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Charles Lindbergh (1902-1974) reste sans doute l’aviateur le plus célèbre de tous les temps. En 1927, il réussissait la tra- versée de New York à Paris à bord d’un avion Ryan baptisé Spi- rit of St. Louis (un curieux monoplan sans hublot frontal, mais affublé d’un petit périscope pour permettre au pilote de voir devant). Après 33 heures et demie de vol, Lindbergh se posait à Paris entouré d’une foule estimée à 150 000 personnes. Dans l’agi- tation, un admirateur lui piqua son carnet de vol, jamais re- trouvé depuis (qui sait? Peut-être se trouve-t-il quelque part dans une collection privée secrète…). Le lendemain, le journal La Presse titrait : « Un Christophe Colomb américain a rendu le change à l’Europe ». Ce faisant, Lindbergh s’appropria le prix de 25 000 $ mis en jeu par le millionnaire Raymond Orteig. Contrairement à la croyance populaire, Lindbergh ne fut pas le premier à réussir la traversée aérienne de l’Atlantique. L’ex- ploit avait en fait été accompli huit ans auparavant, en 1919, par John Alcock et Arthur Brown dans un Vickers Vimy parti de Terre-Neuve pour l’Irlande. Qui plus est, pas moins de 18 aviateurs précédèrent Lindbergh de diverses manières (sans compter une soixantaine d’autres à bord de dirigeables). Mais Lucky Lindy marqua l’imaginaire par la manière dont il s’exé- cuta, reliant les deux grandes capitales dans un petit mono- moteur d’allure plutôt frêle, en solitaire de surcroît. Dans les années qui suivirent, les circonstances f irent en sorte que Lindbergh vola régulièrement au Canada. Tragédie à Ottawa Cinq semaines après sa traversée historique, Lindbergh fut in- vité à Ottawa dans le cadre des célébrations du jubilé de dia- mant marquant les 60 ans du Canada. L’aviateur commençait alors une grande tournée nord-améri- caine de trois mois (laquelle lui rapporterait 2 500 $ par se- maine, l’équivalent de 40 000 $ en argent actuel). Aux commandes de son célèbre avion, Lindbergh arriva le 2 juillet 1927 escorté d’une escadrille de douze biplans Curtiss P-1 de l’aviation américaine. Tandis que le Spirit of St. Louis se posait, deux des Curtiss en- trèrent en collision. Un pilote perdit la vie, son parachute n’ayant pas le temps de se déployer. Secoué par la tragédie, Lindbergh survola à basse altitude le cortège funéraire le len- demain, laissant tomber une gerbe de f leurs sur le wagon transportant la dépouille du pilote. • Volume 36 Numéro 1 26 Écrit par Pierre Thiffault pierrot.volant@gmail.com Lindbergh au Canada La foule entourant l’avion de Lindbergh à Paris. Lindbergh à Ottawa. L’exploit de Lindbergh récupéré par une publicité de pneus dans le journal La Presse.
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