V26N1

• Volume 36 Numéro 1 34 Les pilotes sont souvent reconnus pour leur ego, mais sur une note plus positive, on pourrait dire que la f ierté qu’un pilote voue à ses réalisations et l’attention qu’il porte aux détails dé- terminent son niveau de maîtrise. Qui ne voudrait pas être considéré comme habile par ses pairs? Le côté obscur de tout cela est l’arrogance et la complaisance; ce sont les pires enne- mis de chaque pilote. Quelle est la différence? Habileté et compétence sont deux mots qui se rapportent à l’application des habiletés acquises pour effectuer une cer- taine tâche. Il y a toutefois une différence marquée entre les deux. Ainsi, si la compétence renvoie aux habiletés essentielles requises, la maîtrise, le mot le dit, implique une certaine maî- trise de celles-ci. Les programmes et les normes de formation utilisent régulièrement le terme « maîtrise », et il est certaine- ment possible d’atteindre un certain niveau de maîtrise dans l’environnement de formation à court terme. Cependant, il se- rait également juste de dire qu’une large part de l’habileté ac- quise sera perdue dans les semaines suivant la réussite d’un test en vol. Des études ont révélé qu’il se produit une perte im- portante sur le plan des habiletés et des connaissances ac- quises immédiatement après une période d’entraînement intense, une perte qui n’est comblée qu’au terme d’une pé- riode nettement plus longue. Les activités de renforcement en aval doivent se poursuivre et prévoir des correctifs pour main- tenir la justesse, le cas échéant. Comment déterminer si on est compétent ou habile? Réussir un vol de véri f i- cation des compétences rehausse grandement la con f iance, mais il serait naïf de supposer que l’on ait déjà atteint une pleine maîtrise de quoi que ce soit, dans pareil cas. L’habileté se déve- loppe sur une longue période, voire toute la vie durant. À ce stade-ci, on n’a tout simplement pas eu assez de temps pour accumuler suf f i- samment d’expérience pour être outillé pour pouvoir faire face à tous les scénarios possibles. La répétition renforce la mémoire musculaire et af f ine les sens. Alors, à quel moment peut-on proclamer en toute honnêteté son habileté? Dans l’univers des avions légers, un pilote peut se dire habile s’il est en mesure d’exécuter à la perfection certaines manœu- vres chaque fois. En d’autres termes, cela signi f ie que la réac- tion est immédiate et correcte compte tenu des renseignements disponibles et que l’exécution est réussie. On peut faire preuve d’une grande habileté dans le cas où l’intro- duction d’une complication ne nuise pas au résultat f inal. Mais l’habileté ne se résume pas seulement à la gestion des ur- gences. Des erreurs mineures commises pendant un vol de routine peuvent se solder par une catastrophe. Mais qu’en est- il du jugement? Nombre de pilotes novices capables de réussir une approche forcée n’ont pas encore acquis la sagesse (en- core moins l’habilité) nécessaire pour faire preuve de pru- dence. Prenons comme exemple ce pilote relativement novice que nous appellerons John. John possède un avion amphibie haut de gamme nouvellement construite et faisant partie de la ca- tégorie de construction amateur. L’avion comprend toutes les options, y compris un système d’instruments de vol électro- niques (EFIS), un pilote automatique, deux radios, etc. L’am- bitieux plan de John est de pouvoir utiliser l’avion pour se rendre à son chalet et en revenir par mauvais temps. Il envi- sage d’obtenir une quali f ication IFR, mais pour le moment, il compte se rabattre sur le pilote automatique et le système Publié dans Sécurité aérienne — Nouvelles de Transports Canada, numéro 3/2021 Auteur : Chris Horsten, directeur, Canadian Light Sport Aircraft Association Êtes-vous compétent ou habile?

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