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NOVEMBRE / DÉCEMBRE 2021 65 Pour ce premier article complet, je vais aborder le sujet du parc national Wood Buffalo et principalement des bisons des forêts. Le parc Wood Buffalo est le plus grand parc du Canada et le deuxième plus grand parc au monde avec une superficie de 44 807 km 2 . Pour vous donner une idée de sa grandeur, la Suisse fait un peu plus de 41 000 km 2 . ENVIRONNEMENT Les bisons du parc national Wood Buffalo Par Raphaël Jeansonne-Gélinas L e parc a été créé à l’origine en 1922 pour protéger le bison des forêts et a été agrandi à deux reprises depuis. Des bi- sons des prairies ont été importés dans le parc pour grossir la population dans les années 1920, ce qui a créé une race hy- bride. Les bisons des forêts ne sont donc plus « purs ». Le parc est aussi le dernier refuge naturel des grues blanches. Nous effectuons deux contrats relatifs aux bisons dans le parc, dont un est un vol de télémétrie et l’autre un vol de surveil- lance d’anthrax. En raison d’une maladie (tuberculose) intro- duite dans le parc en même temps que les troupeaux de bisons des prairies et pour avoir une meilleure connaissance des dé- placements des troupeaux, le parc se sert de colliers émetteurs depuis quelques années. Mais au f il du temps, on s’est rendu compte que les colliers satellites posés sur les mâles ne résis- tent pas aussi bien, sans trop savoir pourquoi. Depuis l’été 2020, 14 bisons mâles ont reçu un collier émet- teur traditionnel pour véri f ier s’ils allaient être plus résistants. Toutes les deux semaines, nous effectuons donc un vol en com- pagnie de deux techniciens de la faune en Cessna 206 avec les antennes montées sur les haubans de l’avion. Nous avons une carte avec les dernières positions des animaux et essayons de les retrouver. On trouve de l’anthrax de façon naturelle dans le parc et elle peut se propager aux bisons pendant qu’ils se roulent dans le sable. Quand il y a une éclosion, l’anthrax peut tuer un nombre important de bisons si l’épidémie n’est pas maîtrisée. Pour cette raison, nous effectuons des patrouilles aériennes durant l’été. Si une carcasse suspecte est repérée, le parc va envoyer des gens sur place pour véri f ier. Dans les deux cas, les vols se font entre 300 et 500 pieds AGL pour être capables de facilement voir les bisons et de les pren- dre en photo. Durant la prise de photos, il faut tourner et es- sayer de garder l’avion le plus stable possible. En gros, faire tout ce qu’on m’a toujours dit d’éviter de faire pendant que j’étais à l’école : voler bas, lentement et faire des virages à plus que taux 1! Voler aussi proche des bisons m’a permis au f il du temps d’être spectateur de moments impressionnants, comme voir une centaine de bisons courir dans la même direction ou voir des loups encercler un troupeau de bison avant de simplement se coucher un peu plus loin en attendant un meilleur moment. Bien qu’il s’agisse de longs vols (3,5 à 4 heures), il y a toujours à faire et à voir. Voler à ces altitudes demande une attention permanente! Q
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