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L e prix des avions neufs s’envole depuis plusieurs années pour atteindre des sommets qui, désormais, tutoient le dé- raisonnable. Comment expliquer cet emballement du prix du neuf? Un avion est composé de plusieurs sous-éléments : la cellule, le groupe motopropulseur et ses accessoires, l’aménagement intérieur et, en f in, l’avionique. Chacun de ces composants ma- nufacturés pèse pour une part dans le prix de l’avion f inal. Nous ne parlerons pas, dans cet article, des frais de certi f ica- tion qui sont restés à peu près constants au f il des années pour des avions dont le certi f icat de type a été octroyé il y a plus de 20 ans. Mais il y a encore des éléments du prix f inal qui restent cachés aux yeux de l’acheteur potentiel. Prenons pour exemple la marge commerciale du constructeur, le montant des com- missions touchées par les intermédiaires, le coût des cotisa- tions d’assurance en responsabilité civile du constructeur, l’amortissement des stocks de matières premières et des com- posants achetés à l’extérieur, les coûts de production (salaires des employés, coûts des bâtiments administratifs et de pro- duction, charges sociales, charges f ixes, etc.) et bien d’autres encore. Cela dit, cela ne fait aucune différence avec les entre- prises industrielles qui reposent sur une forme de production ou une autre. À une exception près, les coûts de certi f ication que nombre d’autres industries clament subir aussi, mais dans des proportions bien moindres. Est-ce suf f isant pour expliquer l’in f lation du prix d’un Cessna 172 basique entre 1981 et maintenant? Pour mémoire, le prix du 172 variait, en 1981/1982 entre 34 000 USD et 43 000 USD pour les modèles les mieux équipés. Si l’on tient compte de la valeur constante du dollar américain (2,87 entre 1981 et 2021), on s’attendrait donc à trouver un Cessna 172 valant entre 97 500 et 124 000 USD aujourd’hui… Si c’était le cas, on pourrait parier sur le fait que tous les aéro-clubs euro- péens auraient des avions neufs et que les propriétaires privés se bousculeraient au portillon pour passer leurs commandes. Mais voilà, un Cessna 172 basique est aujourd’hui facturé, en TTC et livré en France, entre 454 000 et 536 000 USD, soit entre 564 000 et 650 000 $ CA. Dif f icile de justi f ier l’achat d’un des avions les plus basiques qui soit au prix de 3,63 Porsche Panamera, 9,44 BMW 120i essence ou 11,58 Peugeot 3008 en version haut de gamme… SEPTEMBRE / OCTOBRE 2021 13 ACTUALITÉ Par Emmanuel Davidson | Cet article a initialement été publié dans l’édition de mars 2021 du magazine Aviation & Pilote. Le juste prix Le prix des avions neufs s’est envolé ces dernières années. On atteint maintenant de tels sommets que l’on se demande si les constructeurs réalisent à quel prix ils enten- dent commercialiser leurs appareils?! Mais au fait, qu’est-ce qui fait le prix d’un avion? Piper est le premier constructeur à utiliser une cellule connue et reconnue et à la reconfigurer pour faire baisser le prix de l’avion neuf. Le constructeur de Vero Beach a compris que les écoles ne pouvaient plus se permettre de payer des avions à des prix stratosphériques. Quand les constructeurs vont-ils comprendre que les propriétaires potentiels sont dans le même esprit et, du coup, se limitent à des avions d’occasion?

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