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MAGAZINE AIR V37N3 52 Chronique Ottawa présente un budget déboussolant Le 19 avril dernier, la ministre fédérale des Finances, Chrystia Freeland, a présenté un budget historique. Le document dé- posé à la Chambre des communes comporte plusieurs me- sures d’aide à l’économie canadienne réparties dans 864 pages. Il faut reconnaître que dans l’ensemble, c’est un bon budget. Mme Freeland a décidé de consacrer un peu plus de 100 milliards de dollars à la relance de l’économie du pays. Avec une telle somme, on pourrait espérer une aide substan- tielle et ef f icace pour les industries les plus durement tou- chées par la crise. Malheureusement pour elle, l’industrie du transport aérien ne trouvera pas grand réconfort dans ce bud- get. L’aide non sectorielle Depuis le début de la pandémie, le gouvernement Trudeau a mis en place plusieurs initiatives importantes a f in de soutenir les individus et les entreprises : la Prestation canadienne d’ur- gence, la Prestation canadienne de relance économique, la Prestation canadienne de maladie pour la relance écono- mique, la Prestation canadienne de la relance économique ainsi que l’Aide f inancière et parrainage d’un membre de la fa- mille. Pour les entreprises, il y a la Subvention salariale d’urgence du Canada, le Compte d’urgence pour les entreprises cana- diennes, le Programme de crédit pour les secteurs durement touchés, le Programme de f inancement pour les moyennes en- treprises et le Crédit d’urgence pour les employeurs. À cela, il faut ajouter plusieurs fonds régionaux et quelques autres me- sures. Comme on peut le constater, ce gouvernement n’a pas lésiné sur les aides destinées à l’ensemble des individus et des en- treprises. Le secteur aérien Les mesures annoncées dans ce budget a f in de soutenir le transport aérien me laissent pour le moins perplexe. Il y a tel- lement peu d’aide que les quatre enveloppes budgétaires consacrées à cette industrie se retrouvent toutes à la page 83. • Le gouvernement accorde aux aéroports un f inancement de 82,5 millions de dollars en 2021-2022 a f in de les aider à investir dans les infrastructures de dépistage de la COVID-19. • Un f inancement de 105,3 millions de dollars est accordé à Transports Canada dans le but de faire avancer le projet pilote d’identité numérique des voyageurs. • Une somme de 6,7 millions de dollars est accordée à l’ACSTA pour lui permettre de faire l’acquisition et l’ex- ploitation d’équipement de désinfection. • Un f inancement de 271,1 millions de dollars est accordé à l’ACSTA pour qu’en 2021-2022 elle maintienne l’ensem- ble de ses opérations aux 89 aéroports où elle est pré- sente. Voilà qui résume l’ensemble des mesures de soutien à l’indus- trie du transport aérien de ce budget. Déboussolant Dans ce budget, le gouvernement canadien reconnaît le manque à gagner de l’ACSTA, mais pas celui de Nav Canada, des aéroports et des compagnies aériennes. Quand il s’agit de compenser, il y a bel et bien un système de deux poids deux mesures. Peut-être que la présence du mot « sécurité » dans l’acronyme ACSTA y est pour quelque chose? Et si le nom de Nav Canada était plutôt « l’Agence canadienne pour la sécurité de la navigation aérienne », est-ce qu’elle aurait été traitée dif- féremment? Je trouve important de poser cette question, surtout que ce budget consacre autant d’espace à la tragédie aérienne du vol 742 d’Ukraine International Airlines qu’au soutien de l’indus- trie. Depuis le début de la pandémie, les dirigeants du trans- port aérien cherchent un point de repère a f in de se sortir du brouillard et ce n’est certainement pas ce budget qui leur en donne un. Même le meilleur des navigateurs serait déboussolé dans une telle situation. Nos sincères félicitations! À M. Christian Busch pour sa nomination à titre de Président et Chef de la direction d’Air Inuit À M. Sylvain Perron pour sa récente acquisition de Premier Aviation Québec et par conséquent, comme nouveau Président et Chef de la direction. • • Chrystia Freeland

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