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• Volume 36 Numéro 1 28 Lindy voulait faire allusion à la ruée qui s’était faite vers son avion. » Lindbergh insista pour rendre visite à Bennett à l’hôpital. Mal- heureusement, ce dernier succomba quelques heures plus tard. Les honneurs militaires lui furent accordés et un impo- sant cortège traversa la ville de Québec. Quant à Lindbergh, il fut reçu au Cercle de la Garnison lors d’un banquet improvisé en son honneur. Après une nuit au Château Frontenac, il redé- colla le lendemain matin. La route du nord vers l’Orient Devenu conseiller technique pour Pan American Airways, Lindbergh proposa d’expérimenter — à ses frais — la prati- cabilité des routes polaires pour se rendre au Japon et en Chine en passant par l’Arctique canadien. Aux commandes d’un Lockheed Sirius, Lindbergh entama son périple le 27 juil- let 1931 à partir de Long Island. La route choisie l’amènerait à faire escale à Ottawa, Moose Factory, Churchill, Baker Lake, Aklavik, Point Barrow, Nome, avant la traversée vers la Sibé- r M ie a . is cette fois, Lindbergh n’était plus seul. Marié depuis 1929 à Anne Morrow (1906-2001), Charles avait enseigné à celle- ci l’art de voler, faisant d’elle sa copilote. Anne avait aussi suivi une formation d’opérateur radio. Elle fut même la première Américaine à détenir un brevet de pilote de planeur. Comme Charles se plaisait à le répéter aux journalistes, elle était partie intégrante de l’équipage. De fait, ce que nous savons de leur périple provient surtout des écrits d’Anne. Écrivaine talentueuse, celle-ci a publié en 1935 le récit du voyage dans un magni f ique livre intitulé North to the Orient (en français : Le monde vu de haut). Best-seller immédiat, 23 000 copies du livre furent vendues dans la pre- mière semaine. Six mois plus tard, plus de 200 000 exem- plaires étaient écoulés. Moins récit technique que carnet de voyage, North to the Orient faisait découvrir aux lecteurs une terre d’aventure éta- lée sur des milliers de kilomètres, aux con f ins du monde. À chaque étape, l’avion des Lindbergh brisait l’isolement des ha- bitants, autrement forcés d’attendre le passage une fois l’an du bateau ravitailleur pour avoir des nouvelles du sud. Présente d’ailleurs lors de l’arrivée du bateau à Aklavik, Anne nota la consternation des gens quand un réservoir à essence commandé pour l’embarcation à moteur de l’hôpital s’avéra le mauvais modèle… - Ça y est ! Ils se sont trompés ! déplorait le pauvre docteur avec découragement. Je ne peux pas m’en servir ! Il faut que j’attende une autre année ! Anne Morrow Lindbergh (source : Yale University Library) Anne et Charles à Churchill en 1931. (source : Yale University Library)
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