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• Volume 35 Numéro 5 31 De notre côté, nous avions été chanceux de terminer notre vol à Rimouski, où nous habitions, ce qui n’avait pas été le cas de tout le monde. Un de nos pilotes est resté bloqué sur l’Île d’An- ticosti. Heureusement pour lui, c’était un maniaque de chasse… Cette interdiction allait durer jusqu’au vendredi. Le retour en vol promettait d’être chaotique, avec tous les avions qui vou- draient partir en même temps, mais f inalement, tout se dé- roula rondement et à ma connaissance, on ne rapporta aucun incident ou accident. Néanmoins, les contrôleurs aériens n’ont surement pas chômé cette journée-là! Les semaines qui suivirent virent l’apparition dans les aéro- ports d’agents de sécurité, de caméras, de portes magnétiques, de détecteurs de métal, de barrières en tout genre et autres dispositifs de contrôle et de surveillance. Bientôt, la sécurité allait devenir presque aussi sévère pour un passager au départ de Baie-Comeau pour Rimouski, qu’un autre au départ de Montréal pour Chicago! Outre les mesures physiques, il eut un changement d’atmos- phère malsain sur les aéroports. Plusieurs employés d’aéro- port, et pas seulement les agents de sécurité, devinrent para- noïaques. Dans les terminaux, et encore plus sur les tarmacs, on se sentait observé en permanence; par un gars d’entretien, un préposé au bagage, le gars du gaz ou même la serveuse du resto! Comme si nous étions tous des terroristes potentiels. Heureusement, cette frénésie collective a f ini par s’estomper dans les mois qui suivirent. Entretemps, je fus bien malgré moi l’acteur d’un incident stupide, typique de cette folle période, qui aurait pu avoir de fâcheuses conséquences sur ma carrière. À suivre dans une prochaine chronique... 7171

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