V26N1

d’accroissement de la vision de l’EFIS. Étant donné que John n’a pas construit l’avion ni participé à l’installation de l’avio- nique de celui-ci, il l’a peu utilisée. La scène est donc mise pour une catastrophe. Lors du premier week-end de John à son cha- let, le temps se gâte à proximité de l’aéroport de destination. Comme le soleil brille toujours au chalet, John pense que le temps se sera dégagé au moment de son arrivée. C’est le contraire qui se produit et, au f il du vol, la brume se trans- forme en nuages et il est incapable de descendre sous ceux-ci. Il commence à examiner l’EFIS pour obtenir de l’aide, mais il semble y avoir quelque chose qui cloche et il est convaincu que l’avion descend malgré ce que les instruments lui indiquent. Il ne sait pas comment faire fonctionner le pilote automatique si ce n’est qu’en faisant voler l’avion horizontalement en ligne droite, alors il l’allume et l’éteint, fait des corrections de cap, puis le réengage. La peur commence à prendre le dessus et il ne sait pas quoi faire. Comme il s’est entraîné à un aéroport sans tour de contrôle, il est trop effrayé pour essayer de de- mander de l’aide. Tandis qu’il s’approche de sa destination, soudainement, par miracle, il voit le sol. Il parvient à faire un circuit à environ 500 pieds sous l’altitude de circuit et fait at- terrir l’avion avec succès. John a appris une dure leçon et s’en sort avec une bonne frousse. Malheureusement, cette expé- rience l’a tellement effrayé qu’il n’a pas utilisé son avion de- puis. Il s’agit d’un exemple d’un cas extrême, mais cette situation s’est réellement produite. Ce n’est que lorsque son jugement et sa technique atteignent un certain niveau de ma- turité qu’on peut vraiment se considérer comme habile. L’école de l’adversité est un outil d’apprentissage ef f icace, mais pas toujours viable. La meilleure réponse réside donc dans vos habitudes de vol. À quoi ressemble votre mission type et est-elle la même, ou presque, chaque fois que vous volez? À quand remonte la der- nière fois où vous avez pratiqué une approche forcée? Utili- sez-vous régulièrement les services d’un instructeur pour af f iner vos habiletés et déterminer les mauvaises habitudes que vous avez pu prendre? N’avez-vous plus besoin de consul- ter votre liste de véri f ication? Certains pilotes ont la même routine chaque fois qu’ils prennent l’avion : un vol de 30 mi- nutes jusqu’au café d’un aéroport voisin, puis retour à la mai- son. Si vous n’avez jamais accumulé d’autres expériences, pou- vez-vous vraiment être considéré comme un pilote habile? Comment y parvenir? L’habileté consiste avant tout à adopter la bonne attitude. Les bons pilotes ne cessent d’apprendre et saisissent toutes les oc- casions de renforcer leurs habiletés. Cela peut signi f ier consa- crer une heure ou deux à l’instruction chaque année. Certains pilotes optent pour un entraînement de rétablissement à par- tir d’assiettes anormales, ou pour les acrobaties aériennes. L’obtention d’un permis pour avions ultralégers ne nécessite pas de grandes habiletés en matière de navigation, mais ac- quérir de telles habiletés peut vous permettre de mieux com- prendre la gestion du carburant, d’améliorer vos capacités de lecture de cartes ou d’interpréter les bulletins météorolo- giques. Pour un pilote qui vole sur un avion à plus d’un siège, le poids et le centrage deviennent un véritable casse-tête lorsqu’on croit connaître les limites de son avion et que les chiffres ne semblent jamais changer. Mais est-il possible d’ef- fectuer les calculs de masse et de centrage correctement sans avoir à apprendre la procédure? Sauriez-vous reconnaître un problème potentiel d’altitude-densité avant de rouler sur la piste? Mon instructeur m’a appris à envisager le pire des cas et à m’y préparer à tout moment. Cela ne se limite pas à repérer le pro- chain champ agricole approprié. On raconte beaucoup d’his- toires de pilotes qui ont été pris par surprise, mais mon instructeur m’a appris à ne jamais me retrouver dans cette si- tuation, et qu’en fait, cela pourrait même être considéré comme un manquement à son devoir de me former correcte- ment. Comme je n’ai aucune idée du scénario qui pourrait se présen- ter, c’est à moi d’être capable de réagir à tout ce qui pourrait arriver sans paniquer et d’avoir un plan pour gérer la situa- tion. Un bon point de départ consiste à simuler toute situation pour laquelle une liste de véri f ication d’urgence f igure dans • Volume 36 Numéro 1 35

RkJQdWJsaXNoZXIy NDY5MjU=