V25N5

SEPTEMBRE / OCTOBRE 2021 19 P lus tard, mon voisin d’en face, Maurice Charbonneau (pour ceux qui l’ont connu), réparait des hydravions dans sa cour, sur le bord de la rivière des Prairies, à Laval-des-Rapides. À l’occasion, mes amis et moi nous fau f ilions chez lui et, en son absence, nous nous hissions à bord pour y rêver. Que d’aven- tures et de souvenirs! À la f in de mon adolescence, un nouvel ami, connu au travail, m’informa qu’il suivait des cours pour devenir pilote exécutif à l’aéroport de Sainte-Thérèse. Il m’invita pour quelques ba- lades et… le sort était jeté. J’apprenais que je n’avais pas à de- venir pilote de chasse pour les Forces armées pour devenir pilote. Au début de la vingtaine, à l’Université de Montréal, un certain Claude Genest offrit un cours avec crédits accessoires portant sur la théorie de l’aviation. Il n’en fallait pas plus pour com- mencer à cristalliser mon rêve de devenir un jour pilote. J’ap- pris alors que Claude était également instructeur chez Métro Aviation à Saint-Hubert. En peu de temps, je m’inscrivis pour le cours pratique et enregistrai près d’une dizaine d’heures sur Grumman Trainer, Travel et Cheetah. Je m’en souviens en- core… Toutefois, même à 45 $ l’heure, le budget s’épuisa et des questions se posèrent, à savoir si je pourrais-je un jour avoir assez d’argent, quand surtout, un matin, un Commander 114 apparut sur la rampe et que mon instructeur m’informa qu’il appartenait à un médecin qui l’avait payé plus de 50 000 $... Oh boy! Comment éteindre une passion naissante? Ce fut ma dernière heure de vol à cette école et le projet fut relégué aux oubliettes. La vingtaine avancée, une rencontre inopinée avec le notaire Georges Brossard (oui, celui qui fonda l’Insectarium de Mont- réal) me permit d’apprendre qu’il était possible, en travaillant fort et en dé f inissant ses objectifs de vie avec précision, d’avoir éventuellement une licence de pilote et un avion. Georges fut très convaincant et, peu de temps après un vol avec lui à bord de son C185 sur f lottes, je réorientai ma carrière naissante. Croyez-le ou non, cinq ans plus tard, en octobre 1984, j’obte- nais mon PPL et, quelques mois plus tard, je devenais copro- priétaire d’un C172N, acheté de Perfecair à Mascouche avec un ami. Mes horizons venaient alors tout simplement d’être repoussés. Malgré un horaire de travail chargé, je ne ratais jamais un week-end pour m’aventurer toujours plus loin, au Québec, en Ontario et sur la côte est américaine. Après environ une quin- zaine d’heures suivant l’obtention de ma licence, je visitais déjà Cape Cod et Kennebunk! Après deux années de vol, désirant un appareil plus perfor- mant, je tombai mystérieusement sur une annonce dans le journal (alors jaune) de la COPA, m’informant qu’un Rockwell Commander 114 était à vendre, à deux pas de chez moi, soit à l’aéroport de Mascouche… Hasard ou destin, je ne saurais dire, mais j’en suis devenu propriétaire et l’ai gardé durant 13 heu- reuses années. J’ai vraiment bien aimé cet appareil fabriqué en 1976 par Rockwell International, plus tard Commander Aircraft. Son look est vraiment unique et impressionnant pour un monomoteur. Évidemment, je me suis retrouvé coincé à quelques reprises sur la côte est, brouillard oblige. Las de dépendre toujours de la météo, je me suis inscrit à une formation intensive pour l’an- notation IFR, laquelle j’ai obtenue en 1989. Je totalise environ 1100 heures sur cet appareil et ce dernier m’a permis de réa- Un peu difficile pour moi de vous relater en détail comment mon intérêt pour l’avia- tion s’est développé. Très jeune, je levais les yeux vers le ciel chaque fois qu’un avion passait. Plus tard, mes lectures et la télévision m’ont exposé les combats aé- riens des deux grandes guerres. Ces avions me fascinaient. À 7 ans, je comptais déjà une dizaine d’avions de combat de modèles réduits suspendus au plafond de ma chambre. C’était le début, je pense… PROFIL D’UN PILOTE Ma passion pour l’aviation Texte et photos : Marc-André Théorêt | matheoret@mirajet.com Avec Dale Klapmeir, co-fondateur de Cirrus en 2017 au Sun’n Fun.

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