise presse que subit l’aéronautique ces der- nières années, il est primordial de bien gérer la question so- nore et d’impliquer les citoyens dans la recherche de solutions satisfaisantes pour tous, à travers des comités ou d’initiatives qui l’impliquent. Certains aéroports ont eu des initiatives qui ont résulté par une harmonie des activités avec les citoyens ri- verains, notamment à travers l’éducation et la sensibilisation (expliquer c’est quoi un circuit, pourquoi un avion décolle de telle piste une journée et non de l’autre) et par des tests so- nores af f ichés en temps réel sur le site internet de l’aéroport. Ainsi, quand un citoyen a l’impression que l’avion est très bruyant, il peut ouvrir son appli et voir exactement de com- bien de décibels il s’agit exactement. Et vous savez quoi? La plupart du temps, le bruit d’une autoroute est plus élevé. Il faut également que l’aéronautique fasse son bout de chemin à travers d’initiatives qui invitent les citoyens. Des journées portes ouvertes d’entreprises aéronautiques ou d’aéroports, des envolées pour les jeunes, pour les femmes et pourquoi pas des séances d’information ou séminaires, ouverts et gratuits, feraient un bout de chemin dans cette direction. À l’heure où il y a une pénurie de main-d’œuvre et que plane à l’horizon une épidémie de pilotes, il faudrait que les déci- deurs s’arrêtent quelques minutes pour penser au futur de l’aéronautique au pays et comment protéger nos institutions et aéroports. Heureusement, les tribunaux ont tranché maintes et maintes fois en faveur du droit aéronautique, dont récemment à travers les jugements en faveur de Bel Air Avia- tion ainsi que ULM Québec. Q

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