V26N1

vite la limite supérieure du calibrage (120 mph – 104 kias – 193 km/h). Point de vibrations aéroélastiques ( f lutter ). Esti- mant avoir atteint les 130 mph (113 kias – 209 km/h) et avant que la pauvre aiguille ne dévisse, je rends la main en douceur. La ressource se veut naturelle. Satisfaits, nous repartons dans ce qui devrait être l’azur, mais qui ne devient que grisaille. Pro- f itant du moment propice, je ralentis la cadence pour effectuer un premier décrochage. Moteur au ralenti et voilure lisse, je tire gentiment sur le manche. Le capot se dresse d’environ 20 degrés. Puis la profondeur devient molle ; un léger buffeting apparaît ; la vitesse chute à 57 mph (50 kias – 92 km/h) ; et nous culbutons. Manche en avant et contrôle de la direction au palonnier suf f isent à récupérer la portance disparue. Ex- cellent. Seule observation, toutefois : l’absence d’un avertis- seur de décrochage sur ce Magic GS-700. Poursuivons ! Pour avoir, lors du vol précédent, expérimenté HJ 486 en virage à différentes inclinaisons, je sais pouvoir compter sur un hon- nête 18 deg/sec. Et ce, avec peu de lacet inverse : 4 deg par la droite comme par la gauche. Merci aux ailerons différentiels ! À présent, pourquoi ne pas continuer avec quelques virages à plat ? À la vitesse de manœuvre, soit 85 mph (74 kias – 137 km/h), je croise les commandes pour virer dans un pre- mier temps à gauche puis à droite. Sans grande réticence, la cellule change graduellement de cap. Même en exagérant les dé f lexions, je ne note nulle tendance à embarquer. Cet exercice peut sembler inutile aux yeux de tout un chacun, mais il dé- montre combien le monomoteur reste stable. Plus en avant, un autre test de stabilité – cette fois-ci longitudinale – prouve que le Magic de service a une tendance relativement neutre. Plus expansif maintenant : l’épreuve du roulis induit. Toujours à la Va, au-dessus d’une vaste plaine, je lâche le manche et en- fonce la pédale gauche jusqu’à obtenir une demi-bille opposée en dérapage sur le G5. La réaction ne se fait pas attendre : HJ 486 part illico en spirale. Pour plus d’effet, je lève les mains au plafond. L’anémomètre et le vario s’affolent. Ralph conserve un calme quasi olympien. Cool ! L’eau sous la quille allant en s’amenuisant, je stoppe alors ce tourniquet endiablé – en cor- rigeant au palonnier – puis exécute une ressource basique. Un second opus, quelques minutes plus tard et cette fois-ci par la droite, donne le même résultat. Comme je le conseille à mon enthousiaste copi : « Tout doux sur les commandes, si un jour tu te retrouves par mégarde en IMC ! » Une situation qui, sous ces latitudes, peut arriver inopinément... De retorno al aeródromo Nous quittons les abords du relief abritant la Laguna Azúl et mettons le cap sur Guacarí. Ce trajet de retour s’apparente à de l’aérotourisme. Conçu pour voyager, le biplace nous porte agréablement. La piste en vue, je propose de faire une verticale puis d’intégrer le circuit de la 29, moteur au minimum. Ap- prouvé ! Quelques instants après, nous descendons sur une rampe imaginaire à 66 mph (57 kias – 106 km/h), soit la meil- leure vitesse de plané. Les contrôles demeurent homogènes. En courte f inale, le vent ayant subitement changé de direction (dû à un front orageux qui, en dé f initive, n’atteindra jamais notre secteur), je remets les gaz et remonte l’axe en rase- mottes. Avant d’arriver au seuil opposé, je tire sur la profon- deur tout en virant à droite. Façon Dusty Crophopper , j’exécute alors une goutte d’eau par la gauche et vient replacer HJ-486 face à 11. Sortie des volets dans la foulée ; aile inclinée contre le vent ; et 912 réduit ; 15 secondes plus tard, les roues du gros train principal absorbent les imperfections du terrain. Puis, manche en arrière, la roulette avant touche à son tour. Super- f lue l’utilisation des freins, car l’herbe grasse et la gadoue agis- sent comme un puissant ralentisseur ! Voilà une heure dans les airs, vraiment passée à bon escient. En conclusion Le Magic GS-700 est un produit crédible et plaisant à piloter. Il ne paraît pas extrêmement pointu, mais semble néanmoins capable de quelques prouesses. On dit qu’un pilote colombien aurait réalisé des boucles et autres tonneaux aux commandes de ce modèle – Off the record , s’entend ! Lorsque Ibis Aircraft disposera d’outillage et d’équipement plus élaborés, je crois que la gamme progressera davantage. Notamment à l’interna- tional. Déjà, toute la documentation technique a été numéri- sée. À l’usage, avant et après les essais, j’ai particulièrement apprécié la conception du manuel de vol de l’aéronef ou A.F.M . – comparable à celui d’une machine certi f iée. Cet appareil et ses dérivés méritent donc d’être connus. Pour info, l’avionneur sud-américain recherche un distributeur au Québec. Un plan d’affaires certainement viable à considérer. Q JANVIER / FÉVRIER 2022 13 ESSAI EN VOL

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