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NOVEMBRE / DÉCEMBRE 2021 57 HISTOIRE L’USAAF l’accepte en septembre 1939. Glenn L. Martin Co. bé- né f icie d'un contrat de 201 appareils avant même la construc- tion du premier avion. Les performances du B-26 sont supérieures aux exigences demandées. Mais on constate bien vite que c’est au détriment des qualités de pilotage en basse vitesse. Le développement du Marauder B-26 était trop rapide. Avec une tonne en poids supplémentaire, le décollage était trop long et l’atterrissage encore plus long. On fait des modi- f ications, mais avec les charges additionnelles à prévoir, l’avion reste trop lourd. À l’entraînement, plusieurs incidents et acci- dents surviennent. Il y a enquête au Sénat américain pour dé- terminer son futur. La pression grandissante d’une future guerre en Europe donne le ton. Les spécialistes f inissent par réaliser plusieurs modi f ications. Ce qui est obtenu avec la ver- sion « F », par l’augmentation de l'angle de calage de l'aile rendu plus élevé par rapport à la ligne de vol de l’avion. Dès lors, le Martin 179 devient of f iciellement le B-26. Le 25 novembre 1940, un premier vol d’essai s’effectue par le pilote MartinWilliamK. (Ken) Ebel. Le B-26 fut par la suite dé- signé par l’USAAF comme étant le B-26 Marauder. En mars 1941 débutent des essais à la base de Patterson Fields, Ohio. C’était sans précédent pour l’USAAF, car Glenn L. Martin Co. fut dispensé de la mise au point de prototypes et d'appareils de pré-séries. Le 8 décembre 1941, suite à l’attaque japonaise sur Pearl Harbor, le B-26 entre en service. C’est ainsi que ces avions s’illustrent pendant la bataille de Midway où ils tentent sans succès de torpiller le porte-avions Akagi. Par la suite, ils furent engagés massivement dans des opérations militaires en Europe, surtout en Méditerranée. En novembre 1942, les B-26 sont mis à contribution pour les campagnes d’Afrique du Nord avec une douzaine d’escadrons, dont les 17, 319, 320th Bombardment Group du 12th de l’USAAF. Bien conçus pour le faire, les B-26 fournirent un appui consi- dérable aux troupes alliées qui se battaient en Sicile, en Sar- daigne, en Corse et dans le sud de la France. Par la suite, les B-26 prirent leur place dans la 9th de l’USAAF. Les B-26 se sont aussi illustrés lors du Jour J en Normandie. Il faut dire que le B-26 Marauder, réservé aux pilotes expérimentés, fut un ap- pareil rapide et super maniable. Son attaque était précise. Car, généralement, par sa grande vitesse d’exécution, lors des at- taques menées par les B-26, les batteries de défense antiaé- rienne de l’ennemi n’avaient pas le temps de réagir assez vite. Leurs capacités de bombardements à basse altitude seraient également l'une des raisons du peu de pertes subies par les troupes américaines à Utah Beach, lors du Jour J. De plus, ils seront l’un des appareils des Alliés les moins abattus par l’en- nemi et seront de ceux qui subiront le moins de pertes de toute la Seconde Guerre mondiale. Le B-26 Marauder volera aussi sous d'autres cocardes que celles américaines. En vertu de la loi Prêt-Bail, la RAF en reçoit 522. Ces derniers voleront avec les Escadrons 14, 39, 326, 327 et 454. Également, les Escadrons 12, 21, 24, 25 et 30 de la South African Air Force évolueront aux côtés des B-26 du 12 th de l’USAAF. Finalement, après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, plusieurs escadrons des Forces aériennes françaises libres seront réarmés avec le B-26 Marauder sous le commandement du 42 th Bombardment Wing de l’USAAF. C’est en plus de ceux de l’Afrique du Sud et de quelques esca- drons la RAF en vue de missions en Afrique du Nord. Le B-26 Marauder est dé f initivement retiré du service en 1948. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut surnommé « Widow maker » (le faiseur de veuves) et autres sobriquets af f ligeants comme références à ses petites ailes ne fournissant aucun moyen de support visible et à ses nombreuses pannes qui étaient supérieures à celles des autres appareils. Il s’agit donc d’une grande histoire pour cet avion fabriqué à 5 282 exemplaires, dont il n’en reste qu’environ 7 comme souvenirs dans des musées. En juin 1948, après son retrait dé f initif, sa dénomination de B-26 est passée à Douglas A-26 Invader qui fut alors rebaptisé B-26. À suivre… Retour d’un B-26-B Marauder en 1943, après une mission difficile. Crédit photo : Espace public sur Wikipédia Un B-26 décoré avec un Nose Art (My Darling Agitator 01). Crédit photo : Martin Cormier, Collection privée.

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