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JANVIER / FÉVRIER 2022 62 Pour les trois prochains articles, je vous emmène dans l’Arctique canadien lors d’un contrat en juin dernier. J’ai passé un peu plus de trois semaines à Paulatuk pour un contrat de surveillance de caribous pour le compte du ministère des Ressources na- turelles des Territoires du Nord-Ouest. Pour ce premier article, je vais me concentrer sur mes premières journées du contrat. ENVIRONNEMENT Paulatuk, Territoires du Nord-Ouest (Première partie) Par Raphaël Jeansonne L e déploiement pour moi a commencé à Norman Wells où j’étais déjà sur un contrat de patrouille de feu. Mike, l’autre pilote de brousse de la compagnie, m’avait apporté le 185 sur roues après deux ans à le piloter sur skis/roues et sur f lot- teurs. C’était la première fois que je le pilotais simplement sur roues! La première journée consistait à me rendre à Inuvik a f in de rencontrer les biologistes, d’aller faire un vol de recon- naissance pour tester les antennes télémétriques et véri f ier la cache d’essence. Premier constat, les antennes fournies par notre compagnie n’étaient pas de la bonne fréquence, mais les biologistes avaient un kit de remplacement. Après un vol local pour tester les antennes, je me suis dirigé vers la péninsule de Nicholson où des barils de 100 LL avaient été déposés l’hiver précédent. Nous savions qu’ils n’étaient pas sur la piste, mais plus loin, le Twin Otter n’a pas été capable de se rapprocher en raison des rafales de neige. Nous voulions véri f ier leur position exacte et voir s’ils étaient utilisables. La péninsule de Nicholson est une station de la ligne DEW tou- jours active. Cependant, la piste n’est plus entretenue depuis longtemps. En arrivant au point GPS, je cherchais la piste. Comme vous pouvez le voir sur la photo, elle est presque dis- parue en dessous du sable. Je ne m’étais jamais posé sur du sable auparavant et j’ai alors pris le temps nécessaire. Après un survol bas de la partie plus sombre, je me suis rendu compte que la piste était en fait à gauche de cette zone. J’ai donc fait quelques passes supplémentaires avant de me poser de façon sécuritaire. Après m’être posé, pendant que je roulais encore, j’ai décou- vert que le terrain était vraiment mou! J’avais déjà expéri- menté des atterrissages sur du gravier mou et du gazon auparavant, mais jamais à ce point. C’est dans ces conditions qu’il faut rapidement se souvenir de ses bases et de ne pas tou- cher du tout aux freins, sinon on s’enlise facilement. Les barils étaient à 1000 pieds de la f in de la piste et étaient tous en bon état, ce qui était une bonne nouvelle, car l’endroit allait être un point de ravitaillement durant le contrat. Sans ce point, l’aéroport le plus proche était à 1 heure de vol, ce qui réduit considérablement le temps sur place. C’était mon premier contact avec l’Arctique. Premier atterris- sage sur le sable, des caribous qui marchaient juste à côté, la glace sur la mer et voir le début du monde (je suis positif !) : voilà une première journée mémorable!

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