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Sur les plaines d’Abraham Moins d’un an plus tard, au printemps 1928, une première tra- versée de l’Atlantique d’est en ouest faisait les manchettes au Québec. Un Junkers W-33 baptisé Bremen manquait à l’appel. Complètement désorienté, l’équipage avait en fait été contraint de faire un atterrissage de fortune près d’un phare situé dans le secteur de Blanc-Sablon, à l’extrémité est de la Côte-Nord. L’équipage était sauf, mais l’appareil nécessitait des réparations. Participant aux opérations de récupération, un aviateur amé- ricain du nom de Floyd Bennett contracta une pneumonie et dut être admis d’urgence à l’hôpital Jeffrey-Hale de Québec, où son état devint rapidement critique. Le médecin traitant en- voya une requête à la Fondation Rockefeller pour obtenir un sérum disponible seulement à New York. Présent dans la Grosse Pomme ce jour-là, Lindbergh se porta volontaire pour transporter le sérum, accompagné du secrétaire particulier de Rockefeller (la trousse médicale incluait en fait deux variants du sérum, en plus de trois souris pour des tests). Le célèbre aviateur posa son avion sur les plaines d’Abraham à Québec, le soir du 24 avril 1928. Pour éclairer le terrain d’at- terrissage improvisé, on avait installé 25 projecteurs apparte- nant au Canadien Paci f ique, en plus d’incendier des bidons d’essence. L’arrivée de Lindbergh généra un grand mouvement de foule, comme le relata La Presse dans son édition du 25 avril : « Le barrage formé par les soldats et la police fut rompu et la foule se précipita au devant de l’aéroplane. Il y eut un commen ­ cement de panique. Plusieurs personnes roulèrent sur le sol en ­ core blanc de neige et furent piétinées. Elles ne furent pas blessées sérieusement, nous dit on. La situation devint si sé ­ rieuse à un moment que les soldats du 22e régiment menacèrent la foule de charger à la baïonnette. Plusieurs milliers de specta ­ teurs étaient alors réunis au parc. Dès que le moteur de l’avion fut arrêté, Lindbergh se pressa au dessus du fuselage. Une cla ­ meur formidable retentit dans l’air. Les premiers mots du grand aviateur, au débarquement, furent : “C’est malheureux, mais il m’arrivera un jour de tuer quelqu’un”. • Volume 36 Numéro 1 27 Lindbergh sur les plaines d’Abraham en 1928. (sources : coll. J- M Landry et BANQ) Lindbergh au Cercle de la Garnison à Québec. (source : coll. C. M. Quinn) Le service clé en main pour tous vos projets de peinture d’aéronefs Lindbergh sur les plaines d’Abraham en 1928. (sources : coll. J- M Landry et BANQ)

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