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JANVIER / FÉVRIER 2022 61 L es transporteurs aériens et les aéroports ont été pris dans le tourbillonde la confusion totale qui entoure la réglementation sanitaire du transport aérien depuis desmois, mais jamais autant qu'aujourd'hui. Blâmé pour sa lente réaction au début de la pan- démie de COVID-19, le gouvernement canadien met maintenant de côté la logique scienti f ique et la capacité opérationnelle en fa- veur de ce qui pourrait être décrit comme des réactions politique- ment motivées face à la plus récente variante, quel qu’en soit le coût pour les transporteurs, aéroports et passagers. Les transporteurs et les aéroports sont préoccupés par les attentes irréalistes du gouvernement fédéral. Annoncer que tous les pas- sagers internationaux arrivant dans les 18 aéroports canadiens autorisés à recevoir de tels vols devront se soumettre à des tests de dépistage sans véri f ier aupréalable la faisabilité d'une telle en- treprise est irresponsable et démontre une absence de souci pour sa mise enœuvre. La confusion et les inquiétudes des passagers entraînent des an- nulations massives de projets de voyages et de vacances. L'ATAC encourage fortement le gouvernement duCanada à suivre une ap- proche fondée sur la science et les données pour traiter la variante Omicron et plutôt qu’une approche populiste à motivation poli- tique. L'approche logique et sûre proposée par les experts en la matière au seinde l'Organisationde l'aviation civile internationale (OACI) et de l'Associationdu transport aérien international (IATA) est pleinement soutenue par l'ATAC et clairement exprimée dans ses déclarations suivantes : Bulletin de l'OACI : Conformément aux dernières recommanda- tions de l'Organisationmondiale de la santé (OMS), l'OACI a publié le 1er décembre unnouveaubulletinmondial exhortant à une ap- proche plus mesurée et fondée sur des preuves des restrictions de transport aérien nationales des pays en raison de l'émergence du SRAS -CoV-2 variante Omicron. Jusqu'à ce que des évaluations plus détaillées soient disponibles, l'agence de l'aviation des Na- tions Unies encourage les pays à continuer de lutter contre la pro- pagation de la COVID-19, et en particulier de la variante Omicron, en utilisant les recommandations et les orientations contenues dans le rapport du groupe de travail sur la récupération de l'avia- tion (CART) du Conseil de l'OACI. Le nouveau bulletin a été publié sous l'autorité du secrétaire général de l'OACI, JuanCarlos Salazar, qui a déclaré qu’« il est essentiel que nous continuions à répondre à cette maladie et à ses variantes sur la base des meilleures don- nées scienti f iques et preuves disponibles ». Déclaration du directeur général de l'IATA : « Les gouvernements réagissent aux risques de la nouvelle va- riante du coronavirus en mode d'urgence, provoquant la peur parmi le public voyageur. Le plus rapidement possible, nous de- vons utiliser l'expérience des deux dernières années pour passer à une approche coordonnée, fondée sur les données, qui trouve des alternatives sûres à la fermeture des frontières et à la quaran- taine. Les restrictions de voyage ne sont pas une solution à long terme pour contrôler les variantes de la COVID. » En plus d'adopter des mesures basées sur des preuves fondées sur des données pour répondre aux problèmes, l'ATAC recom- mande fortement que des alternatives ignorées jusqu'à présent, telles que les tests rapides d'antigène qui sont acceptables aux États-Unis et dans de nombreuses autres juridictions doivent être sérieusement envisagées et adoptées au Canada. Cela fournirait un niveau de tests équivalent et répondrait mieux à l'incapacité de l'infrastructure aéroportuaire à répondre aux exigences ac- tuelles. L'ATAC compte sur le gouvernement pour trouver des solutions sûres et pratiques le plus rapidement possible. Consulter les com- pagnies aériennes et les exploitants d'aéroports, plutôt que de simplement les informer quelques minutes avant l’émission d’un communiqué de presse, contribuerait grandement à faciliter la mise en place de mesures. Le gouvernement doit être félicité pour avoir créé des groupes de travail pour communiquer ef f icacement et recueillir les commen- taires des parties prenantes. Le problème réside dans le fait que peu ou pas de délais ne sont accordés, ce qui résulte en l’annonce de faits accomplis plutôt que de la consultation. Traiter les opéra- teurs commedes partenaires dans la formulationde solutions pra- tiques permettrait de prévenir en grande partie les problèmes opérationnels avant la mise en application des mesures de santé publique et ne plongerait pas tout le monde dans un chaos total. Les préoccupations et les problèmes réels demise enœuvre sou- levés lors des appels entre le gouvernement et l'industrie sont reçus poliment avec peu ou pas de suivi. Transports Canada ne siège-t-il pas au comité ministériel de crise COVID-19 où pour- raient être soulevées des préoccupations opérationnelles? Espé- rons que son rôle n'est pas simplement celui de porte-parole pour informer les parties prenantes des décisions prises par des per- sonnes n'ayant aucune compétence opérationnelle. Ce n'est pas la première fois que l'industrie fait valoir ce point. Est- ce tropdemander de tenir compte de l’expérience des parties pre- nantes en amont de la décision plutôt que de leur imposer des directives dont l’application s’avère une tâche monumentale dif- f icilement applicable? Q DÉBATS La confusion règne en aviation John McKenna | Président et chef de la direction, Association du transport aérien du Canada | www.linkedin.com/in/JohnMcKenna-ATAC

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