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ce qui s’annonçait comme le plus long vol-voyage jamais en- trepris au Canada faisait d’ailleurs jaser. Présent à Dartmouth, le futur Amiral Byrd (alors simple lieutenant) déclara, scan- dalisé : « Voler avec un hydravion au-dessus de la terre est sui- cidaire, amener en plus une femme à bord est criminel ». Heureusement, tout se passa bien. (insérer photo 4) Un se- cond appareil fut convoyé au lac à la Tortue par le même équi- page. Et c’est ainsi que s’organisa le premier véritable service aérien commercial au pays. C’était aussi, dans les faits, la nais- sance de l’aviation de brousse au Canada. L’homme derrière ce projet avant-gardiste se nommait Ell- wood Wilson. Il était le chef ingénieur forestier de la Lauren- tide Company de Grand- Mère, principale papetière de l’association. La St-Maurice Forest Protective Associa- tion - première initiative du genre au Canada - avait été fondée en 1912 à l’initiative même de Wilson. Ellwood Wilson était un homme de vision très en avance sur son temps. Dès 1906 – avant le vol des premiers avions au Canada – il avait esquissé le projet de mon- ter en ballon pour effectuer la reconnaissance aérienne des forêts. Toutefois la dif f i- culté de transporter le ma- tériel nécessaire en milieu forestier avait fait avorter ce projet inusité. S’inspirant d’une expérience de patrouilles de feux de forêt qui avait eu cours au Wisconsin à l’été 1915, Wilson proposa en 1916 à la SMFPA de se doter d’aéroplanes pour la patrouille des feux, mais aussi pour l’inventaire photographique et la carto- graphie des territoires de coupe. En 1918, le projet reçut l'aval de l’association et Wilson fut mandaté pour dénicher l’équipe- ment nécessaire. Mais la Première Guerre mondiale n’était pas un moment propice pour l’acquisition d’aéronefs et il fallut at- tendre l’armistice avant de voir les démarches se mettre réelle- ment en branle. Une première approche fut tentée auprès d’un aviateur de Sherbrooke du nom de K.E. « Clayton » Kennedy mais le projet avorta lorsque son petit appareil s’écrasa. Wilson entendit alors parler d’une douzaine d’hydravions Curtiss HS- 2L de patrouille anti-sous-marine laissés par la marine améri- caine à la base navale de Dartmouth après l’armistice. La SMFPA f it jouer ses contacts politiques pour acquérir deux appareils. • Volume 35 Numéro 3 35 Curtiss HS-2L La Vigilance en 1919. Aircraft and Timberlands, vol. XIV, no 11, November 1919 Ellwood Wilson La Vie Forestière, vol. 5, no 6, août 1930 L’équipage de Stuart Graham faisant les manchettes en juin 1919 .Canadian Forestry Journal, vol. XV, no 5, June 1919

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